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Lundi 31 mars 2008

Liberté 62 n°802


L'hebdomadaire communiste du Pas-de-Calais
Edition du 28 mars
au 3 avril 2008

 

par Liberté 62 publié dans : Une
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Lundi 31 mars 2008

De Nicolas XIV à Nicolas XVI



Par Daniel Dewalle



DANS le monde de Nicolas XIV, la vie est belle et les milliardaires vont bien. Merci pour eux ! Dans le monde réel, depuis le 15 mars, menaces d'expulsion, coupures d'eau, de gaz ou d'électricité pleuvent à nouveau. La machine à broyer les êtres humains fonctionne à plein pour le bonheur des actionnaires et pour la «liberté du commerce» selon les termes mêmes du commissaire du gouvernement lors du dernier passage au Tribunal administratif de plusieurs maires communistes du Pas-de-Calais.

C'était la première fois que le commissaire du gouvernement parlait, à propos des coupures d'électricité de «liberté du commerce » (... la célèbre concurrence libre et non faussée !). Les années antérieures, il nous avait dit : «Monsieur le Maire, en équité vous avez raison, en droit vous avez tort». Monsieur le commissaire restait humain. Maintenant, sous Nicolas XIV, il n'a plus d'état d'âme : il ne fait que respecter la «liberté du commerce» ! Les histoires et les drames humains que cela engendre ne comptent pas.

C'est bien sûr dans la logique de la Constitution européenne de 2005 rejetée par les électeurs mais devenue par un tour de passe-passe le traité européen de 2008 voté par les seuls députés et sénateurs, traité qui aurait pu être bloqué si députés et sénateurs socialistes ne s'étaient pas éliminés du débat en se répartissant entre pour, contre et abstention. Empêcher une expulsion, une coupure, c'est faire entrave à la concurrence et au commerce.

Et les êtres humains , Monsieur le Commissaire du gouvernement ?

Qui vous parle d'êtres humains, Monsieur le Maire, je vous parle de liberté de commerce !

Liberté du commerce au nom duquel on licencie, on expulse, on baisse les salaires, on coupe l'eau, on augmente le temps de travail, on franchise la santé... etc...

Décidément, vous ne comprenez rien !

C'est vrai, nous ne comprenons rien... et nous en sommes fiers. Ne cherchons pas à comprendre ce monde que le profit pourrit de plus en plus, changeons-le ! Nicolas XIV, la Montespan ou la Fontanges surfaient sur le fait du prince et la liberté des milliardaires... Les élections municipales et cantonales leur ont donné un deuxième avertissement après les grèves de l'automne dernier. Mais il reste beaucoup à faire et beaucoup de combats à mener pour faire tomber Nicolas XVI, Marie-Antoinette et leurs chouhans du libéralisme. Ils ont reconstruit la Bastille, plus dangereuse et cruelle que celle de 1789. Il va falloir à nouveau la détruire ! Ah ! ça ira, ça ira, ça ira !

par Liberté 62 publié dans : Edito
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Lundi 31 mars 2008

Social

Energy Plast - La bataille juridique se poursuit au tribunal de Béthune

"CELA commence à être long, très long", é c r i v i o n s - nous récemment. En effet, après le 12 octobre 2007, la nouvelle audience du conseil des prud’hommes de Lens, qui s’est tenue, mardi 11 mars, n’a rien donné, exceptée la confirmation des propos de l’avocat des salariés sur la tromperie de la cession de Samsonite à HB Group. Patience, donc, pour les salariés d’Energy-Plast (ex-Samsonite) d’Hénin-Beaumont, venus en nombre, devant cette juridiction de proximité. Leurs accusations portées à l’encontre de leur ancien employeur restent intactes, c’est la société Samsonite qui est responsable de la liquidation totale de l’entreprise...

Social


La mobilisation dans la grande distribution ne laisse personne indifférent

Dans ce monde, où l'on veut tout, tout de suite, service et accueil compris en trois minutes chronos, nous avons des revendications à défendre quant à notre avenir et la perception de notre rôle tant du point de vue de la direction que de la clientèle. Les passages en caisse dépendent de plusieurs choses mais le stress imposé par la direction ne se calcule pas dans l’horaire de travail”, Sylviane D. hôtesse de caisse” au supermarché Carrefour de Berck était dans l’action, samedi dernier, à la veille d’un week-end qui n’en était pas un pour elle puisque le lundi de pâques était travaillé sur un volontariat bizarroïde”...


