
LE CONGRÈS DE LA CGT DU PAS-DE-CALAIS À BOULOGNE-SUR-MER
CREER UN RAPPORT DE FORCES FAVORABLE AUX SALARIES
Par Pierre Pirierros
“PROXIMITÉ, SOLIDARITÉ, EFFICACITÉ”, ces trois notions déterminantes dans la vie syndicale sont l’expression directe du 49ème congrès de la CGT du Pas-de- Calais qui vient de se tenir à Boulogne-sur-Mer du 10 au 12 juin.
Les échanges, les débats, les propositions, les appréciations, les observations à l’intérieur comme à l’extérieur de la CGT furent de grands moments du congrès. Les très nombreux participants des organisations syndicales, du privé comme du public, ont, par leurs interventions, dit combien le syndicalisme montre sa capacité à peser sur des choix essentiels lorsqu'il est rassemblé sur un objectif clair et précis. Dans le rapport d’activités, Éric Delannay, secrétaire de l’Union départementale, distinguait, notamment, la recherche de l'unité, l’adhésion, l’implantation du syndicalisme, clés essentiels pour obtenir des résultats. La voie n'est pas au repli mais à l'ambition. C’est légitime.
La solidarité c’est aussi celle qui doit se renforcer entre le public et le privé. Le service public est un bien commun à tous les salariés. Gagner des adhérents, notamment dans les catégories sociales qui ont le plus besoin d'être défendues, c'est une priorité. Pour cela, il faut un nouvel état d'esprit et des moyens. La structure et la nature du travail changent, le contenu change, les conditions de travail changent... Les services sont de plus en plus éloignés des usagers. Les transferts des missions de l’État vers les collectivités locales engendrent une hausse des impôts locaux. La CGT Santé déploie une grande campagne pour sensibiliser l’opinion sur les dangers qui pèsent sur l’Hôpital public.
Les mesures annoncées par le gouvernement labellisent encore plus un tournant libéral tout en voulant faire croire que les salariés en sont bénéficiaires et, eux seuls. Dans le Pas-de-Calais, les délocalisations et fermetures suivent une logique destructrice d’emplois. Nous en reparlerons. Véronique Théry (Bâtiment), Jacky Dequirez, (Saint-Omer), Rodrigue Clairet (Hôpital de Béthune), Evelyne Largillière (Arc International) présidaient notamment les séances du 10 juin. Alternatives Des délégués de la Métallurgie et de l’Agro-alimentaire ont demandé des explications sur le sens du vote sur le rapport d’activités et Bruno Arnoult, secrétaire de l’Union locale CGT de Boulogne-sur-Mer et président de la séance d’ouverture a explicité la finalité d’un rapport d’activités qui présente les grandes lignes de la vie syndicale entre les deux congrès. Le rapport fut adopté à une large majorité.
Beaucoup de responsabilités pèsent sur les épaules des syndicats car il y a de l’engagement des mobilisations face à la droite qui, jour après jour, s’attaque aux acquis fondamentaux et met en place une “vision de la société” duale en privilégiant les plus riches au détriment des autres couches de la population. En posant les revendications et propositions sur une série de sujets, garanties sociales, retraites, pouvoir d’achat, pénibillité au travail, durée du temps de travail, enseignement, conventions collectives, emploi, les militants de la CGT contribuent à ce que de véritables alternatives soient au coeur du débat public. La période de ce 49ème congrès est bien une période d’actions, précisément entre les journées nationales d’actions des 22 mai et 17 juin. L’accent sur le resserrement des liens entre syndicats du privé et du public, via une vie interprofessionnelle plus importante, a été mis en avant par plusieurs délégués (Énergie, Transports, Arc International, Sécurité sociale, grande distribution).
La qualité de la mobilisation est la conséquence des activités des syndicats dans chaque entreprise et la demande de formations syndicales renforcées fut un thème récurrent lors de ce congrès alors que le patronat peaufine ses attaques en règle contre le salariat avec une précarisation qui se voit partout, dans le privé comme dans le public. Les chiffres du chômage sont tronqués. C’est devenu une habitude, le gouvernement est plus à l’aise pour communiquer sur une baisse artificielle du chômage générée à la fois par la démographie, les radiations en masse et le développement de la précarité, que pour assurer le développement d’emplois durables et de qualité.
La CGT revendique de revenir aux fondamentaux et de travailler efficacement à l’élaboration d’une véritable politique industrielle ainsi qu’à la mise en place d’un service public de l’emploi de qualité articulé autour de grandes missions telles que l’accompagnement, l’indemnisation, la formation et l’orientation. 70 % des offres d’emplois déposées à l’ANPE sont pour des contrats de moins de six mois, et le développement des contrats précaires continue d’alimenter le chômage : 30 % des entrées au chômage sont des fins de CDD et d’intérim. Les privatisations réduisent le potentiel productif et les capacités d’intervention publique et ne profitent qu’aux financiers et à la Bourse. Fusion ANPE-ASSEDIC : le désengagement de l’État devient opérationnel et c’est l’argent qui va être le gendarme du demandeur d’emploi. Et puis quelles ouvertures ont les Assedic sur le plan local ? L’aide à la formation, la prise en charge, le montant, la durée de l’indemnisation, l’aide à la mobillité, sont de réelles problématiques Un rapport de forces favorable aux salariés En clair, comme l’observe Graziella Lovera, membre de la commission exécutive de la CGT, il s’agit de construire un rapport de force favorable aux salariés et les récentes actions engagées et en cours, 35 heures, retraites, combat des Sans-papiers, sont des éléments déterminants de la lutte.
“La convergence des luttes est posée, car tous les salariés, sans exception, sont sous le diktat patronal. Les attaques sont visibles dans tous les domaines. Franchir un cap significatif dans la syndicalisation des salariés à la CGT est incontournable pour créer un rapport de forces conséquent.” Se défendre passe automatiquement par un renforcement syndical et la CGT de promouvoir un syndicalisme interprofessionnel favorisant les convergences et le rassemblement dans les mobilisations et l’action.
“L’adhésion, dit Éric Delannay, est le moyen de valider durablement des perspectives d’action ; L’adhésion avec un contenu d’acteur et de décideur est à mettre en avant.” Construire ensemble des réponses solidaires et rassembler, notamment, en vue des prochaines élections prud’homales, tels sont les enjeux définis lors de congrès. Les syndicalistes sont conscients des attentes comme des espoirs qui sont placés en eux.





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