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Journal d’expression communiste et anticapitaliste,
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Vendredi 20 juin 2008



S'ATTAQUER AUX CAUSES DES PROBLÈMES ÉCONOMIQUES

 

RENCONTRE AVEC PHILIPPE MATZKOWSKI, PRÉSIDENT DU COLLECTIF LBO

 

L'action politique est devenue totalement dépendante de la sphère financière et actionnariale, abandonnée aux «experts» d'une économie mondialisée dans laquelle le modèle néo-libéral est en train de s’imposer comme unique modèle, à force de propagande outrancière, de mécanismes juridiques et financiers, piégeant même les pays démocratiques les plus avancés comme la France. La décision politique échappe ainsi de plus en plus aux citoyens : chacun doit contribuer à sa reconquête, au travers de démarches collectives rapides. Nous avons rencontré, à Lille, le président du collectif, Philippe Matzkowski. C’est à l’issue d’une réunion de travail et un large échange de points de vue avec Alain Bruneel, conseiller régional PCF, président de la commission de développement économique, que le président du collectif LBO a rencontré la presse.

 

Par Pierre Pirierros

 

TOUT d ’abord, observe-t-il, nous sommes conscients que la mondialisation suggère un autre rapport de forces ; dès janvier 2007 et la mise sur pied du collectif, nous avons interpellé les candidats à l’élection présidentielle sur l’importance des fonds d’investissement en France et leur nocivité sur l’emploi. Certains responsables politiques ont tenu des discours forts, mais l’application concrète nous éloigne malheureusement chaque jour un peu plus de solutions justes. Composé de syndicalistes, principalement de la CGT et de l’UGICT-CGT( mais pas seulement), le collectif est une structure associative et dont le terme de catalyseur des problèmatiques rencontrées peut aisément qualifier ce que nous faisons. En mars 2007, nous avons rencontré Alain Bocquet, pour le groupe communiste à l’Assemblée nationale, et aussitôt, la demande de commission parlementaire a été élaborée et mise en route.

Les avatars de la vie parlementaire ont leurs secrets et cette demande, une fois rejetée, a été de nouveau une question de fond pour les députés PCF. C’était en novembre 2007. La commission des finances auditionnait, pourtant, l’Association Française des Investisseurs en Capital (AFIC) ; des avancées sont possibles. Le travail de fond concerne tous les secteurs géographiques et nombre d’entreprises. En 2005, le capital investissement a levé en France, 12 milliards d’euros et a investi 8,1 milliards d’euros dans 1.253 entreprises non cotées, soit une hausse de 55,6 % par rapport à 2004. Il représente, à travers les 4.852 entreprises en portefeuille, près de 200 milliards d’euros de chiffre d’affaires, et plus de 1,5 million d’emplois, soit près de 9 % des effectifs salariés du secteur privé.”

 

Sublistatic, victime de plusieurs “LBO”, aujourd’hui liquidée

 

Ceux qui sont à la tête de l’entreprise Sublistatic (Hénin-Beaumont) obéissent aux fonds de pension américains, “Acland Capital” ; “il faut intéresser l’actionnariat”, disent-ils. Or, les salariés de Sublistatic savent qu’on ne peut jouer impunément avec les mots, car ils expriment, hélas, une situation sociale donnée. “Le redressement judiciaire dit bien ce qu’il veut dire ; l’entreprise est endettée avec divers “LBO”” (rachat des actions de l’entreprise financé par la part d'endettement) mais, les murs ne sont pas à vendre. La direction n’a rien fait pour “arranger les choses”. Aujourd’hui, l’entreprise est liquidée et les salariés aussi, avec un savoir-faire irréprochable. L’outil de travail était performant mais l’entreprise avait des dettes devant les banques. Ces dettes, il fallait à tout prix les rééchelonner... Le PDG, lui, évoquait toujours la concurrence pour s’y réfugier avant de mettre la clé sous la porte. L’usine a fait d’énormes bénéfices ; puis un beau jour, des marchés (précisément la pose de motifs sur du tissu et du textile) de plus en plus nombreux partaient vers d’autres pays. Trois “LBO”, (Leverage buy out) successifs ont été pratiqués ce qui n’est pas rien. Cette agressivité financière n’était pas faite pour l’emploi. L’employeur, lui, a gagné de l’argent, beaucoup d’argent. Les salariés mènent toujours la bataille juridique. La difficulté à se procurer tous les montages financiers est un handicap qui a profité à la direction. Les concurrents allemands et italiens se frottent les mains.