Social


Arjo-Wiggins - Après dix jours de grève, des avancées conséquentes pour les salariés


À l'appel de la CGT, de la CFTC et de FO, des débrayages de deux heures pour les factionnaires et d'une heure en fin de poste pour les salariés de jour sur une longue durée, 10 jours, ont permis des avancées certaines. Lundi 17 mars, la production a été bloquée toute la journée. La CFDT a rejoint le mouvement le vendredi 14 mars puis l’intersyndicale. La mobilisation a été massivement suivie avec des taux de participation frôlant les 80 %...


Social



L’Énergie au service de l’homme,

pas de la finance ! - Entretien avec Henri Tobo, syndicaliste à EDF-GDF

 

POUR Henri Tobo, syndicaliste CGT d’EDFGDF, la cession au privé et à une société australienne est une totale aberration. Cela fait longtemps que je suis concerné par ce dossier et mis en garde la société Gazonor devant une telle attitude. Loin de toutes les surenchères, la propriété publique doit toujours être une garantie ainsi qu’une mission de service public. Est-il trop tard ? Non...


Politique


Solidarité avec les salariés de Dacia-Renault


13.000 salariés de l'usine Dacia de Pitesti, en Roumanie, font actuellement grève. Ils demandent une augmentation de salaire de 550 lei (soit 147 €) alors que leur salaire moyen brut est de 1064 lei (285 €). Donner satisfaction à ces travailleurs, ne coûterait que 2 millions d’euros à Dacia, alors que cette filiale du groupe Renault, a engrangé plus de 300 millions € de bénéfices ces deux dernières années. Les ventes de son produit phare la Logan ont progressé en un an de 253 %. Le choix est simple...

 

 







par Liberté 62 publié dans : Sommaire
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Lundi 31 mars 2008

HÉNIN-BEAUMONT - ENERGY PLAST (EX SAMSONITE)

La bataille juridique se poursuit au tribunal de Béthune

Par P.P.


La plaidoirie de Me Rilov convaincra-t-elle le tribunal de Béthune ? Réponse le 24 juin prochain. (Photo Liberté 62)



"CELA commence à être long, très long", é c r i v i o n s - nous récemment. En effet, après le 12 octobre 2007, la nouvelle audience du conseil des prud’hommes de Lens, qui s’est tenue, mardi 11 mars, n’a rien donné, exceptée la confirmation des propos de l’avocat des salariés sur la tromperie de la cession de Samsonite à HB Group. Patience, donc, pour les salariés d’Energy-Plast (ex-Samsonite) d’Hénin-Beaumont, venus en nombre, devant cette juridiction de proximité. Leurs accusations portées à l’encontre de leur ancien employeur restent intactes, c’est la société Samsonite qui est responsable de la liquidation totale de l’entreprise.

Mardi 25 mars, c'est au TGI de Béthune que les salariés ont plaidé leur juste cause. Solidaires entre eux, les salariés le sont mais leur perception de la justice n'a pas varié, il va falloir s'armer encore de patience puisque le Tribunal de grande instance de Béthune a mis l'affaire en délibéré au 24 juin, soit plus d'un an après la liquidation de leur entreprise en février 2007. 187 salariés sont concernés. Les conséquences judiciaires des salariés d’Energy Plast (ex- Samsonite), des salariés, floués et bafoués par leur ancienne direction, vont peser pour la suite des événements.


On connaît l’âpreté de la lutte des travailleurs de la filiale de cette multinationale américaine dont les publicités des produits sont une perpétuelle provocation envers toutes celles et tous ceux qui les fabriquent. Maître Rilov, résume, si l’on peut dire, cette affaire ainsi “mettre fin à toute une stratégie de licenciement et d’externalisation du personnel, c’est un argument solide. Le 15 février, le tribunal de commerce de Paris prononçait la liquidation judiciaire après la cessation de paiement, ce qui signifiait la fin de l'entreprise installée depuis 1984 dans le paysage industriel d’Hénin- Beaumont”.


