Liberté 62 n°793
Edition du 25 au 31 janvier 2008
Liberté 62 n°793
Le retour du bâton
Par Hervé Poly
CERTES une hirondelle ne fait pas le printemps, mais les Français prennent de plus en plus conscience de la nocivité de la politique de Nicolas Sarkozy. La côte de popularité de l'hôte de l'Elysée fond comme neige au soleil et dans le m ê m e temps la politique économique de son gouvernement n'apparaît pas «efficace » pour une grande partie des Français.
Cette prise de conscience d'une politique qui favorise les plus nantis se télescope à la chute du pouvoir d'achat des Français. Le candidat «du pouvoir d'achat» porte désormais comme une croix sa campagne démagogique.
En quelque sorte, on pourrait dire que sa côte de popularité est désormais mariée -pour le meilleur et pour le pire- à celle du pouvoir d'achat. Tel l'arroseur arrosé, Nicolas Sarkozy connaît désormais l'effet boomerang de sa supercherie. Adepte de l'adage politicien que les promesses ne valent que pour ceux qui les croient, c'est aujourd'hui le retour du bâton pour celui qui fût élu par l'adhésion d'une majorité de notre peuple.
Mais ne nous trompons pas dans l'analyse, les Français y ont cru et c'est sans doute la raison pour laquelle les électeurs de Sarkozy l'ont désormais d'autant plus mauvaise que le train de vie luxueux du Président de la République apparaît comme une provocation indécente au regard des difficultés quotidiennes.
A trop vouloir en faire, y compris dans la banalisation du luxe et de la vie facile, le chouchou du Medef, des milliardaires et des magazines peoples se confronte désormais à cette dure réalité de la vie des Français. Le slogan de campagne «ensemble tout devient possible» résonne encore dans nos têtes alors que chaque jour qui passe sonne pour monnaie trébuchante de l'impossibilité à joindre les deux bouts. Le rêve pour certains se transforme en cauchemar et le pire si on laisse faire est devant nous. La récession économique aux Etats- Unis qui affecte l'Europe est un signal qui annonce un nouveau tour de vis après les élections municipales et cantonales.
Fort heureusement d'un retour de manivelle à un retour de bâton, il n'y a pas loin, car désormais les Français et notamment les salariés soutiennent majoritairement la grève d'hier pour les salaires et les conditions de travail. Alors même si nous sommes loin du rapport des forces espérées, ne faisons pas la fine bouche car la réalité du vécu de chacun est plus forte que les mensonges répétés à grands renforts de médias serviles. Sans doute croyait-il nous faire avaler sa politique de récession sociale comme une lettre à la poste sans recevoir de retour à l'envoyeur aussi expéditif. Mais voilà, Monsieur le Président, Maxime Gorki avait raison «on peut tromper tout le monde, mais pas la vérité».
Evénement
1948, la guerre aux gueules noires
On avait loué leur patriotisme en 1941 pour s'être dressés contre l'occupant allemand, on leur avait attribué le titre de meilleurs ouvriers de France en 1944 pour avoir aidé au relèvement de la France d'après-guerre en s'engageant dans la bataille du charbon décrétée par Maurice Thorez et le général de Gaulle, on va les réprimer dans la violence en 1948 pour avoir voulu défendre leur statut. Une grève dure et longue face à un gouvernement, incarné par le ministre socialiste Jules Moch, qui ne reculera devant rien pour mater ce mouvement revendicatif.
BIlan : 4 morts et une impasse...
Politique
Vivre à Carvin !
Au cours d’une conférence de presse qui s’est déroulée ce mardi 22 janvier, Odette Dauchet a présenté le programme de la liste communiste et progressiste «Vivre à Carvin !» pour les prochaines élections municipales. Odette Dauchet a tout d’abord évoqué le bilan de la politique municipale actuelle. «Depuis 7 ans, a-t-elle déclaré, la politique municipale se caractérise par un manque de dynamisme criant».
Monde
Le président Colombien en Europe
Depuis dimanche dernier, le président colombien Alvaro Uribe Vélez est en Europe pour présenter un nouveau «plan humanitaire» de libération des otages des FARC. En visite d'abord en France où existe une mobilisation en faveur de la libération d'Ingrid
Bétancourt, un des objectifs également affiché par Nicolas Sarkozy, Uribe s'est rendu en Espagne après avoir rencontré à Bruxelles le haut représentant de la politique...
Liberté 62 n°793 - Le 25 Janvier 2008- 2 et 3- Événement
1948, la guerre aux gueules noires
Par Jean Michel Humez
On avait loué leur patriotisme en 1941 pour s'être dressés contre l'occupant allemand, on leur avait attribué le titre de meilleurs ouvriers de France en 1944 pour avoir aidé au relèvement de la France d'après-guerre en s'engageant dans la bataille du charbon décrétée par Maurice Thorez et le général de Gaulle, on va les réprimer dans la violence en 1948 pour avoir voulu défendre leur statut. Une grève dure et longue face à un gouvernement, incarné par le ministre socialiste Jules Moch, qui ne reculera devant rien pour mater ce mouvement revendicatif. BIlan : 4 morts et une impasse.
