ACTIONS ET OBJECTIFS SYNDICAUX AU CENTRE DES DÉBATS
LE 49ème CONGRÈS DÉPARTEMENTAL DE LA CGT SE TIENT À BOULOGNE-SUR-MER, DU
10 AU 12 JUIN
Par Pierre Pirierros
Échanges, débats, propositions, ce triptyque servira de trame générale au 49ème Congrès départemental
de la CGT qui se tiendra à Boulogne-sur-Mer, à l’Espace Faïencerie, avenue Kennedy, les 10, 11 et 12 juin prochains. Un congrès n’est jamais un moment figé ; les objectifs à atteindre pour
remplir un “tableau de marche” qui conforte l’action et l’outil syndical seront au centre des débats. Des propositions contradictoires émaneront de
certains syndicats de la métallurgie. Les différentes politiques menées en matière d'industrie, d'énergie, de transport, de santé, de logement, de formation, d'éducation, et leurs conséquences
dans la région vont être abordées lors de ce congrès.
COMMENT les
salariés du Pasde- Calais peuventils mieux intervenir sur toutes ces questions qui les concernent et comment peuventils peser plus efficacement dans le sens du progrès social ? Quelle activité
syndicale pour cela ? La lutte des pêcheurs boulonnais s’inscrit dans un contexte de restructurations profondes des taux de captures autorisées mais elle pose aussi d’autres problèmes comme la
pérennité de toute une profession. Les cheminots sont dans l’action ce 9 juin pour l’avenir de l’entreprise nationale. Des initiatives sont programmées sur la durée du temps de travail, le 17
juin. La CGT entend créer toutes les conditions pour empêcher ce mauvais coup de passer.
Mobilisations
La réforme du Code du travail, jugé archaïque par la droite et le Medef, est toujours pour le gouvernement un argument pour
s’octroyer le satisfecit d’allégeance des principaux dirigeants d’entreprises. C’est la mobilisation des salariés qui est à l’ordre du jour. Il n’y a pas d’autre alternative pour le mouvement
syndical. À la fatalité de la régression sociale, la CGT oppose ses propositions. “Nous savons bien,
disait, récemment, Éric Delannay, secrétaire de l’Union départementale du Pas-de-Calais, que l’action collective ne se décrète pas : elle s’organise, se prépare. Ses objectifs et
ses modalités se discutent en fonction des situations dans les entreprises, dans les services publics, du contexte et des expériences”. Les syndicalistes, doivent être conscients des attentes
comme des espoirs qui sont placés, en eux, pour les retraites et les salaires ; la solidarité c’est aussi celle qui doit se renforcer entre le public et le privé. Le service public est un bien
commun à tous les salariés. S’implanter dans les PME est un des axes de travail proposé au congrès comme l’accueil des salariés "de plus en plus mobiles et précaires".
Alternatives
Résister aux mauvais projets, aux mauvaises lois des organisations patronales et du gouvernement est tout à fait légitime mais
être en capacité de proposer des alternatives sur la base des revendications des salariés, c’est possible. “Pour
cela, il nous faut être plus nombreux, observent les militants de la CGT, organisés dans le syndicat, mieux implantés dans un plus grand nombre d’entreprises pour porter les revendications communes. Dans les
priorités revendicatives, la précarité au travail doit occuper une place centrale. La précarisation de l’emploi est une réalité dans la France d’aujourd’hui et cela les salariés n’en veulent pas
comme ils ne veulent pas de la situation de blocage voulue par leurs employeurs. Les chômeurs ont des droits à défendre, il est indécent de les montrer du doigt comme le font gouvernement et
patronat”. 70 % des offres d’emplois déposées à l’ANPE sont pour des
contrats de moins de six mois, et le développement des contrats précaires continue d’alimenter le chômage : 30 % des entrées au chômage sont des fins de CDD et d’intérim. Les privatisations
réduisent le potentiel productif et les capacités d’intervention publique et ne profitent qu’aux financiers et à la Bourse.
Attentes des salariés
La CGT tient son congrès départemental dans ce contexte précis. Le syndicat est l’espace d’un contre-pouvoir à l’intérieur des
entreprises. Contrairement à un discours ambiant, sur la croissance sociale, les mesures annoncées par le gouvernement labellisent encore plus un tournant libéral tout en voulant faire croire que
les salariés en sont bénéficiaires et, eux seuls, paradoxalement.
Durant quasiment une semaine, les débats porteront sur les attentes des salariés, très fortes à l’égard à la CGT et sur les
organisations mêmes du syndicat. “Nous n’acceptons pas, rappellent les syndicalistes de la CGT, que s’installe
dans le droit social français, la liberté de licencier sans motif et une période d’essai du salarié de deux ans en dérogation des normes conventionnelles. Que serions-nous capables d'obtenir si
nous étions le double ? Gagner des adhérents, notamment dans les catégories sociales qui ont le plus besoin d'être défendues, c'est notre priorité. Pour cela, il faut un nouvel état d'esprit et
des moyens. C'est tout le sens des dispositions sur les structures syndicales”.
L’emploi reste la revendication prioritaire, le taux de chômage est de 17,1 %
pour l’arrondissement de Lens ; 14,9% pour Calais ; 14,4% pour Boulogne-sur-Mer ; 13,3% pour Béthune ; 9,8 % pour Montreuilsur- Mer, 10,9% pour Saint-Omer ; 9,7% pour Arras. Précarité, emploi,
flambée des prix de l'essence, inquiétudes sur les services publics, baisse du pouvoir d’achat, tout cela marque la période actuelle. Se défendre passe automatiquement par un renforcement
syndical et la CGT de promouvoir un syndicalisme interprofessionnel favorisant les convergences et le rassemblement dans les mobilisations et l’action.
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