Manipulations financières


Reprendre une usine qui “tourne” à pertes est pour le moins paradoxal et la CGT en épluchant le rapport d’expertises découvre tous les dessous d’une affaire financière qui n’est, ni plus, ni moins, qu’une manipulation managériale entre le bagagiste Samsonite et ces repreneurs. Savoir-faire ! Aujourd’hui, l’usine est liquidée. Il n’est pas possible pour le personnel de se faire ainsi extorquer son savoir-faire et son intelligence. Cette démarche fut effective, également, au siège social européen du bagagiste européen à Oudenaarde, en Belgique. Tout le dossier financier examiné par un cabinet d’expertise montre bien des anomalies criantes. Anomalies qui ne peuvent que mobiliser les salariés d’Energy Plast. “Sauver le site ? C’était un site plus que viable. On se retrouve avec un PSE (plan de sauvegarde de l’emploi) qui va être financé à hauteur de 200.000 euros pour 200 salariés, alors que le 21 décembre 2006, Samsonite a annoncé qu'il reversait à ses actionnaires 175 millions de dollars. C'est intolérable. C’est scandaleux. Nous dénonçons aussi ce PSE, très insuffisant au regard des moyens du groupe” expliquent les salariés.

par Liberté 62 publié dans : Social
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Lundi 31 mars 2008

DANS UN MONDE, OÙ LE “TOUT/TOUT DE SUITE” DEVIENT INSUPPORTABLE


La mobilisation dans la grande distribution ne laisse personne indifférent


Par Pierre Pirierros

Dans ce monde, où l'on veut tout, tout de suite, service et accueil compris en trois minutes chronos, nous avons des revendications à défendre quant à notre avenir et la perception de notre rôle tant du point de vue de la direction que de la clientèle. Les passages en caisse dépendent de plusieurs choses mais le stress imposé par la direction ne se calcule pas dans l’horaire de travail”, Sylviane D. “hôtesse de caisse” au supermarché Carrefour de Berck était dans l’action, samedi dernier, à la veille d’un week-end qui n’en était pas un pour elle puisque le lundi de pâques était travaillé sur un “volontariat bizarroïde”.


LES 35 heures, la flexibilité, les amplitudes des longues journées de travail ont modifié le travail “habituel” des caissières. “Or, notre journée, dit-elle, est bousculée d’une semaine à une autre, pour un salaire qui ne dépasse pas les 1.050 euros, avec deux enfants en bas âge, vous faites vite le compte ; les relations lors des passages en caisse dépendent de tas d’aléas, l’humeur des clients nous la subissons à divers moments, c’est plus facile le matin qu’en fin de journée. Par contre, le samedi est un jour très difficile, car c’est la plus grosse journée de la semaine et des familles entières font leur course dans un brouhaha décousu et un mélange de mauvaise musique et d’odeurs diverses. Notre direction veut du chiffre.”


Pétition


Faire signer une pétition était possible à l’extérieur du magasin, par la CGT et la CFDT mais ce n’était pas le “moyen” le plus adapté pour faire comprendre à tout le monde l’ampleur des difficultés et des “servitudes” des employés de la grande distribution. Dans quelque temps, le code du travail va changer bien des aspects, ainsi le “licenciement économique” se retrouve dans la partie consacrée aux relations individuelles de travail, au risque de figer une jurisprudence contestée. On tend à valoriser le licenciement individuel, au détriment des dispositions sur l’appréciation par le juge du motif économique du licenciement ou sur le plan de sauvegarde de l’emploi. C’est une évolution conforme au discours patronal qui milite pour écarter le juge des affaires de l’entreprise. Et dans la grande distribution, le réglement intérieur, la convention collective, sont-ils compatibles avec le code du travail ?


