Liberté 62 n°765 - Le 13 juillet 2007- 4 - Social
UNIVERSITÉS
DES AMBITIONS POUR L’ENSEIGNEMENT
SUPÉRIEUR ET LA RECHERCHE
Les indispensables mobilisations construiront la dynamique sociale de la rentrée
Par Pierre Pirierros
Des ambitions pour l’enseignement supérieur et la recherche, cela a comme
résonance le combat contre le projet de la droite sur l’autonomie des universités. Le CPE a placé, récemment, la question syndicale au centre des préoccupations des universitaires. La base
fondamentale des revendications étudiants/enseignants repose sur la victoire contre la mise en place d’un des axes de la politique libérale, le Contrat première embauche. Au-delà de l’iniquité,
il s’agit d’un problème de dignité de l’individu, du jeune, de l’étudiant en recherche d’emploi ; la soumission des salariés à l’employeur a été balayée avec force. Se défendre, les salariés et
les futurs salariés ont compris qu’il fallait à tout prix se battre collectivement contre la précarité et le chômage. Le Medef parle sans arrêt de la croissance, mais qu’est-ce que ça veut dire
lorsque le chômage gangrène toute la société ? La victoire sur le CPE, ce fut un grand coup donné à la répression sociale ; pérenniser le droit au travail, voilà une des résultantes d’une telle
lutte ! Jean Fabbri, secrétaire général du Snesup-FSU observe que le travail de réflexion et une prise de conscience de la majorité du corps enseignant sont le prolongement du refus de tout
projet libéral. La mise en commun des expériences et l’apport à la lutte des étudiants ont été déterminants dans la victoire contre le CPE. Aujourd’hui, c’est un autre combat face une droite
régie par un hyperprésident. L’abrogation du CPE marque une victoire, un tournant dans les luttes de ces dernières années. Que représente aujourd’hui un diplôme ? Il répond à d’immenses attentes
à d’immenses efforts. En posant ses revendications et propositions sur une série de sujets (garanties sociales, réformes indispensables, responsabilité, avenir de la démocratie), le Snesup
contribue à ce que de véritables alternatives soient au coeur du débat public. La nouvelle année universitaire recouvre énormément de notions revendicatives comme une réelle démocratisation, un
nouveau rayonnement de l’enseignement supérieur et de la recherche, un passage aux actes dans une programmation budgétaire ambitieuse pour la jeunesse et le pays. D’autres perspectives
économiques et sociales ? Cela fut posé aussi dans les diverses interventions alors que le maintien d’un chômage de masse touche particulièrement la jeunesse.
Plan d’urgence
Le plan d’urgence pour l’enseignement supérieur et la recherche a été également au coeur des discussions de ce congrès national. Sept propositions et quatorze mesures de transformation et de développement ont été avancées et tout au long des débats avec les syndicalistes il fut question des objectifs pour conforter l’action et l’outil syndical. Parmi ces mesures, on note, notamment : -la réponse aux besoins sociaux du pays ; -la transformation des formations supérieures ; -la transformation de la relation pédagogique ; -le renforcement de la recherche dans les universités et le renforcement du lien avec l’enseignement ;-l’intégration sans uniformisation des écoles et des cursus spécialisés (santé, paramédical, beauxarts, ingénieurs, gestion, commerce) et de la filière “classes préparatoires aux grandes écoles”/Écoles/Grandes écoles dans les universités dès le cursus licence. -la démocratisation de l’accès et à la réussite dans les formations supérieures; -le financement des universités et développement des coopérations.
Le supérieur va mal
Ce plan d’urgence pour l’enseignement supérieur concerne les financements, les recrutements et l’organisation des études. Le supérieur va mal. Le syndicat demande des recrutements – dès 2007- de plus de 3.000 enseignants chercheurs, 2.000 personnels ingénieurs, techniciens et administratifs. Le Snesup entend ouvrir des perspectives concrètes appuyées sur les mobilisations et l’expérience des universitaires. Repenser la dimension continentale de la recherche et des coopérations en matière d’enseignement supérieur, ce fut l’un des thèmes des débats. Les déclarations du commissaire européen en charge de ces questions, la semaine dernière, alimentent toutes les inquiétudes quant aux missions, aux financements du supérieur puisqu’il conviendrait selon cette Europe libérale d’augmenter la part supportée par les étudiants et leurs familles, dans un paysage d’établissements concurrentiels et autonomes.
Il est vrai qu’une véritable refonte de la Validation des acquis de l’expérience (VAE) doit entraîner un véritable effort pour aller encore plus loin dans le processus de la VAE. L’aide sociale aux étudiants doit être intégrée dans un Plan social Étudiant, en concertation avec les organisations syndicales étudiantes avec l’ensemble de la communauté universitaire. Cette aide universelle serait calculée en fonction de la situation propre de l’étudiant pour lui permettre de mener à bien un projet de formation et de qualification quelle que soit sa situation sociale ou familiale. Pour le Snesup, l’enjeu des dix années à venir est d’augmenter massivement le nombre d’étudiants en formation initiale et continue pour aller vers trois millions d’étudiants afin d’atteindre les 50% de l’ensemble une classe d’âge obtenant un diplôme de l’enseignement supérieur et accroître ainsi la qualification de l’ensemble des générations.

Liberté 62 n°764



Liberté 62 - 128, Boulevard Basly - 62 300 Lens
Commentaires Récents