EN 1946, soit seulement deux ans avant la parution des décrêts Lacoste qui allaient mettre le feu au poudre, les mineurs gagnant la bataille de la production du charbon et permettant le relèvement du pays, sont considérés comme des héros. Des affiches sont placardées proclamant que le mineur est le meilleur ouvrier de France. C'est l'époque des nationalisations, du statut du mineur, de la mise en chantier du projet de sécurité sociale minière.
Les mineurs sont persuadés que l'ère des compagnies minières qui les traitaient comme des esclaves est à jamais révolue, que la mine est devenue plus humaine, qu'ils ont acquis le respect de tous, qu'ils verront leur métier reconnu et rémunéré en fonction de la dureté et de leur dangerosité. Avec les circulaires et décrets Lacoste, ils tombent de haut. Leur rêve s'effondre, leurs illusions s'envolent. Ils voient revenir les méthodes des Compagnies minières.
Les revendications à la base de la grève
Le 1er octobre 1948 était rendue publique la consultation des mineurs pour décider d'un mouvement de grève nationale, le 4 octobre. Sur 190.907 suffrages recensés, 168.215, soit 88,5 % se prononçaient pour la grève, contre 22.692. Il s'agit de s'opposer aux décrêts Lacoste et aux circulaires du même nom. La circulaire Lacoste du 13.9.47 est relative à la garantie du salaire. Adressée à la direction des Charbonnages de France, elle donne l'ordre de «suspendre la garantie d'application des salaires statutaires ainsi que les dispositions complémentaires concernant le minimum vital et la prime à la production. Les salaires, tant pour les ouvriers à la journée que pour les ouvriers à la tâche, seront réduits en tenant compte de la perte d'activité constatée».
Cela ne s'est jamais vu. Le ministre va plus loin que ne le sont jamais allées les compagnies minières, même sous l'occupation hitlérienne. On ne peut donc même pas qualifier cela de retour en arrière. Le salaire conventionnel n'a pratiquement plus aucune valeur. La direction des houillères, qui est juge et partie sur la qualité et la quantité du travail fourni, peut payer le salaire qu'elle veut. C'est stupéfiant. Cette nouvelle méthode est testée à la fosse 10 de l'Escarpelle (à Leforest) en mars 1948. Seize ouvriers abatteurs sont payés en dessous du salaire de base. L'ensemble des travailleurs du puits, unanime, réagit par une grève de 18 jours qui, malheureusement, ne put faire reculer la direction. L'affaire fut portée par la CGT devant le Conseil des prud'hommes de Carvin.
Pour montrer tout l'intérêt qu'elle portait à la question, la Fédération Régionale CGT des mineurs du Nord/Pas-de-Calais désigna son secrétaire général, Henri Martel et son secrétaire général adjoint, Joseph Legrand, pour plaider. La direction des houillères fut condamnée. En fait, cette circulaire faisait partie d'un vaste plan destiné à la baisse des salaires de tâche. Après l'échec de la grève de 1948, cette baisse fut effective. Il faut ajouter à cela le rétablissement d'une politique répressive à coups d'amendes et de mises à pied qui avait disparu depuis la Libération. Un autre décret suscite également la colère. Il s'agissait de la remise aux Houillères de la gestion du risque Accidents du travail et Maladies professionnelles que le décret de 1946 instituant la sécurité sociale minière avait placé entre les mains des sociétés de Secours minières, satisfaisant ainsi une vieille revendication syndicale. C'est tout logiquement que les mineurs de France se mettent en grève.
Répression d'État et état de siège
Le gouvernement socialiste/MRP refuse toute négociation et répond du vote par l'envoi de l'armée en pays minier sous prétexte qu'il s'agit d'une grève à «caractère insurrectionnel ». «C'est Moscou qui a donné l'ordre de cette grève». Cela dit, l'accusation n'est pas nouvelle. Jean Jaurès n'a-t-il pas été en son temps accusé d'être un agent de la Prusse ce qui a valu à son assassin Raoul Vilain d'être acquitté. Il s'avère que le but du gouvernement était tout simplement de briser la Fédération CGT des Mineurs et de la priver de toute possibilité d'action pour un long avenir. La direction de la CGT était communiste et en raison du rôle joué dans la Résistance par la corporation il avait fallu faire place aux représentants des mineurs dans les nouvelles institutions au grand dam de la hiérarchie interne et de nombreux ministres y compris socialistes.
Le gouvernement s'enfonce alors de plus en plus dans la répression. Le 22 octobre, un Conseil des ministres, réuni d'urgence dans la soirée, autorise les CRS à ouvrir le feu sur les grévistes, rappelle des réservistes, interdit toutes les réunions mêmes privées, annonce l'expulsion des étrangers participant aux manifestants et donne pouvoir aux préfets de censurer et de suspendre la parution de journaux. Mais la grève reste populaire. Des collectes sont organisées partout en France, les enfants de grévistes sont accueillis par des familles solidaires. Le gouvernement s'en prend alors aux enfants en décidant le 10 novembre, de supprimer les allocations familiales aux mineurs qui poursuivaient la grève.