La réponse est aussi dans les mobilisations du 1er février et du 28 mars, mobilisations qui sont un signe conséquent d’un ras-lebol généralisé. Autre sujet de grande préoccupation par les syndicalistes cégétistes, la discrimination entre hommes et femmes. La CGT et CFDT ont demandé la nomination d'un expert et ils souhaitent "du temps" pour aboutir à un éventuel accord de branche sur la GPEC (gestion prévisionnelle des emplois et des compétences). La lutte dans la grande distribution a fait évoluer les propositions salariales, celles-ci, sont encore bien en dessous des attentes et ne répondent pas aux besoins. Alors que les profits du CAC 40 ont progressé globalement de + de 15 % en 2006, de + de 58 % chez Carrefour, + de 30 % chez LVMH. L’exaspération de ne plus pouvoir vivre dignement de son travail avec un salaire décent atteint son paroxysme.


Syndiquez-vous !”


Syndiquez-vous !” La CGT Commerce, Distribution et la CGT du Pas-de-Calais lancent une grande campagne de sensibilisation pour les revendications fondamentales, campagne relayée dans tous les secteurs géographiques, de Boulogne-sur-Mer à Béthune et de Calais à Noyelles-Godault. Des adhésions ont, déjà, été réalisées et de nouveaux rendez-vous sont à signaler pour continuer le travail entrepris. À Hénin-Beaumont, l’aggrandissement de la zone commerciale (IKEA puis bientôt Lapeyre) est mis à profit par les syndicalistes pour rencontrer les personnels d’Auchan et des magasins de cette grande zone commerciale. La zone commerciale de Noyelles- Godault, l’une des plus importantes au nord de Paris, est un lieu incontournable du passage des militants cégétistes. Et la CGT du Pas-de-Calais, de souligner : “comment rendre la CGT plus forte ? Le secteur du commerce couvre 70 branches professionnelles et 110 conventions collectives. Le patronat de ce secteur cherche à liquider les garanties collectives, à l'exemple de la dénonciation de la convention collective des grands magasins. A ces revendications s'ajoutent celles d'un emploi stable, à temps plein, et d'un salaire convenable en rapport avec la qualification des travailleurs. Comment pointer, par exemple, la responsabilité des donneurs d'ordres qui ont recours à la sous-traitance, comme dans la prévention sécurité? Symbole de cette solidarité syndicale et interprofessionnelle, les motions de soutien aux personnels de Kiabi ainsi qu'à ceux des McDo.” Auchan est un groupe mondial avec, notamment, 120 magasins en France, cinq directions opérationnelles, une Banque, (la banque Accord), un secteur immobilier important avec Immochan.


Auchan, Ikéa… et 70 commerces


A chaque fois que l’on distribue un tract , dit la CGT du Pas-de- Calais, la direction répond aussitôt, coup pour coup. Et elle va discuter directement avec les personnes contactées par la CGT. Aussi, pour faire passer le message, il ne nous reste plus que le contact direct avec les salariés aux abords des magasins et ce dès les premières heures. À Auchan Noyelle-Godault, par exemple, il faut y être pratiquement, très tôt, tellement la flexibilité touche un grand nombre de secteurs et les personnels qui en dépendent.” Quant aux formations, une notion très importante dans la grande distribution, les commentaires critiques sur les contenus de ces formations ne manquent pas.


Une conquête de 68 !


C'est une évidence, il s’agit de stage bidons, dit un salarié ; pourtant je crois que ces fameux stages entrent dans le cadre d'un plan de formation et que toute formation doit se solder pour le salarié par une remise d'attestation de fin de stage. Si on relève le nombre de stages imposés par Auchan à ses salariés, on peut conclure que les employés du groupe sont qualifiés.” Un salarié syndiqué “isolé” doit pouvoir recevoir et diffuser les informations syndicales sur les lieux de travail ; c’est une conquête de mai 68. Cela concerne, aussi, tous les personnels de la Grande distribution et du commerce.


40 000 emplois vont disparaître d’ici 2015


LES grandes surfaces en France risquent de perdre près de 40.000 emplois d'ici 2015, soit 6,3 % de leurs effectifs, ou au contraire d'en gagner 36.000, voire 86.000, selon une étude commandée par le patronat du secteur. Les effectifs passeraient de 636.000 actuellement à 596.000 en 2015. "Des transferts importants de parts de marchés" se feraient "vers le hard-discount".