 

Vision globale

 

Et Philippe Matzkowski de rebondir sur Sublistatic et également sur Bénédicta à Seclin, Cegelec, Socotec, où l’obtention d’informations financières est déterminante dans le combat des salariés pour avoir une vision globale dans des montages “usines à gaz” et lutter “à égalité” avec les directions d’entreprises. Les enjeux se mesurent à l’aune des décisions judiciaires où des cabinets d’avocats spécialisés décortiquent les dossiers et la moindre faille permet au patronat de débouter les travailleurs dans leurs légitimes requêtes. Ainsi, aux Prud’hommes de Lens, comme au tribunal de commerce de Paris, et au tribunal d’instance de la capitale, le dossier Sublistatic est toujours en cours.

Très récemment, un magistrat a mis en hypothèques des biens de Samsonite dans le cas précis de l’usine d’Hénin-Beaumont, même si dans cette affaire douloureuse pour les salariés, c’est un montage crapuleux qui a été mis en place avec une société écran (Energy-Plast) afin que l’entreprise initiale (Samsonite) n’ait pas à payer le plan social ni à débourser un centime d’euro en faveur des salariés. Là aussi, le combat se poursuit sur le plan juridique. “Le collectif LBO, souligne son président, joue un rôle important dans ces dossiers économiques. On sait bien qu’il est impossible de séparer, le politique, le social et l’économique. Permettre une réelle accélération des convergences, et parvenir ainsi à une régulation de la finance, profitable à tous, est une des priorités d’une action déterminée qui se décline à partir des entreprises, des salariés et des territoires. Notamment à partir de cellules de veilles.”



 

COLLECTIF LBO : UN OUTIL ALTERNATIF

L’AUTORÉGULATIION du marché a montré à nouveau ses limites. À tel point que les banques centrales sont contraintes d’intervenir pour soutenir le système financier mondial à la suite de la récente crise des subprimes aux États-Unis. Cette régulation-là ne semble d’ailleurs pas déplaire aux financiers voyous : non seulement elle couvre leurs exactions sans leur imposer de sanctions, mais elle leur permet également de continuer à asseoir leur pouvoir fiduciaire sur la plupart des économies nationales.

Pour ceux qui en doutaient encore, il est clair maintenant qu’il existe une potentialité croissante d’amorçage de crises financières majeures en tout point du globe, et que les régimes politiques libéraux, intimement liés aux marchés qu’ils contribuent à déréguler, sont dans l’incapacité d’y faire face sans dégâts pour l’économie réelle. Garantir pour les entreprises un accès égalitaire au crédit productif sans aliéner les entrepreneurs; au pouvoir d’actionnaires ou de créanciers spéculatifs, renforcer les droits d’intervention des salariés dans les institutions représentatives du personnel, imposer la transparence des montages financiers constituent quelques-unes des pistes développées par le collectif LBO, afin de parvenir à une régulation de la finance souhaitée par une très large majorité de nos concitoyens.

Cela n’implique pas le blocage de la vie économique d’une entreprise socialement responsable. Bien au contraire, lorsque toutes les parties prenantes concourent à la création et à la distribution équitable des richesses, cela contribue au développement économique durable des territoires et des bassins d’emplois, et favorise la démocratie sociale dans les entreprises. L’accès au crédit facilité pour les sociétés, des relations aux donneurs d’ordre moins contraignantes, une transmission des patrimoines industriels, mais aussi des savoirfaire et des compétences garantissant la pérennité des activités et des emplois constituent quelques-uns des défis majeurs de la période, selon un grand nombre de dirigeants d’entreprises.

C’est pour cette raison que l’action engagée par le collectif LBO pour la mise en place d’un outil alternatif au sacro-saint marché financier, nécessaire pour atteindre ces objectifs, est considérée comme indispensable. C’est dans cette perspective de progrès historique que notre action s’inscrit, afin de permettre une réelle accélération des convergences, et parvenir ainsi à une régulation de la finance, profitable à tous. À ces patrons et cadres dirigeants, acteurs économiques citoyens souvent limités dans leur liberté ou leur champ d’expression, le collectif LBO, collectif syndical, est prêt à porter la voix, bien au-delà !

par Liberté 62 publié dans : Social
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Vendredi 20 juin 2008




BIENVENUE EN FLANDRES, À BERGUES

"UNE PUB À PEU DE FRAIS" POUR GAZ DE FRANCE

 

Henri Tobo, administrateur, ancien président du CMCAS de Béthune/Arras, a souligné, récemment, à Bergues l'importance du service public que ce soit à La Poste ou dans l'Énergie suite à la remise "à peu de frais" du local berguois par la direction de Gaz de France à la municipalité.


