
L'hebdomadaire communiste du Pas-de-Calais
Edition du 23 au 29 mai 2008

L'hebdomadaire communiste du Pas-de-Calais
Edition du 23 au 29 mai 2008
Le capitaine coule... et le navire ?
Par Jean-Michel Humez
LA chute de popularité du chef de l'État, accompagnée cette fois de celle de son premier ministre, se confirme. Il n'y a pas de doute, le capitaine coule. Mais qu'en est-il du système incarné par Sarkozy intervenant par tous les bouts pour remodeler radicalement la société française pour satisfaire le capitalisme dans sa forme mondialisé.
Une chose est sûre, les réformes régressives s'enchaînent directement inspirées du MEDEF qui impulse «l'hégémonie de ce libéralisme violemment pro-capitaliste qui exalte l'argent, la réussite, les hiérarchies de la fortune» dont parlait le philosophe André Tosel dans un récent article de l'Humanité. Jusqu'à présent, cette marche forcée n'avait pas été sans effet sur les Français fascinés par l'hyper activisme du président. Depuis quelques temps, les choses semblent s'infléchir et les luttes se multiplient. Les mouvements des 15 et 22 mai ont démontré une avancée de la contestation populaire, mais force est de constater que les luttes ont du mal à s'agréger. La cohérence globale de la politique gouvernementale est mal perçue. Sans doute le capitaine coule-t-il, mais le navire va-t-il faire autant ?
Certes, nombreux sont ceux qui ne veulent pas que le quinquennat continue comme il a commencé mais le pays hésite à solder définitivement un avis sur Nicolas Sarkozy du fait d'absence de perspective alternative à gauche. Le risque d'une bipolarisation qui se concentre sur une bataille d'alternance entre deux partis et marginalise les débats sur le contenu du changement demeure entier. Et ce risque vient encore de se renforcer à en juger par les tractations entre le PS et l'UMP pour négocier les termes d'un accord sur la réforme institutionnelle souhaitée par Nicolas Sarkozy. Le philosophe déjà cité, écrivait «Tôt ou tard, l'heure de vérité sonnera, quand le somnanbulisme social sera pour beaucoup un cauchemar dont il faudra s'éveiller». Gageons que ce réveil va dépendre pour beaucoup de la question cruciale d'un nouveau projet politique de changement. Devant une politique qui ne prépare pas l'avenir mais le met en danger, le PCF doit cesser de se fourvoyer avec une gauche discréditée par la lutte des places et ses compromis avec le sociallibéralisme. Le rôle urgent du PCF est d'unir la nation contre ceux qui veulent la diviser pour mieux la déchirer.
Politique
Mobilisation devant la CAF d'Arras pour la défense
des allocations familiales
A l'initiative des élus communistes, une soixantaine de personnes se sont rassemblées, vendredi après-midi, devant la CAF d’Arras pour dénoncer le «hold-up» de près de 140 millions d’euros sur les familles que constitue la mise en oeuvre par le gouvernement du décret de majoration unique des allocations familiales.LES allocations familiales étaient jusqu’ici majorées de 33,51 euros à partir de l’âge de 11 ans et de 59,57 euros à partir de l'âge de 16 ans. Mise en oeuvre par décret au 1er mai de cette année, une majoration unique de 59,57 euros à partir de l’âge de 14 ans remplace le système antérieur. En passant, selon les calculs de l’Union Nationale des Allocations Familiales (UNAF), le manque à gagner serait, en moyenne, de près de 600 euros par famille et le «pactole» récupéré par le gouvenement sur le dos des familles de près de 140 millions d'euros...
Social
Remettre à jour les quotas autorisés de cabillaud, l'exaspération des pêcheurs d'Étaples et de Boulogne-sur-Mer
LE cours du gazole flambe et les marinspêcheurs sont dans l’action pour défendre leur profession. La promesse du litre à 0,30 euro est toujours une promesse, il est actuellement à 0,71. Le ministre de l’Agriculture et de la Pêche Michel Barnier est le relais fidèle de Sarkozy qui a fait des avances démagogiques au Guilvinec. Il ne fera rien pour déplaire à Bruxelles. Aujourd’hui, tous les ports de pêche sont mobilisés. Les compensations tardent à arriver. La hausse du prix du pétrole ne s’explique pas simplement par une raréfaction des réserves pétrolières. Elle tient à de nombreux facteurs économiques mais aussi géopolitiques. La protestation des pêcheurs contre l'envolée des prix du gazole s'est amplifiée le 20 mai dernier avec le blocage de nouveaux dépôts de carburants. Bruxelles n'a donné son feu vert qu'à une partie seulement du plan d'aide à la profession...