Les "maxidiscomptes" verraient leurs effectifs progresser de 18.000 emplois, tandis que les grandes surfaces alimentaires traditionnelles (hypermarchés et supermarchés) en perdraient 50.000 et le commerce de gros 7.000. Par métiers, les caissières des grandes surfaces, touchées par la multiplication des nouvelles technologies (caisses automatiques notamment), passeraient de 121.000 en 2005 à 81.000 en 2015 et les employés commerciaux de 209.000 à 198.000.

Selon un scénario moyen, avec la fin du développement massif des points de vente sur le territoire, la grande distribution gagnerait 36.000 emplois. Le nombre de caissières dans les grandes surfaces traditionnelles serait cependant en régression de 6.000 emplois. Après la journée de grève du 1er février pour le pouvoir d'achat et les conditions de travail, les deux syndicats, sur leur faim, ont appelé à de nouvelles actions lors du week-end de Pâques.

par Liberté 62 publié dans : Social
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Lundi 31 mars 2008




ARJO-WIGGINS (WIZERNES)

Après dix jours de grève, des avancées conséquentes pour les salariés

Par Pierre Pirierros

 

À l'appel de la CGT, de la CFTC et de FO, des débrayages de deux heures pour les factionnaires et d'une heure en fin de poste pour les salariés de jour sur une longue durée, 10 jours, ont permis des avancées certaines. Lundi 17 mars, la production a été bloquée toute la journée. La CFDT a rejoint le mouvement le vendredi 14 mars puis l’intersyndicale. La mobilisation a été massivement suivie avec des taux de participation frôlant les 80 %.

 

LE 19 mars dernier à la suite d’une réunion “interminable” avec un seul cadre de la DRH du groupe, mais sans la direction ni la DRH locales, les négociations avec l’intersyndicale ont débouché sur plusieurs points :

 

1,25 % d’augmentation au 1er janvier 2008

 

1,25 % d’augmentation au 1er juillet prochain

 

prime de vacances passée à 115 heures et calculée sur les deux augmentations

 

Étalement du paiement des heures de grève (deux heures retenues par mois)

 

L’intersyndicale a signé cette négociation avec ces résultats positifs mais prévient-elle, “la bagarre ne s’arrête pas là ; la direction des ressources humaines du groupe représentée par M. Manteau a pris bonne note des revendications permanentes : 55 heures pour le personnel de jour, les jours de retour et l’accord sur le rythme de travail du groupe 6“. “Comme des milliers de salariés, dit l’intersyndicale, nous réclamons une revalorisation de nos salaires. La mobilisation intervient dans un contexte où le pouvoir d’achat est sérieusement altéré par les augmentations des prix et par des décisions fiscales à caractère antisocial. La direction a porté seule la responsabilité du déclenchement du conflit”.

Les revendications étaient balayées d’un revers par une direction qui prend toujours pour prétexte la mauvaise situation économique. Mais qui a placé les “Papiers couchés” dans cette mauvaise passe ? La direction par son entêtement a fait perdre des sommes importantes à Arjo Wiggins. Sa désinvolture manifestée au comité central d’entreprise du 14 mars dernier avait pour seul but de faire oublier aux salariés les conséquences financières et commerciales de l’entreprise.

 

 

 

 

 

 











Jacky Dequirez, délégué CGT d'Arjo Wiggins :

"Rien n’est fait pour  pérenniser le site de Wizernes !"

 

Pérenniser le site

 

Jacky Dequirez, secrétaire de l’Union locale CGT, délégué d’Arjo Wiggins, est catégorique “rien n’est fait pour pérenniser le site, dit la CGT, les conditions de travail se dégradent. La plus grande des vigilances s’impose à tous les niveaux. Cette vigilance fait partie de l’action syndicale pour l’amélioration des salaires, des conditions de travail et surtout la mobilisation contre toute restructuration nuisible à l’emploi. Spécialisée dans le papier de qualité et le papier haut de gamme, l’entité Arjo Wiggins de Wizernes fait partie de la branche dite “papier couché”, avec une longue histoire dans cette vallée de l’Aa. Il y a peu, 52 embauches étaient programmées et devaient s’ajouter aux 470 personnes, avec les départs en retraite et autres départs déguisés, l’effectif est, aujourd’hui, de 368. On est loin du compte promis par la direction.” Le “monde du papier” connaît des mutations profondes et, à chacune d’entre elles, ce sont les salariés qui trinquent avec des suppressions de postes, des licenciements à la clé. Cela ne peut plus continuer.