"JE ne vous parlerai pas en patois, dit-il, respectant cette Flandre verdoyante et fleurie si chère à un de nos anciens collègues Berguois, André Vannobel. Mais il y a toujours eu une bonne cohabitation avec les Ch'tis. Mais quel double langage : la poste salue ses valeurs tout en privatisant ses services, diminuant le nombre de ses facteurs et en fermant bon nombre de bureaux de poste. Ce double langage vaut également pour EDF/GDF.

M. Cirelli, l'homme qui souhaite s'augmenter de 1000%, PDG de GDF sera mardi 17 juin ici même pour remettre les clés des locaux du district à la Mairie. Saluons cette donation, preuve de la force, de l'impact du film, mais aussi occasion d'une pub à peu de frais ! Dans le même temps, privatisation avec la fusion Suez, augmentation des tarifs du gaz, fermeture après Bergues, de tous les points d'accueil dans la région : Hazebrouck, Bailleul, pour le Nord, dans notre Centre. Bientôt, partout, la seul possibilité de contact, pour quoi que ce soit concernant le gaz et l'électricité, sera un téléphone payant avec ses interminables minutes d'attente ! Monsieur Cirelli n'est pas le bienvenu chez les ch'tis, nous lui dirons, sans perturber la manifestation, mardi prochain. Bergues : ancienne usine à gaz, le gaz y est ancien. Lors du renouvellement de canalisation, on y a déterrer des conduites en bois.

À la nationalisation, en 1946, devient un district dépendant de la subdivision de St Omer, ensuite de l'agence d'Hazebrouck et du centre de distribution mixte de Béthune, puis d'Arras-Béthune en 1976. District maillon indispensable de la proximité de la distribution du gaz et de l'électricité. Base comme moyenne tension, c'est ce qui a fait la réussite de la Nationalisation, de la qualité de service aux usagers. On ne soulignera jamais assez le rôle humain et social de cette structure de base, aussi bien en semi urbain et rural, comme l'était le district de Bergues avec ses 26 communes. Tout partait et revenait au district : interlocuteurs des usagers, des collectivités locales, capables de renseigner, de conseiller, d'orienter, bref d'apporter des réponses immédiates : pour le commercial, les extensions, les branchements, les mutations et aussi bien entendu, la maintenance, le dépannage 24H/24, dimanche et fêtes, en astreinte, avec des équipes sur place opérationnelles très rapidement.

Depuis 1970, nous nous bagarrons pour maintenir cette base de proximité du service public de l'énergie. À l'époque, nos directions souhaitaient le transfert sur Dunkerque, nous avons réussi jusqu'en 2006, le maintien en réaménageant les locaux. En discutant avec les plus anciens comme les plus jeunes, ce district a vu tout un défilé de monteurs, véritable laboratoire de formation des métiers de la distribution de gaz et d'électricité. Ceux embauchés sur place comme ceux sortant des écoles de métiers, venant du Pas-de-Calais, de la région parisienne ou d'Aurillac, conservent le meilleur souvenir de leur passage à Bergues, de cette fraternité, de cette disponibilité au service des usagers par tous les temps, que ce soit en gaz ou en électricité.

En juillet 2006, il y a deux ans, nous adressions une lettre à la population sur la fermeture définitive du district de Bergues (volonté généralisée sur les autres sites comme indiqué au début). Ce papier reprenait ce que je viens de dire. Nous étions mauvais prophètes, mais la réalité dépasse ce que nous craignions ! Ce cri d'alerte vaut encore aujourd'hui. Défendons nos services publics de proximité ! Nous interpellons les usagers, leurs élus. L'initiative de la CGT n'est pas une commémoration du souvenir, mais un rappel d'où nous venons, ce que nous vivons et surtout ce que nous souhaitons pour demain ! Nous invitons ceux qui nous dirigent à réorienter leur politique : pas sur le fric pour le fric, mais pour un service public de proximité avec le maintien de tarifs régulés, menacés à partir de 2010 !"

par Liberté 62 publié dans : Social
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Vendredi 20 juin 2008



MOBILISATION

AU LYCÉE PICASSO D'AVION

 

LE RECTORAT JETTE

L'ÉPONGE !

 

Maintien de la première littéraire, maintien de la section européenne, maintien du statut d'autonomie de l'établissement, maintien de 3 postes sur les 6 suppressions programmées, élèves, parents d'élèves et personnels du lycée Picasso d'Avion ont obtenu gain de cause face au rectorat et au ministère. Retour sur plus de 6 mois de mobilisation avec Guillaume Sayon, élu communiste et responsable du cercle de la  Jeunesse Communiste d'Avion.


L62 : «Quand a commencé la mobilisation au lycée Picasso ?»