La répression judiciaire
L'occupation des bassins et la «reconquête» des puits de mine coûtèrent très cher aux grévistes. Il y eut quatre morts, mais combien de blessés et d'arrestations ? Sans doute près de trois mille puisqu'il y eut 2783 condamnations À l'époque, la conséquence directe des quelque 3000 licenciements pour mineurs était de perdre leurs indemnités de chauffage et de logement prévues par leur statut. Depuis des années, les mineurs concernés et leurs familles visent à faire reconnaître comme discriminatoires ou abusifs les licenciements car le droit de grève était alors reconnu par la Constitution (cf. encadré page 3). Ces quelques témoins prouvent combien les mineurs ont payé durement leur défaite. La fin de l'an 1948 et les années 1949 et 1950 ont été terribles.
C'est un climat de terreur qui a été instauré dans les puits. Cette période mérite d'ailleurs qu'on l'étudie d'une manière approfondie. Le gouvernement a-t-il réussi à briser la Fédération du sous-sol ? Il lui a porté des coups puissants en licenciant plusieurs milliers de ses militants, en faisant condamner une bonne partie de ceux-ci, en révoquant de nombreux délégués mineurs, en faisant peser une menace permanente sur la tête de ceux qui osaient encore faire flotter le drapeau de la CGT. Pourtant la pensée profonde de la corporation est donnée, dans le secret des urnes, par les élections de délégués mineurs (fond et surface) de mars 1949 : CGT, 138.270 voix (70,3 %) ; FO, 39.471 voix (20 %) ; CFTC, 18.582 voix (9,4 %).
Que reste-t-il après un tel scrutin, des accusations gouvernementales selon lesquelles les mineurs terrorisés auraient été contraints à la grève par une minorité d'agitateurs aux ordres de Moscou. En mars 1949, les mineurs qui ont commencé à payer durement les décrets Lacoste et la politique antisociale disent clairement avec leur bulletin de vote. «La CGT a eu raison d'engager la lutte. Nous avons perdu la grève, mais rien n'aurait été pire que de céder sans lutter. Notre dignité de travailleurs, personne ne pourra nous l'enlever». Battus oui, mais vaincus à jamais, non. En 1951, le ministre Louvel, marchant sur les traces de son prédécesseur Lacoste, voulut profiter de la situation et mettre fin par décret à la gratuité de la Sécurité sociale minière. Mal lui en prit. En 48 heures, tous les puits du Nord/Pas-de-Calais avaient cessé le travail. La CGT était toujours là, puissante, agissante à la tête des mineurs. Moins de 30 mois après novembre 1948, les mineurs infligeaient au pouvoir une cinglante défaite qui allait être suivie d'autres.
1948, grève insurrectionnelle ou terrorisme d'État ?
Par Norbert Gilmez
DANS la Voix du Nord du samedi 5 janvier dernier, J.L. de Noyelles-sous-Lens rappelle la part des mineurs pour le relèvement de l'industrie française et cite plusieurs dates manquantes dans l'article concernant la fin des Charbonnages. Rappelant «la grève pour les salaires et la sécurité de 1948», il y ajoute, je pense par inadvertance, le qualificatif «insurrectionnelle» (résultat peut être de cette calomnie odieuse si souvent répétée.
«Calomniez, calomniez dit-on, il en restera toujours quelque chose»). Gréviste de 1948 emprisonné, licencié, j'estime utile pour les lecteurs qui seraient abusés de rétablir la vérité. Je ne citerai à cet effet que la relation par Raymond Robin de Montceau les Mines sur la défense par les grévistes du puits des Alouettes face aux CRS qui les mettaient en joue le fusil chargé d'une balle dans le canon. Je cite : «... ce fut un corps à corps terrible... j'ai frappé de toutes mes forces jusqu'à ce que l'ennemi capitule. Nous avions fait 200 prisonniers... Mais nous étions humains. Et je me souviens avoir signé des «permissions» de départ à des CRS, à l'un parce que sa femme allait accoucher, l'autre parce que son fils était malade, à un troisième parce qu'il avait perdu sa mère. On a dit que nous menions une grève insurrectionnelle. Nous avions désarmé tous les CRS. Or, qu'avons-nous fait de leurs armes ? Nous les avons cassées et jetées dans le canal...»