 

Opposer les salariés entre eux

 

Opposer les salariés entre eux, les catégories professionnelles entre elles, voilà ce que sait (et veut) faire la direction d’Arjo Wiggins. On le sait, l’entreprise poursuit son implantation en Chine et achète au Danemark, une usine de fabrication de Papier recyclé. Les syndicalistes de la CGT entendent démonter les arguments de la direction et préviennent les salariés des mauvais coups qui les attendent. “La nouvelle attirance d’Arjo Wiggins, disent-ils, est le Papier Vert, une usine de désencrage est à l’étude, l’usine du Pas-de-Calais, à Wizernes, fait partie des candidats potentiels. Or, sur ce point précis, la direction annonce, déjà, qu’il n’y aura pas d’embauche ! Aujourd’hui, avec la pré-étude d’installation d’une station de désencrage, la direction met en avant une spirale de promesses pour diviser encore plus les salariés. Nous espérons que les aides publiques ne seront plus données les yeux fermés car les emplois promis ne sont pas au rendezvous.” C’est tout le contraire qui se produit : ni recherches, ni développement, ni innovation, ni création, ni embauches. Les partisans du déclin de la filière papetière n’auront jamais l’approbation des salariés et des syndicalistes ; ils ne bénéficieront jamais de leur passivité.

 

Chez Arjo Wiggins en Belgique, un climat délétère

 

Chez Arjo Wiggins Belgium, même discours et même état d’incompréhension en rapport avec les décisions prises par la direction. Le site de Nivelles est condamné à disparaître cette année ; les machines ont, déjà, été en partie installées à Virginal un autre site, qui se trouve à plus de 20 kilomètres de Nivelles. On investit à Virginal un site avec un accès très difficile pour les camions, des machines et une usine très peu adaptée à ce changement : manque de place et vétusté des bâtiments. On fait miroiter au personnel des investissements durables. Alors que l’on place les bureaux dans des bâtiments préfabriqués qui sont loués, des châpiteaux qui font fonction d’atelier, cela ressemble plus à du provisoire...

Le site de Nivelles a une unité de production de micros capsules indispensables pour le papier autocopiant ; cette unité qui dessert Virginal et aussi Wizerne en capsules synthétiques. Le climat, en Belgique, n’est pas très favorable au personnel de Nivelles qui accumule le stress et le risque d’accidents. L’action des salariés du site de Wizernes a fait plier la direction, c’est un signe encourageant pour l’avenir.

 

 

Filpac-CGT : Démarche revendicative de la profession

 

LES délégués FILPAC CGT, forts de l’expérience de ces dernières années, et face aux attaques en cours, estiment que le fil conducteur de l’offensive repose sur l’objectif libéral suivant : patronat et gouvernement veulent extirper la protection sociale du salaire. Ils veulent que la santé, la vieillesse, le chômage soient des risques pris en charge par les seuls salariés au moyen de contrats d’assurance privée, suivant leur pouvoir d’achat. Ne resterait plus, à terme, qu’une couverture générale minimale. C’est pourquoi les délégués de la FILPAC CGT proposent à tous les salariés de construire une démarche revendicative commune, dans la perspective de bâtir la nécessaire mobilisation.

L’emploi doit être encadré par un contrat de travail à durée indéterminée qui doit être la règle dans toute la branche. La rémunération dans ce contrat doit être le salaire qui rémunère la qualification et qui évolue en fonction de la hausse réelle des prix. L’emploi doit bénéficier de nouvelles sécurités, qu’il s’agisse de la reconnaissance de la pénibilité pour certains postes, et du maintien du contrat de travail garanti à tous, quelles que soient les difficultés économiques invoquées ou les restructurations provoquées.

 

Les délégués FILPAC CGT, avec tous les salariés, se déclarent disponibles à défendre et promouvoir la solution papier, sous toutes ses formes, comme réponse globale aux impératifs de respect de l’environnement écologique et social. En cela, ils s’opposent aux méfaits de la mondialisation libérale, qui sacrifie, contre tout bon sens, des capacités de recherche, de développement et de production correspondant à ces critères sociaux et environnementaux.

par Liberté 62 publié dans : Social
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Lundi 31 mars 2008

 





LE GAZ DE MINE A UN BEL AVENIR DEVANT LUI

 

L’Énergie au service de l’homme,

pas de la finance !”