Social
Face aux mauvais coups contre la Culture dans le Nord/Pas-de-Calais, la riposte s’organise
TENIIR compte de ce qui s’y passe et prendre parti. La réflexion entamée par les Intermittents du spectacle, depuis des années, dans le sillon de la création artistique, dans un monde qui est tout sauf un conte de fées, se poursuit. La DRAC Nord/Pas-de-Calais (Direction régionale des affaires vulturelles) applique les consignes de l’Élysée, diminuer, voire suspendre les subventions d’abord aux “plus petits” et puis ensuite... Les premières structures visées sont la Danse et la musique vivante actuelle, autrement dit, les compagnies “Danse à Lille”, la compagnie “Illico” dans la métropole lilloise. Dans le Pas-de-Calais, c’est l’historique Abattoir de Lillers qui est touché de plein fouet. Depuis très longtemps, la musique et la création sont indivisibles...
Mobilisation devant la CAF d'Arras pour la défense
des allocations familiales
A l'initiative des élus communistes, une soixantaine de personnes se sont rassemblées, vendredi après-midi, devant la CAF d’Arras pour dénoncer le «hold-up» de près de 140 millions d’euros sur les familles que constitue la mise en oeuvre par le gouvernement du décret de majoration unique des allocations familiales.
Par Jérôme Skalski

LES allocations familiales étaient jusqu’ici majorées de 33,51 euros à partir de l’âge de 11 ans et de 59,57 euros à partir de l'âge de 16 ans. Mise en oeuvre par décret au 1er mai de cette année, une majoration unique de 59,57 euros à partir de l’âge de 14 ans remplace le système antérieur.
En passant, selon les calculs de l’Union Nationale des Allocations Familiales (UNAF), le manque à gagner serait, en moyenne, de près de 600 euros par famille et le «pactole» récupéré par le gouvenement sur le dos des familles de près de 140 millions d'euros.
Un véritable «hold-up» du gouvernement sur les poches des familles
Pour contrecarrer ce «hold-up» du gouvernement sur les poches des familles, les élus et les militants communistes entendent mobiliser la population. Dans cette perspective, plus de 60 personnes – élus, militants communistes et mères de familles – se sont rassemblées vendredi 16 mai après-midi devant les locaux de la CAF d'Arras et ont envoyé une délégation d'une douzaine de personnes à la rencontre de son directeur.
Une perte de près de 600 euros alors que les familles subissent déjà de grosses difficultés pour gérer leur budget
Présentant le sens de la démarche des élus et des militants communistes ainsi que des mères de familles venus d'Arras, de Barlin, de Lens, de Divion, d'Avion, de Douai et de Rouvroy auprès de l'administration de la CAF d'Arras, Dominique Watrin, conseiller général communiste du Pas-de-Calais, a fait le point sur la situation.
«Nous sommes révoltés par ce décret, a-t-il expliqué. Le système antérieur de deux majorations, à 11 et 16 ans, correspondait à des étapes importantes de la vie des familles. La mise en place de la majoration unique, pour nous, n'est justifiée par rien. En plus, elle se ramène à une perte de près de 600 euros alors que les familles subissent déjà de grosses difficultés pour gérer leur budget.»
Une régression qui s'ajoute à d'autres régressions
«Cette régression a-t-il précisé, s'ajoute à d'autres régressions. Depuis 25 ans, la valeur des allocations familliales a diminué de 24 %. L'argumentation du gouvernement selon laquelle les économie faites sur la majoration permettra de financer l'accueil de la petite enfance nous semble dérisoire alors qu'on estime à 600 000 millions d'euros la diminution des crédits aux communes qui construisent des crêches.» Poursuivant, les élus communistes ont, en outre, abordé les questions de la départementalisation des CAF, de l'Allocation Rentrée Scolaire et de la révision du montant des APL suite à une baisse du revenu des familles.
«Dura lex, sed lex...»