Inutile d'insister, je pense. Cependant, je me permets de rappeler que cette grève de 1948 était des plus démocratiques. Les mineurs ont participé au référendum sur la grève à plus de 94 %. Et la grève a été votée à 89,70 % des exprimés sur les revendications de salaires, le minimum vital, les primes de production, l'extension des pouvoirs des délégués mineurs pour assurer la sécurité, l'augmentation des retraites, l'application de la loi sur les nationalisations, etc... En faisant investir le bassin Lorrain par les forces de police alors que les discussions se poursuivaient, Jules Moch violait la Constitution qui garantissait le droit de grève, droit ne souffrant d'aucune restriction selon le statut du mineur. Et ce fut l'emploi de la force, les brutalités pour amener de force les grévistes au travail, toute une période d'illégalités, de violences avec des morts. C'est par la force, la violence, illégalement que Jules Moch voulait imposer sa volonté d'empêcher la gréve.
Le 16 décembre 2005, j'ai pris connaissance de la déclaration du Procureur général de la Cour d'assises de Douai au procès de Lionel Dumont, et je cite : «Vouloir imposer ses idées par la force cela s'appelle du terrorisme ». Alors je vous le demande : Jules Moch en utilisant l'appareil d'État pour empêcher la grève, n'a-t-il pas instauré un terrorisme d'État contre les mineurs ? selon la déclaration ci-dessus d'une éminente personnalité judiciaire. PS : Peut être serez-vous étonnés de savoir que les mineurs licenciés attendent toujours l'application de la loi d'amnistie d'août 1981, alors que dans toutes les branches professionnelles nationalisées les travailleurs sanctionnés pour faits de grève et actions syndicales avaient obtenu réparation depuis au moins avril 1982. Ils étaient environ 300 en 1982, il n'en reste que 17 à ce jour, dont la situation va être examinée au Conseil de prud'hommes de Nanterre prochainement. Norbert Gilmez, 86 ans, Bully-les-Mines.
60 ans après, d'anciens mineurs licenciés pour grève demandent réparation
SOIXANTE ANS après une grande grève durement réprimée à l'automne dans les mines de charbon du nord, d'anciens salariés licenciés suite à leur mouvement ont demandé réparation de leur préjudice lundi devant le tribunal des Prud'hommes de Nanterre. L'affaire a été renvoyée au 19 novembre 2008, l'audience de conciliation à huis clos n'ayant pas permis de déboucher sur un accord entre les 17 requérants et les établissements publics saisis, Charbonnages de France et l'Agence nationale pour la garantie des droits des mineurs (ANGDM). Dans ce dossier atypique, les anciens salariés des mines, ou leur famille pour ceux qui sont décédés, réclament que les licenciements soient reconnus comme discriminatoires ou abusifs, car le droit de grève était inscrit dans la Constitution. A l'automne 1948, le mouvement fut lancé pour s'opposer à la modification du statut des mineurs décidé par le ministre de l'Industrie et du Commerce, Robert Lacoste.
Devenue rapidement massive, la grève suscita une répression d'ampleur, avec des interventions de l'armée et des CRS dans les houillères. "Il y a eu des morts et des blessés, c'était un véritable état de siège", a raconté Norbert Gilmez, un ancien employé administratif inscrit à la CGT, venu du Pas-de-Calais lundi, malgré ses 86 ans, pour assister à l'audience. "Les mineurs avaient été appelés à produire pour la renaissance de la France, on s'était retroussé les manches (...) et on nous a licenciés sans motif, c'est pour cela que nous demandons réparation", a-t-il poursuivi. Les anciens mineurs et leurs familles ont attendu 1981 pour qu'une loi d'amnistie couvre les faits, puis la loi de finances 2005 a prévu une indemnisation pour les prestations de chauffage et de logement, mais pas pour les salaires non versés suite aux licenciements. Seule la moitié environ des 17 requérants ont depuis reçu des indemnités, s'élevant à 20.000 euros en moyenne, selon leurs avocats. Les anciens mineurs ont alors saisi la Haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l'égalité (Halde), mais celle-ci n'est pas parvenue à trouver une médiation avec Charbonnages de France, un différend persistant toujours sur le montant du préjudice à allouer.
Les requérants demandent 60.000 euros chacun de dommages et intérêts en réparation du préjudice matériel et moral qu'ils ont subi. Lundi, selon les quatre avocats des anciens salariés, tous membres d'un collectif spécialisé dans les discriminations, Charbonnages de France a fait valoir qu'elle avait été dissoute par un décret prenant effet le 1er janvier 2008. De son côté, l'Agence nationale pour la garantie des droits des mineurs (ANGDM), qui s'est substituée à Charbonnages de France, a indiqué dans un communiqué qu'elle n'est "pas l'ancien employeur des mineurs révoqués en 1948 et n'est donc pas légitime à intervenir dans l'appréciation" du licenciement.
Précisant avoir déjà versé des indemnités pour le logement et le chauffage à tous les requérants, elle ajoute que "tous les ayants droit de l'ANGDM peuvent saisir une commission de recours" en cas de désaccord avec le mode de calcul de la prestation.

Liberté 62 n°793 - Le 25 Janvier 2008 - 6 - Élections municipales
Vivre à Carvin !
