Mardi 29 mai 2007
Liberté 62 n°758
L'hebdomadaire communiste du Pas-de-Calais
Edition du 25 au 31 mai 2007
L'hebdomadaire communiste du Pas-de-Calais
Edition du 25 au 31 mai 2007
AU lendemain de la nomination de l'équipe Fillon, ne vaudrait-il pas mieux parler du gouvernement de Sarkozy ? Le locataire de Matignon fait plutôt figure d'adjoint du chef de l'état, qui devient le seul et unique chef de la majorité. Ne
nous y trompons pas. L'équipe ministérielle est appelée à fonctionner comme une garde rapprochée autour du chef de l'État. C'est un dispositif de
combat. Les grands moyens d'information nous présentent la composition du gouvernement comme un modèle d'«ouverture». Soyons
sérieux. Si quelques têtes nouvelles font leur apparition, tous les postes clés sont détenus par des fidèles du président, des acteurs de premier plan de sa
campagne et des poids lourds de la droite.
LE découpage électoral concocté à l'époque par Pasqua et Percheron révèle à chaque
élection législative les incohérences de cette opération. Parmi celles-ci notons la coupure en deux de la commune de Méricourt dont une partie se situe sur la
12ème et l'autre sur la 14ème circonscription. Il faut noter que ces deux circonscriptions ont un autre point commun, celui d'être deux territoires
populaires marqués à gauche.
D'une famille de travailleurs et de militants communistes, il fait de bonnes études au lycée Carnot et s'engage dans le mouvement
de la Jeunesse communiste. À l'été 1940, il participe à sa reconstruction clandestine. Il est arrêté, le 13 octobre 1940, à la gare de l'Est pour distribution de tracts clandestins. Emprisonné à
la Santé, puis à Fresnes, il est, malgré son acquittement, maintenu en prison et envoyé en camp d'internement. C'est au camp de Châteaubriant où il arrive, le 15 mai 1941, qu'il sera fusillé
comme otage avec 26 de ses camarades, le 22 octobre 1941, à l'âge de 17 ans. La figure de Guy Môquet reste dans toutes nos mémoires, la station de métro à Paris qui porte son nom est un symbole
de ce combat et de toute une période de l’Histoire politique, philosophique, sociale, humaine. Aujourd'hui, alors que le président de la République prend la décision de faire lire, dans tous les
lycées du pays, la lettre de Guy Môquet à ses parents , dans une captation d'héritage délibérée, l'hommage de la Nation à ce jeune résistant communiste est, lui, à saluer.
Liberté 62 n°757 - Le 18 Mai 2007 – Edito
VOTER EN CONNAISSANCE
DE CAUSE !
Par Michel Ansart
LA victoire de Nicolas Sarkozy à l'élection présidentielle
démontre que la droite a gagné pour l'instant le combat idéologique. Une victoire acquise face à l'invisibilité d'un projet alternatif non capitaliste de la
part de la candidate socialiste. L'audience des communistes dans le monde du travail, la faiblesse des scores obtenus chez les ouvriers et les employés
interpellent à ce titre fortement le PCF. Il ne faut donc pas gâcher la seconde chance qui s'offre à l'occasion des élections législatives même si le combat sera rude. L'UMP a déjà donné le ton
sur le thème : «Donnons une majorité au président» avec en préparation un pacte présidentiel pour les législatives susceptibles de ratisser au centre et même
sur une frange de la socialdémocratie comme l'atteste l'ouverture du gouvernement à des personnalités du PS. François Bayrou veut limiter les dégâts avec son nouveau «Mouvement démocrate»,
espérant retrouver les électeurs véritablement centristes. Le Front national veut laver l'affront du 22 avril en adressant un message à ses électeurs qui ont voté Sarkozy dès le premier tour de
la présidentielle. Au lendemain de la défaite de Ségolène Royal, les socialistes affichent leur volonté de faire taire leurs divisions pour tenter de limiter une probable nouvelle défaite.
La politique faite dans l’éducation nationale avec les restrictions budgétaires massives en est l’exemple. L’apprentissage “junior” dès 14 ans, la précarisation de l’emploi, tout un contexte préoccupant pour la réussite de tous les jeunes. Plus
de 600 postes vont être supprimés à la rentrée prochaine dans l’Académie de Lille. Aucune zone géographique n’est épargnée. Sous couvert d’«individualisation des parcours», c’est une école à plusieurs vitesses qui est organisée. Pour certains élèves, la découverte professionnelle
et un entretien individuel d’orientation dès la quatrième visent à préparer des sorties précoces du système scolaire. Pour d’autres, seront réservés la
possibilité de déroger à la carte scolaire ou le développement des bourses au mérite. Ces mesures vont à l’encontre d’une
politique de mixité sociale. Elles illustrent le tri social organisé par la loi Fillon. Comment penser faire mieux réussir tous les élèves dans des zones en
difficulté en réduisant les exigences à un socle appauvri, sans proposer de mesures visant à favoriser les apprentissages
pendant le temps scolaire ?
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