Tout en confirmant les informations portées par la délégation conduite par les élus communistes sur la majoration unique, le directeur de la CAF d'Arras a expliqué, qu'il était chargé, en tant que gestionnaire, d'appliquer la réglementation mise en place par la loi et le gouvernement et qu'il n'avait pas le pouvoir ni de la changer ni de la juger. «Dura lex sed lex a-t-il déclaré. Ceux qui peuvent changer les règles et les lois que nous sommes chargés d'appliquer, ce sont les députés et les sénateurs ou bien encore le gouvernement.»
Il s'est cependant engagé à mettre à l'ordre du jour du prochain conseil d'administration de la CAF – organe politique de l'administration – les revendications portées afin d'alerter le gouvernement et de relayer le mécontententement des familles exprimé par les élus et les militants communistes.
L’ACTION DE TOUTE UNE PROFESSION
Remettre à jour les quotas autorisés de cabillaud, l'exaspération des pêcheurs d'Étaples et de Boulogne-sur-Mer
LE cours du gazole flambe et les marinspêcheurs sont dans l’action pour défendre leur profession. La promesse du litre à 0,30 euro est toujours une promesse, il est actuellement à 0,71. Le ministre de l’Agriculture et de la Pêche Michel Barnier est le relais fidèle de Sarkozy qui a fait des avances démagogiques au Guilvinec. Il ne fera rien pour déplaire à Bruxelles. Aujourd’hui, tous les ports de pêche sont mobilisés. Les compensations tardent à arriver. La hausse du prix du pétrole ne s’explique pas simplement par une raréfaction des réserves pétrolières. Elle tient à de nombreux facteurs économiques mais aussi géopolitiques. La protestation des pêcheurs contre l'envolée des prix du gazole s'est amplifiée le 20 mai dernier avec le blocage de nouveaux dépôts de carburants. Bruxelles n'a donné son feu vert qu'à une partie seulement du plan d'aide à la profession. Une réunion entre les pêcheurs et le ministre de la Pêche sur le plan d'aide gouvernemental s’est déroulée dans un climat tendu. Les vraies réponses tardent à venir. À Boulogne-sur-Mer, le port a été bloqué, mardi dernier, la revendication fondamentale recouvre les quotas de cabillaud. Des actions concertées avec les pêcheurs de Calais et de Dunkerque ont eu lieu cette semaine. Mardi, les trois ports ont été bloqués. Les fileyeurs boulonnais sont plus concernés par les quotas que par le problème du gazole ; les Etaplois, eux, sont plus concernés par le gazole... Toute la corporation crie son exaspération. Le secteur de la pêche va mal, très mal, et ce depuis trop longtemps pour qu’il soit réglé aussi rapidement. Toute la filière pêche doit être remise en cause, les pêcheurs doivent penser à leur avenir sur du long terme. C’est le sens de leur action.
Restructurations profondes
La lutte des pêcheurs boulonnais s’inscrit dans un contexte de restructurations profondes des taux de captures autorisées mais elle pose aussi d’autres problèmes comme la pérennité de toute une profession. “Sarkozy laissez-nous pêcher” et “Sarko, laisses-nous nos cabillauds”, tels sont les slogans apposés sur une large banderole visible sur le mur des Affaires maritimes et sur les bateaux. Ce qui se passe actuellement dans le premier port de pêche de France (40 491 tonnes, en 2007 à Boulogne-sur-Mer et 9 000 tonnes de poisson congelé) est la suite logique de la défense d’une corporation. Pour les syndicalistes, “la défense des marins-pêcheurs est à opposer aux diverses directives de l’Union européenne qui - sous couvert de la défense des fonds marins - mettent en place des quotas de captures".
Ce sujet épineux divise pêcheurs et défenseurs de l'environnement sur l'état des ressources halieutiques. Autrefois, ce fut la même chose avec le hareng et maintenant les pêcheurs boulonnais n’ont plus le droit de le pêcher. Ce sont d'autres pêcheurs, d'autres pays qui s'en chargent. Et les pêcheurs boulonnais d’attendre de leur ministère de véritables réponses, réponses qui ne doivent pas être “masquées” par la crise pétrolière récurrente. Les fileyeurs contestent les études scientifiques, dont celles de l'Ifremer (Institut français de recherche pour l'exploitation de la mer), selon lesquelles le cabillaud, également appelé morue, s'est considérablement raréfié, même si de récentes études ont montré des signes de reconstitution par endroits, comme en mer du Nord. Le quota 2008 pour le nord de la France - 230 tonnes de cabillaud pour 200 bateaux - a été atteint dans les trois premiers mois de l'année. Pour les pêcheurs boulonnais et les syndicalistes de la CFDT, “il faudrait un contingent de 20 tonnes par bateau pour travailler toute l'année”. En décembre 2007, les ministres européens et la Commission de Bruxelles s'étaient mis d'accord pour réduire de 9 à 18% les quotas de pêche de cabillaud dans les eaux européennes en 2008, “en raison de la baisse inquiétante des réserves de cette espèce en mer”. De nouvelles réunions sur ce dossier sont prévues en juin prochain à Bruxelles. Rejeter le cabillaud pêché est un véritable crévecoeur pour les marins.