Par Jérôme Skalski
Au cours d’une conférence de presse qui s’est déroulée ce mardi 22 janvier, Odette Dauchet a présenté le programme de la liste communiste et progressiste «Vivre à Carvin !» pour les prochaines élections municipales.
ODETTE DAUCHET a tout d’abord évoqué le bilan de la politique municipale actuelle. «Depuis 7 ans, a-t-elle déclaré, la politique municipale se caractérise par un manque de dynamisme criant». «Certes, a-t-elle précisé, il y a eu des travaux de faits, la rue Cordier, le chemin de la Frête en cours, le parking du Lycée, la cité Saint-Paul, mais ces travaux étaient déjà programmés et les financements prévus. Dans ces travaux, ce qui revient à l’équipe actuelle, c’est sa capacité à les faire durer. À l’initiative de l’équipe actuelle, on pourrait citer quelques city-stades, quelques dosd’âne, quelques bacs à fleurs, mais on serait bien en peine de citer un investissement de quelque importance. »
L’inertie de l’équipe municipale actuelle
«La cause principale de cette inertie, a-t-elle indiqué, est le fonctionnement même de l’équipe sortante, caractérisé par les hésitations, par l’impossibilité qu’a le maire de déléguer la moindre parcelle de pouvoir, même à ses adjoints, l’impossibilité que cette équipe a d’écouter les suggestions des uns et des autres, d’y réfléchir. Cette surdité atteint son maximum quand il s’agit des suggestions de son opposition au Conseil Municipal. Un exemple criant est le Projet de Réussite Éducative. Depuis 3 ans, la ville pourrait aider des gamins en difficulté : on parle, on parle, et rien ne se fait. Les services partenaires comme ceux du département sont atterrés, n’en reviennent pas. À la dernière réunion, ils ont quitté la salle ! »
Redonner du dynamisme à Carvin
Odette Dauchet est ensuite intervenue pour exposer le projet porté par la liste qu’elle a accepté de conduire pour les prochaines élections municipales, liste diverse, représentative des habitants et des quartiers de Carvin et qui constitue «une vraie équipe, variée, chaleureuse, faite d’hommes et de femmes de qualité, animés par un esprit de respect et d’amitié» : «Nous voulons redonner du dynamisme à Carvin. Nous avons des projets et nous comptons les réaliser en faisant participer à leur élaboration les Carvinoises et les Carvinois qui en seront les premiers utilisateurs, en écoutant, en acceptant de réfléchir aux différentes idées que nous n’aurions pas eues. Et cela parce que nous comptons donc faire une politique municipale efficace à l’écoute des gens.» Faire une politique municipale efficace à l’écoute des gens Cette politique et ce projet visant à «améliorer le «vivre ensemble» à Carvin» (lire ci-dessous), Odette Dauchet a insisté sur ce point, sera servie par une «méthode» consistant à «remplacer la gestion technocratique par la démocratie». «Notre maire promet beaucoup et n’en fait qu’à sa tête», s’est-elle indignée : «Nous, nous ne promettrons pas si nous ne sommes pas en mesure de tenir. Nous serons à l’écoute des suggestions des habitants sans distinction. Nous remplacerons la froideur technocratique par la chaleur humaine.» Remplacer la gestion technocratique par la démocratie «Quant au fonctionnement du Conseil Municipal» a poursuivi Odette Dauchet : «nous ferons revivre les différentes commissions municipales. Nous ne prendrons pas de décision importante sans prendre les avis des Carvinois intéressés et sans discussion approfondie en commission. Chacun sera écouté et ses idées et propositions seront étudiées sans a priori défavorable.» «Savez-vous qu’actuellement les décisions importantes ne sont jamais discutées en commission ?», s’est exclamée Odette Dauchet : «Un seul exemple : le projet de salle de spectacle que l’on appelle la PIAC. Rappelons à ce propos que notre projet de salle multimédia était prêt en 2001, et que 7 ans plus tard, l’équipe sortante n’a toujours pas avancé sur le sujet. Donc, sur le projet qui s’appelle maintenant la PIAC, à la commission «Culture», impossible de savoir où en est le projet. Plus fort, une conseillère municipale de la commission qui a une délégation du maire a reconnu ne rien savoir. Or, elle assiste aux bureaux municipaux où le maire et les adjoints prennent les décisions. Cela veut dire que les décisions ne se prennent même pas au niveau du bureau municipal. Cela veut dire que même sur un projet aussi important, le maire ne fait pas confiance aux conseillers municipaux de sa propre liste !» À titre de conclusion, Odette Dauchet l’a souligné avec force : «Avec l’équipe sortante, les décisions se prennent avec le maire seul ou à 2 ou peut-être à 3, en catimini. Avec nous, ce ne sera pas le cas.»