 

Entretien avec Henri Tobo, syndicaliste à EDF-GDF

 

Par Pierre Pirierros

 

POUR Henri Tobo, syndicaliste CGT d’EDFGDF, “la cession au privé et à une société australienne est une totale aberration. Cela fait longtemps que je suis concerné par ce dossier et mis en garde la société Gazonor devant une telle attitude. Loin de toutes les surenchères, la propriété publique doit toujours être une garantie ainsi qu’une mission de service public. Est-il trop tard ? Non, les électeurs qui ont placé, aux municipales et aux cantonales la gauche et le Parti communiste, en tête dans les communes minières, ont aussi leur mot à dire. Pourquoi les mineurs, les veuves, et leurs descendants se trouvent-ils dépossédés de la richesse du gaz de mine ? Les Charbonnages de France ont toujours essayé de diviser les anciens mineurs ; aujourd’hui, Méthamine est passé de CDF et à GDF à Gazonor, le relais de la privatisation est, malheureusement, en cours. C’est inadmissible. Dans une période où sont révélées les fractures profondes de la société française, l’heure est à plus et mieux de service public, à plus et mieux de droits sociaux et d’emplois stables. Cette politique va à l’encontre de l'intérêt général de la société, du bien-être des populations, des considérations de sécurité, d'environnement, de renouvellement des ressources et d'aménagement du territoire. La pompe à fric est en marche !”

 

 

 










Henri Tobo : "la vente du gaz de mine au privé est un scandale !"

(Photo Liberté 62).

 

 

EGL, ALBERT FRÈRES, SUEZ...

 

Alors ce gaz de mine que l’on qualifie de grisou lorsqu’il est au contact de l’air ? Eh ! Bien, il fait toujours parler de lui et plus que jamais. Depuis 1990 et la constitution d’un GIE (groupement d’intérêt économique) a un bel avenir devant lui. L’étanchéité des galeries constitue un phénomène de vases communiquants, sur toute la zone minière - d’un bout à l’autre du bassin minier du Nord/Pas-de-Calais et cela donne des chiffres impressionnants ; en effet, rien que pour la “prise d’Avion”, il y eut depuis 1990, quelques 6,6 milliards de KW/Heure, c’est dire ! Il y a deux autres prises, une à Divion (Fosse 5) et une autre à Lourches, dans le Denaisis. Voilà ! Et Henri Tobo, en syndicaliste averti de mettre en garde les pouvoirs publics et les maires des communes minières devant la gabegie que constitue la cession de ce gaz de mine au privé, à la société australienne EGL, en fait, aux mains d’Albert Frères, filiale de Suez et Suez est sur les rangs pour organiser la fusion avec Gaz de France. La boucle est bouclée... “En 1990, explique le syndicaliste, CDF avec le GIE, crée Méthamine à Avion, puis en 1991, c’est l’entité Gazonor (filiale de CDF) qui a pignon sur rue (siège Fosse 2 à Billy-Montigny) pour la distribution de combustibles gazeux. Des spécialistes de divers horizons viennent sur place constater cette prouesse technique, Gaz de France assure la maîtrise technique. Ce GIE avait une durée de douze ans, jusqu’en 2002 ! Mais on pompait, on pompait et la pression ne baissait pas et ne baisse pas, alors pourquoi “Charbonnages de France” n’ontils pas prolongé la pérennité d’un tel GIE ? C’était une première alerte. Avec un sous-sol communiquant, d’Estrée-Blanche à la frontière belge, c’est une ressource importante à l’heure d’une énergie bio, d’un label exonéré de taxes. Les inquiétudes quant à la privatisation rebondissent à partir de la fin de Charbonnages de France, au 31 décembre 2007, mais comme par hasard, Gaz de France quitte le GIE en mars 2007. Pourquoi ? Tout simplement pour préparer la cession de Gazonor à l’australien European gas limited, à la date du 28 décembre 2007... La population du Nord/Pas-de- Calais mérite bien un retour sur cette richesse ! Un fait à ne pas occulter est la durée de la concession de Gazonor à EGL, 17 ans, c’est-à-dire jusqu’en 2025.”