De la pêche à l’étal du poissonnier...
Tout doit être révisé, le prix du poisson au départ du navire jusqu’à l’étal du poissonnier. Combien les consommateurs sont-ils encore prêts à dépenser pour continuer à consommer du poisson pêché par les pêcheurs boulonnais ? Et la CGT de souligner : “il faut de vraies réformes, une activité ne peut subsister que de subventions accordées lors des grognes sociales. Il faut des réformes durables et profondes si nous voulons maintenir l’activité. Des réformes qui remettront la sécurité des marins, les effectifs à bord des navires et l’état de la flotte de pêche au centre des débats”. “Le métier est difficile, soulignent les syndicalistes, avec des restrictions imposées par l’Union européenne ; or, il faut savoir qu’un pêcheur fait “vivre” directement quatre à cinq personnes, c’est un avenir bien sombre qui s’annonce pour les villes portuaires et principalement pour Boulogne-sur- Mer”. “Nous avons toujours vécu du poisson, commentent les pêcheurs, à ce jour, nous avons atteint notre quota. Qu’allonsnous faire pour nous, notre métier, nos familles ?” Le gouvernement se retranche derrière de vieilles palinodies et l’Union européenne n’est pas prête de réviser les quotas de pêche. À Étaples comme à Boulogne-sur-Mer, la colère et la défense de la profession sont désormais synonymes !
LE PCF : “La pêche européenne a besoin d'une harmonisation sociale par le haut”
LES pêcheurs sont en colère face à la hausse continue des carburants. Et ils ont raison de l'être. Atrès court terme, toute la filière française est menacée de disparition. Le prix du pétrole n'en finit pas de monter et cette hausse n'est pas prête de s'arrêter. Il est temps aujourd'hui de mettre en place une politique basée sur une autre logique, bien différente, et beaucoup plus ambitieuse, que celle qui consiste à équiper les bateaux de moteurs plus économes en gasoil comme le propose le gouvernement. La hausse vertigineuse du pétrole met à nu le véritable scandale : les pêcheurs sont d'abord victimes du dumping social qui les rend incapables de lutter contre les prix imposés par une concurrence internationale qui économise sur les salaires et les droits de ses salariés. Il est temps d'imposer au niveau européen, une traçabilité de toute la filière pêche en Europe incluant une clause d'harmonisation sociale par le haut. C'est la seule solution à long terme qui garantit un réel avenir à une filière pêche dans notre pays et une garantie de revenus pour les pêcheurs”.
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ABANDON, MORCEAU PAR MORCEAU, DES MISSIONS DE SERVICE PUBLIC
Face aux mauvais coups contre la Culture dans le Nord/Pas-de-Calais, la riposte s’organise
Par Pierre Pirierros
TENIIR compte de ce qui s’y passe et prendre parti. La réflexion entamée par les Intermittents du spectacle, depuis des années, dans le sillon de la création artistique, dans un monde qui est tout sauf un conte de fées, se poursuit. La DRAC Nord/Pas-de-Calais (Direction régionale des affaires vulturelles) applique les consignes de l’Élysée, diminuer, voire suspendre les subventions d’abord aux “plus petits” et puis ensuite... Les premières structures visées sont la Danse et la musique vivante actuelle, autrement dit, les compagnies “Danse à Lille”, la compagnie “Illico” dans la métropole lilloise. Dans le Pas-de-Calais, c’est l’historique Abattoir de Lillers qui est touché de plein fouet. Depuis très longtemps, la musique et la création sont indivisibles.