Odette Dauchet entourée des membres de la liste qu’elle a acceptée de
conduire pour les prochaines élections municipales à Carvin : « Une
vraie équipe, variée, chaleureuse, faite d’hommes et de femmes de qualité, animés par un esprit de respect et d’amitié, une équipe porteuse de projets, prête à se dévouer pour Carvin et ses
habitants. Elle allie l’expérience et la jeunesse. Elle représente tous les quartiers de la ville, elle est diverse dans les professions, de l’ouvrier au demandeur d’emploi, de l’assistante
sociale au professeur, du retraité à la femme au foyer, on y trouve plusieurs syndicalistes. Sur cette liste, personne ne sert d’alibi. Tous sont déterminés à bien travailler au service des
Carvinois. »
Améliorer le «vivre ensemble» à Carvin
Au cours de sa conférence de presse, Odette Dauchet a exposé les grandes lignes du projet municipal porté par la liste «Vivre à Carvin !» pour la prochaine mandature. (Extrait)
«La municipalité ne peut pas réparer les méfaits de la politique du gouvernement comme le chômage, le pouvoir d’achat insuffisant, etc…Mais la municipalité peut agir pour assurer aux habitants de notre ville une meilleure qualité de vie. Nous comptons mettre l’Humain au centre de nos préoccupations, améliorer le «vivre ensemble» à Carvin. Cela passe par :
◗ Un développement de la solidarité, de l’entraide, de la cohésion entre les habitants, entre les quartiers,
◗ Un développement commercial,
◗ Une augmentation harmonieuse de l’offre de logements,
◗ Un souci constant de l’environnement et du développement durable,
◗ Un développement et une amélioration des services rendus à la population,
◗ Un développement de la vie culturelle de la ville, Je ne vais pas développer tous les points ici. Notre programme est bien avancé mais il sera enrichi par l’opinion des Carvinoises et des Carvinois que nous avons sollicitée par un questionnaire.»
Une liste de la vraie gauche
Présent aux côtés d’Odette Dauchet au cours de sa conférence de presse, Régis Bougnas, secrétaire de section PCF de Carvin est intervenu pour évoquer les conditions dans lesquelles la liste « Vivre à Carvin !» avait été constituée.
«LA section de Carvin du P.C.F. a pris l’initiative de rencontrer la section socialiste pour une union éventuelle de la Gauche», a expliqué Régis Bougnas : «Au cours de cette rencontre, nous leur avons rappelé que l’équipe du maire sortant était entachée d’une sorte de «péché originel». En 2001, Philippe Kemel a fait une union contre-nature couverte par le secret avec la droite locale. Nous avions alors dénoncé cette union. Un article de la “Voix du Nord” de mars 2007, relatant un entretien avec le responsable local de l’UMP, confirmait que nous avions raison. Une nouvelle confirmation était faite dans les mêmes colonnes le 12 janvier 2008 par les responsables locaux de l’UMP qui annonçaient la constitution d’une liste de droite pour les prochaines élections municipales. On pouvait d’ailleurs voir sur la photo de ces responsables de droite, deux membres actuels de la liste de Philippe Kemel. » Dénonçant l’attitude de Philippe Kemel qui, en 2001, avait ainsi «préféré s’asseoir sur ses convictions de gauche» et «trahir son camp», Régis Bougnas a souligné : «Pour nous, il n’y a qu’une seule façon de laver cette trahison des idéaux de Gauche, c’est, en cas d’union, de réserver la tête de liste aux électeurs qui étaient majoritaires à gauche, c’est-à-dire à leur candidate, Odette Dauchet ainsi que la majorité des conseillers.» Précisant qu’il n’avait pas reçu, à ce jour et à ce propos, de réponse de la section socialiste de Carvin, il a insisté : « En cas d’union de la Gauche ou non, nous aurons donc une liste de la vraie Gauche menée par Odette Dauchet».
Liberté 62 n°793 - Le 25 Janvier 2008 - 15 -Monde
«Uribe est venu pour faire sa propagande anti-FARC en Europe»
Depuis dimanche dernier, le président colombien Alvaro Uribe Vélez est en Europe pour présenter un nouveau «plan humanitaire» de libération des otages des FARC. En visite d'abord en France où existe une mobilisation en faveur de la libération d'Ingrid Bétancourt, un des objectifs également affiché par Nicolas Sarkozy, Uribe s'est rendu en Espagne après avoir rencontré à Bruxelles le haut représentant de la politique extérieure commune de l'Union européenne, Javier Solana. Au terme de son voyage, Uribe se rendra en Suisse pour assister au Forum de Davos, le club de discussions capitaliste.
Rencontre de Nicolas Sarkozy avec Uribe
OFFICIELLEMENT, Uribe est venu pour obtenir le soutien de la France, de l'Espagne et de la Suisse à la médiation proposée par l'église catholique pour un échange d'otages. C'est ce nouveau plan qu'Uribe a présenté à Nicolas Sarkozy et aux parents d'Ingrid Bétancourt (son fils et son ex-mari) qu'il a accepté de rencontrer. Ces derniers ont considéré cette rencontre comme positive. Mais pour la Fédération internationale des comités Ingrid Bétancourt, «Uribe est venu faire une propagande anti-FARC en Europe».