 

 

Maîtrise publique du gaz de mine !

 

 

ALORS, l’exploitation du gaz de mine rapportera à EGL annuellement entre deux et trois millions d’euros. Signe évident d’une concession rentable, la possibilité d’extraction faite par des scientifiques d’une durée longue jusqu’en 2030 ! Et c’est un gaz de récupération, autrement dit, il s’inscrit dans le marché convoité des bio-gaz. Quant au forage de Divion, il n’est plus opérationnel. Pourquoi cette concession au privé ? Pourquoi Gaz de France, opérateur historique de Gazonor et les pouvoirs publics ont-ils démissionné ? EGL rafle la mise pour 26 millions d’euros, un plat de lentilles, en d’autres termes ; pourquoi les Communes minières et leur président Jean- Pierre Kucheida n’ont-ils pas été plus offensifs ? Le sous-sol est la propriété de la nation. Avec le retour de cette richesse, il eut été possible de subvenir aux retraites, au logement minier, aux fissures, aux affaissements miniers. La fédération CGT Mines-Énergie est solidaire des personnels de l’entreprise SAV Mazingarbe, laquelle entreprise s’approvisionnait auparavant à la Cokerie de Drocourt, puis à la fermeture de celle-ci, auprés de Gazonor.

 

Inquiétudes à SAV Mazingarbe

 

La prise de Divion (par des canalisations sur 21 kilomètres) alimentait jusqu’en juillet dernier l’entreprise SAV à Mazingarbe. Aujourd’hui, les délégués de la CGT, Pascal Bavay et Patrick Le Moignic, sont plus qu’inquiets pour l’emploi à la Société artésienne de Vynil, “la fermeture du forage de Divion peut avoir des répercussions sur l’emploi. La ressource du gaz de mine est pourtant considérable. Son gisement pèse des dizaines de millions d’euros pour le forage de Divion ouvert dans le milieu des années 1980. Gazonor ferme le robinet en juillet 2007. Gazonor a programmé l'azotage du gazoduc (remplacer le gaz de mine par un gaz inerte) le 11 février dernier. C'est un signe qui ne trompe pas. Nous craignons le démontage des compresseurs”.

 

Maîtrise publique

 

La maîtrise du gaz de mine est posée. Pourquoi les pouvoirs publics n’ont-ils jamais pris ce problème sur le fond ? Borloo a esquissé quelques réponses mais finalement, ça reste du pipeau au niveau de l’écologie et du développement durable. La fusion GDFFusion n’est pas étrangère à tout cet imbroglio. “Depuis le 28 décembre, commentent les délégués CGT de SAV, la cession de l’ancienne filiale de Charbonnage de France, Gazonor appartient à EGL un consortium australien. Ce groupe est devenu propriétaire des puits d’exploitation d’Avion, Divion et Lourches dans le Nord. Son objectif est de transformer ce gaz de mine en énergie électrique pour la vendre ensuite à EDF en faisant au passage une plus value importante. Notre activité de production PVC sur la plate forme chimique de Mazingarbe, fait que nous utilisons ce gaz de mine pour le fonctionnement de nos chaudières. En janvier 2006, Gazonor revoyait le contrat et ses exigences tarifaires de manière conséquente. Cette augmentation fut contestée par la direction de la SAV, des contres propositions ont été faites par la SAV à Gazonor. Comme aucun terrain d’entente ne fut trouvé, Gazonor décidait au 1er juillet 2007 de stopper la livraison en gaz de mine.” “Le gaz de mine, observe Henri Tobo, et son exploitation représentent un scandale économique de plus ; de notre côté, avec la population et les salariés concernés nous menons la bataille pour que cette richesse énergétique revienne à la nation. Il ne s’agit aucunement d’un baroud d’honneur. C’est une bataille d’intérêt général. Pour l’avenir et aller de l’avant”.

par Liberté 62 publié dans : Social
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Lundi 31 mars 2008




NON AU DUMPING SALARIAL

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