Guillaume Sayon : «La mobilisation, au lycée, a commencé dès la rentrée de septembre. Très vite, nous avons su que le lycée serait victime du plan Darcos de suppression de postes. Avec les élèves et les parents d'élèves, une réunion est organisée par les enseignants du SNES pour faire le point sur la situation. Au-delà de la question des postes, celle de l'avenir de l'école publique dans la région est abordée. Au cours de la première mobilisation nationale des enseignants, de nombreux lycéens se déplacent à Lille. La grève, chez les profs, est bien suivie. »


L62 : «A quel moment le mouvement s'est-il accéléré ? »


G. S. : « Au début du deuxième trimestre, les menaces qui pesaient sur le lycée se sont précisées. Nous apprenons que la suppression de 6 postes d'enseignants est programmée et que des filières sont dans le collimateur du rectorat. De nouveau, une réunion est organisée rassemblant élèves, parents et enseignants.

La prise de conscience de la nécessité d'une mobilisation plus forte s'impose. Nous nous rendons compte qu'il va falloir passer à une vitesse supérieure. Vers la fin du mois de mars, suite à l'appel du SNES à une mobilisation inter-académique, le lycée s'engage fortement. Un bus entier composé d'élèves, de parents d'élèves, d'élus locaux et de professeurs part pour Paris et une délégation est reçue par les représentants du ministère de l'Éducation nationale. Avec celles des autres établissements, nos doléances sont exposées mais, très poliment, on nous fait comprendre que le projet du ministère s'appliquera, à Picasso comme ailleurs, malgré tout.»


L62 : «Quel est alors votre état  d'esprit ?»


G. S. : « Personne ne veut en rester là. Sur le chemin du retour, un certain nombre d'élèves lancent, pour la première fois, l'idée d'organiser l'occupation du lycée pour faire entrer le mouvement dans une nouvelle phase. Pendant les vacances de Pâques, plusieurs réunions entre lycéens sont organisées pour déterminer les modalités possible de cette action. A la rentrée, pendant une semaine, des discussions serrées s'engagent entre les élèves et les enseignants sur la question de l'occupation. Au bout du compte, avec l'accord des enseignants, l'occupation est lancée.»


L62 : «Comment s'est-elle déroulée ?»


G. S. : «Il faut le souligner, l'opération d'occupation du lycée a été très conviviale, très mature, très réfléchie. Pendant la journée, les cours se déroulaient normalement. La nuit, une trentaine de personnes, élèves et professeurs, occupaient les lieux. Ils étaient rejoints, le soir, par des parents et des élus et des discussions s'engageaient. Dès le premier jour de l'occupation, le rectorat nous a contacté et s'est engagé à nous recevoir très vite. Les médias ont relayé notre action. Au départ, les médias locaux, ensuite, les médias nationaux. Deux jours après le début de notre opération, le rectorat nous reçoit effectivement mais sans résultat. Il reste, globalement, campé sur ses positions. Deux jours plus tard, il nous fait cependant savoir que la filière L pourra être maintenue mais à condition qu'une demi section de la filière S soit supprimée. Cette proposition provoque la colère des lycéens. La continuation de l'occupation est décidée. »


L62 : «Avec une petite surprise... »


G. S. : «Oui. Après de nouvelles discussions, décision est prise, avec les élus communistes d'Avion et de Méricourt, d'organiser un conseil municipal extraordinaire au lycée. Plus de 300 personnes seront présentes et le conseil municipal se déroulera sur le lieu même de la lutte. Une motion en faveur du lycée Picasso est votée à l'unanimité. Une pétition sur cette motion circule et plus de 1.000 signatures sont recueillies le jour même. Sur ce, le mouvement, qui commençait à se fatiguer un petit peu, est relancé.Nous participons à de nouvelles manifestations. Les enseignants élaborent un projet pour sauver les postes en transformant les heures «sup» en heures «poste». Ils le proposent au rectorat.»


L62 : «C'est soudainement que la situation s'est débloquée ?»


G. S. : «Oui. C'est à la suite d'un coup de fil d'une élue communiste que la situation s'est débloquée. Nous demandions au rectorat la tenue d'une table ronde. A l'approche du bac, le rectorat semblait jouer la montre. Mieux, il soufflait le chaud et le froid, nous faisant savoir, par personne interposée, que la filière euro serait supprimée à la prochaine rentrée. Ce contact change la donne. En l'absence de réponse du rectorat, promesse est faite d'organiser un déplacement de l'ensemble des acteurs mobilisés pour Picasso dans les locaux du rectorat. Contre toute attente, le rectorat nous répond enfin. Nos revendications sont satisfaites...»

 

Propos recueillis

par Jérôme Skalski

par Liberté 62 publié dans : Social
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