Les propositions d'Uribe
Ayant rompu ses relations avec le président vénézuélien Hugo Chavez, après lui avoir retiré sa mission de médiation avec les FARC pour un accord humanitaire, Uribe s'est trouvé confronté à la réussite de l'intervention d'Hugo Chavez pour la libération de Clara Rojas et de Consuela Rodriguez. On se souvient qu'en dépit de péripéties difficiles pour l'application de l'accord (l'affaire d'Emmanuel, le fils de Clara Rojas, un premier échec de libération des deux femmes) le 10 janvier les FARC libéraient Clara Rojas et Consuela Rodriguez. C'était un succès diplomatique pour Hugo Chavez que tentaient de minimiser les médias occidentaux dépités.
Ne renonçant pas à son objectif d'un accord humanitaire d'échange entre les 49 otages des FARC et 500 guerilleros emprisonnés par le gouvernement Uribe, Hugo Chavez proposait de retirer les FARC-CP (forces armées révolutionnaires de Colombie - armée du peuple) et l'ELN (armée de libération nationale) les deux guerillas révolutionnaires, de la liste des organisations terroristes. Cette proposition était adressée aux pays latino américains et à l'Union européenne. Au delà d'un accord humanitaire, cette proposition, si elle avait été acceptée par Uribe, aurait permis l'engagement d'un processus de paix. Cette proposition n'était pas utopique. Un temps, l'Union européenne n'avait pas copié son attitude sur celle des États-Unis. Les FARC étaient venues en Europe et une médiation avait été engagée entre les FARC et le gouvernement colombien, médiation de la France, de l'Espagne et de la Suisse. Non seulement Hugo Chavez maintient sa proposition mais l'Assemblée nationale vénézuélienne a approuvé cette proposition. A. Uribe a accusé Chavez d'ingérence dans les affaires colombiennes et de soutenir des narcotraficants. Chavez l'a alors traité de «lâche» et l'a accusé d'être le «pion des américains».
Fort du soutien des États-Unis mais néanmoins inquiet des initiatives d'Hugo Chavez, Uribe est donc venu en Europe défendre sa politique avec deux objectifs : le soutien à son «plan humanitaire» et surtout le maintien des FARC sur la liste des organisations terroristes. Or ce «plan humanitaire» n'a aucune chance d'aboutir. Il est proposé un échange humanitaire entre les 49 otages militaires politiques des FARC et 500 guerilleros dans une zone rurale quasi-déserte de 170 km2 sous la surveillance d'émissaires religieux et d'envoyés français, espagnols et russes. Les FARC réclament une zone démilitarisée autour des communes de Prodéra et Florida (120.000 habitants). Elles craignent un piège d'Uribe. Il est avéré que lors de la libération de Clara Rojas et Consuelo Rodriguez, les combats militaires continuaient et que les hélicoptères poursuivaient la surveillance de la jungle. Par ailleurs, dans la liste des 500 guerilleros figurent Simon Trimodad et Sonia emprisonnés aux États-Unis et que Paul Reyes, un commandant des FARC, avait déjà proposé aux États-Unis d'échanger contre les trois américains faits prisonniers. Nicolas Sarkozy a accepté le plan mais avec «des garanties d'indépendance et des moyens de discussions » (il n'écarte donc pas entièrement l'hypothèse de Chavez). En revanche sur «la qualification des FARC», il se déclare «solidaire de l'Europe». Mardi, Javier Solana a confirmé à Uribe que les FARC restaient bien sur la liste des organisations terroristes. Uribe peut repartir en Colombie, satisfait, il a bien atteint son principal objectif.
La guerre d'Uribe contre les FARC et l'ELN
Lors de sa conférence de presse à Paris, lundi après-midi, Uribe a expliqué sa politique de «sécurité démocratique» c'est à dire de lutte sans merci contre les FARC et l'ELN. Pour lui, les FARC sont des bandes armées de délinquants, des narco-traficants, des criminels contre les populations civiles. Il faut donc les exterminer. Et sa lutte aurait payé puisque les FARC sont en recul, que des milliers d'entre eux auraient été tués ou emprisonnés, certains ayant renoncé ou déserté. Dans sa lutte contre les guerillas, Uribe a en effet mis des moyens considérables, c'est le plan Patriote, suivi par le plan consolidation : les effectifs de l'armée et de la police sont passés de 200.000 en 2002 à 380.000 en 2007.
L'armée dispose d'hélicoptères et d'avions spécialisés dans «la lutte anti-terroriste». À ces effectifs s'ajoutent les paramilitaires (les AUC, groupes d'auto- défense recrutés par les grands propriétaires fonciers) qui ont été grâciés et joue le rôle d'auxiliaires de la police et de l'armée. S'ajoutent aussi les «conseillers américains» et les mercenaires recrutés par les compagnies armées américaines (ces derniers protègent surtout les oléoducs colombiens). Dans ces conditions, les FARC ont été contraintes de changer leur stratégie et d'opérer de fréquents déplacements dans la jungle. Mais selon les analystes politiques si la «sécurité démocratique» a affaibli les FARC, il ne faut pas les sousestimer. Elles ont gardé leur capacité d'intervention.