La suggestion de l’espace musical autorise l’exercice de l’imaginaire. C’est une voie très intéressante, l’intervention de l’homme est déterminante. Avec l’expérience du terrain, la liberté d’action devient immense. C’est le cas de l’Abattoir et de sa programmation. Et les mauvais coups arrivent en pleine saison... Pour Patrick Mouchin, de l’Abattoir, “cela revient aussi à mettre sur le carreau des salariés qui bossent à 80 %, dont la création d’emplois aidés. Et puis, nous obéissons à une demande du public, sans compter que nous agissons également en direction des milieux scolaires, des pénitenciers, des centres sociaux et des réseaux de quartiers. Que veulent donc ceux qui décident de ces restrictions et de cet appauvrissement ? Maintenir les grosses structures de la métropole lilloise et faire du reste de la région un désert social et culturel ?” Les élus communistes de Lillers ont aussitôt apporté leur solidarité à l’Abattoir et la riposte s’organise !
Motivations profondes !
Et pourtant, les motivations des uns et des autres sont profondes, instaurer des notions d’équité dans une société qui marche sur la tête ! La fureur de vivre, de travailler, d’aimer, d’apprendre, est primordiale. C’est un dessein de civilisation. La trame posée est la “Culture pour qui ?” C’est une interrogation sur le fond, la forme peut prendre divers visages, mais tout s’articule autour de l’autre. Pourquoi et comment ? L’impasse n’est pas de ce monde là. Hélas, la Culture est toujours combattue par les plus faibles, car il s’agit de défier l’ouverture à l’autre et mettre à bas l’esprit critique. C’est pour cela qu’elle est régulièrement absente des “campagnes électorales”, ceux et celles qui possèdent les médias n’en veulent pas. Aujourd’hui, le discours met en pratique des actes désastreux, couper les vivres à ceux qui en ont besoin pour travailler. La danse comme les musiques actuelles investissent divers espaces où les formes et les matériaux divers mêlant les registres, nous invitent à faire part de nos sensations et de nos sentiments. Et c’est cela qui gêne. S’attaquer sournoisement en coupant des subventions puis en divisant, ceux qui ont pignon sur rue et les autres. Tous les éléments de notre environnement le plus proche sont des réponses à nos interrogations dans un monde où tout va très vite, où les rapports sociaux sont désarticulés, où le poids de l’argent écrase tout sur son passage ; sa complexité ne date pas d’aujourd’hui. Relisons Marx.
Les relations des structures culturelles avec les écoles, les collèges, les lycées sont bâties sur des rapports de confiance avec des engagements précis, cela aussi Sarkozy n’en veut pas. Faire le mieux possible, avec rigueur, pour le public, il en est le destinataire. L’énergie dans l’organisation, la construction d’un travail culturel sont des choix fondamentaux. La feuille de route imposée par Sarkozy sur la Culture est appliquée par la DRAC, à commencer par la réduction des subventions puis ce sera au tour des fonctionnaires eux-mêmes et la liste n’est pas close.
Arrêt de financement
En mars dernier, la DRAC envoyait aux cafés concerts, le Baladin à Torcy et l’Abattoir ainsi qu’à “Dynamo”, antenne régionale du Printemps de Bourges, un courrier leur annonçant l’arrêt du financement de leur fonctionnement. Le réseau RAOUL (réseau régional des musiques actuelles comptant 16 cafés-concerts dans la région) commente toute cette situation avec pertinence,“le désengagement de la DRAC, dit-il, n’est pas anodin dans le contexte actuel de diminution des aides publiques. L’abandon par la DRAC de ces projets peu onéreux, nous amène à nous interroger sur la pertinence de ces “économies” au regard des bénéfices en terme d’aménagement culturel du territoire. Nous pouvons être sûrs que si ces structures disparaissaient, cela représenterait une perte énorme pour les artistes et le public de notre région. Notons que s’ajoute à la disparition de ce soutien financier, le fait que celui-ci soit annoncé à la fin du 1er trimestre de l’année. Cela porte un préjudice supplémentaire aux structures dans la mesure où celles-ci ont déjà largement entamé leur programme d’activités et ont pris des engagements financiers.”
Le président de la République poursuit un discours qui lui est coutumier, la réforme de l’administration territoriale en justifiant la réduction des effectifs dans la fonction publique. Lorsqu’on évite un recrutement, on n’économise pas une année de traitement mais 40 ans de salaire et 20 ans de retraite. Le niveau de dépenses publiques est une anomalie au sein des pays développés.