Uribe accuse les FARC de criminalité et d'être responsables des enlèvements. Or dans ce pays d'extrême violence où les enlèvements contre rançon sont importants, plus de 70 % de ces enlèvements sont le fait de petits groupes de délinquants, 20 % des FARC, moins de 8 % de l'ELN. Les «49 otages» sont pour les FARC des prisonniers politiques. L'accusation de narco-trafic n'est pas plus fondée, P. Reyes l'a de nombreuses fois démentie. Si les FARC protègent et taxent les paysans producteurs de coca, la production de la cocaïne et son exportation sont le fait du crime organisé et bien des commandants paramilitaires sont des narcotrafiquants. Et la lutte anti-drogue de la Colombie est un échec : 640 tonnes de cocaïne ont été fabriqués en 2005 contre 400 en 2004 (Sources : article de Laurent Daniel sociologue spécialiste des drogues illicites). Les paramilitaires transformés par Uribe en «véritables seigneurs de la guerre maîtres absolus de nombreuses régions qu'ils ont conquises et où ils se sont anracinés.» «Dans ces fiefs, il leur est désormais loisible de développer toute une gamme d'activités illicites. La privatisation de la guerre civile a aussi intensifié la concentration foncière qui a repris en Colombie dans les années 1980 en raison des achats massifs de terre par les narcos. Ces derniers sont aujourd'hui les plus grands propriétaires du pays où ils possèdent 50 % des terres arables» (selon L. Daniel).
Des milliers de paysans sont refoulés, déplacés. Contre ces grands propriétaires terriens, les FARC sont les défenseurs des petits paysans. Héritiers des guerillas paysannes, les FARC, fondés en 1964, se réclamant du marxisme-léninisme, ont un programme économique, social et politique : la réforme agraire, la socialisation des moyens de production et d'échanges, la démocratie politique. Tout comme l'ELN qui se réclame du guevarisme, les FARC en luttant contre le gouvernement Uribe, les paramilitaires et les grands propriétaires fonciers, luttent contre l'impérialisme, l'impérialisme américain qui dirige de fait la Colombie.
Le rôle majeur des États-Unis : le plan Colombie
Dans son action de «sécurité démocratique», Uribe est soutenu, conseillé par les États-Unis. Dans la détérioration des rapports entre la Colombie et le Vénézuéla, les États-Unis jouent un rôle fondamental, dangereux pour la Colombie et pour toute la région et notamment le Vénézuéla. John Walker, le chef de l'agence anti-drogue des États-Unis (DEA) vient de déclarer : «Je crois que c'est le moment d'assumer que le président Hugo Chavez est le grand facilitateur du transport de cocaïne vers l'Europe et d'autres parties de l'hémisphère».
Hugo Chavez un narco-traficant ? Il fallait l'oser. J. Walker proposera-t-il de réserver à Hugo Chavez le sort de Noriéga au Panama? Il est vrai que Hugo Chavez comme ensuite Evo Moralès en Bolivie, et Corréa ont expulsé les agents américains anti-drogue, coupables selon eux d'espionnage. La lutte contre les guerillas révolutionnaires est l'objectif principal du plan colombien au prétexte de lutter contre le narco-trafic. En fait, c'est la possibilité pour les États- Unis de contrôler la région puisqu'ils ont demandé aux États voisins de la Colombie d'y adhérer. Le Vénézuéla et l'Équateur refusent cette «coopération». Alors que le président Pestranas avait ouvert un processus de paix avec les FARC leur octroyant une zone démilitarisée, brusquement le 21 septembre 1999, il signe avec le président américain B. Clinton un «plan pour la paix, la prospérité et le renforcement de l'État», connu sous le nom de planColombie, de 7,5 milliards de dollars dont 1,6 versé par les États-Unis pour trois ans, aide américaine ensuite reconduite.
Depuis 2000, les États-Unis ont versé six milliards de dollars. L'essentiel de cette aide est allée à la police colombienne, et aux compagnies américaines de mercenaires qui effectuent ensemble l'épandage d'herbicide sur les champs de coca ainsi qu'à l'armée et aux paramilitaires. Des millions de litres d'herbicide ont été déversés, un herbicide fortement concentré fourni par Monsanto, la même société qui fournissait les produits d'exfoliation au Vietnam avec l'agent orange. Cette pratique est néfaste pour l'environnement en Amazonie et pour la santé des habitants Le gouvernement colombien et les États- Unis mènent une véritable guerre chimique contre les paysans colombiens et contre les FARC. Début 2007, G.W. Bush demandait au congrès l'attribution d'une rallonge de quatre milliards d'aide à la Colombie. On comprend ainsi l'entêtement et la fermeté d'A. Uribe, le «pion américain » hostile à tout processus de paix. On est loin des discours sur l'accord humanitaire.
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