L’État ne joue pas son rôle
Dans un contexte politique précis où le gouvernement multiplie les annonces et les prises de position tous azimuts, le silence autour des enjeux d’art et de culture est assourdissant. Quant à la ministre de la Culture, elle reste floue à part son sentiment que la question des intermittents serait réglée et ses déclarations sur la nécessité de l’argent privé. Autant de sujets d’inquiétude pour la liberté de la création. Et pourtant, ces artistes et techniciens continuent de subir les nouvelles annexes 8 et 10 et nombre d’entre eux sont encore, mois après mois, chassés de leur métier. Cette situation est grave. Il y a brouillage des responsabilités car l’État ne joue pas son rôle. C’est un saupoudrage qui ne convainc personne. Il s’agit de mettre en place une politique ultra-libérale par le biais d’une idéologie dogmatique qui consisterait à promouvoir le seul service marchand et à remettre en cause systématiquement tout service public.
D’autres projets concernant une réorganisation des services du ministère et notamment des musées nationaux sont en cours. Selon les syndicats, un projet donnerait à ces derniers le nouveau statut d'“agences de service public”, sortes d'établissements autonomes, ce qui signifie selon eux le prémice d'une externalisation finale. Les syndicalistes dont ceux de la CGT demandent davantage de moyens au ministère ; ce dernier organise l'abandon morceau par morceau de ses missions de service public et pousse la logique commerciale à chercher à recenser des marques pouvant être déposées. Pour la CGT-Culture : “les DRAC aujourd’hui sont maintenues comme des services déconcentrés mais, une fois vidées de leurs missions principales, nous reviendrons 30 ans en arrière avec une petite délégation chargée de la culture en région.” Or, la politique culturelle dans un département, dans une région, dans une ville est aussi un enjeu de société.

L'hebdomadaire communiste du Pas-de-Calais
Edition du 16 au 22 mai 2008

Refuser les mensonges d’État
EN cette année du 40ème anniversaire de Mai 68, les jeunes nourris de l’expérience des luttes contre le CPE et l’Europe capitaliste commencent à
prendre conscience des rouages qui ont commencé à les broyer, alors que le gouvernement mise encore essentiellement sur leur inexpérience. En 1968, dont les médias ne nous parlent que comme un
vestige du passé ou une révolution en dessous de la ceinture, le SMIC a été revalorisé de 30 %.
Le grand patronat savait manier aussi bien qu’aujourd’hui le chantage à la mort de notre économie et, pourtant,
jamais après nos entreprises et nos fleurons industriels ne se sont mieux portés. C’est que les luttes et la consommation populaires étaient et restent la base indispensable de la croissance. Le
monde a changé depuis 68, mais s’il est tellement difficile de résister au dumping salarial des pays émergents, c’est parce l’Europe est incapable de mettre en place la moindre mesure de
préférence communautaire, la moindre mesure de protection et de garantie par le haut des droits de ses salariés. Au contraire, en l’état, sa raison d’être est de se livrer au dumping social le
plus inacceptable : elle ne contribue qu’à faire de l’argent la première des marchandises et elle nous entraîne dans la spirale planétaire d’une spéculation financière effrénée. La Bourse dicte
sa loi et engloutit des masses monétaires faramineuses ; les fonds de pension anglo-saxons pillent et mettent sur la paille des entreprises performantes, en les poussant aux délocalisations. La
crise des crédits à risque dite des subprimes a occasionné des drames pour des dizaines de milliers de familles américaines et une perte de l’ordre de 1000 milliards de dollars sur les marchés
financiers internationaux.
Pour renflouer de telles pertes, les banques centrales et les Etats sont intervenus : là, on sait trouver de
l’argent ! Mais pour se renflouer les institutions financières et les fonds d’investissement ont aussi trouvé matière à spéculer sur le blé, le riz, le colza en affamant des peuples entiers par
l’explosion des prix. Sous la Révolution, les affameurs du peuple étaient guillotinés ! Décidément, pas plus hier qu’aujourd’hui le capitalisme ne pourra faire autre chose que la démonstration de
son incapacité à établir un quelconque ordre moral, social et économique. Et on comprend pourquoi Sarkozy affirme que les grandes avancées de civilisation de 1936, 1945 et 1968 n’ont été
possibles que par laxisme, acceptation du déclin et refus du travail. Evidemment, défenseur des riches et des puissants, il omet de dire qu’aujourd’hui, il y a dans la sphère de la grande finance
spéculative huit fois plus d’argent que dans la sphère de la production.
Toutes les politiques fiscales menées depuis, ont favorisé cette confiscation des richesses basées à l’époque
sur le travail et le capital investisseur. C’est pourquoi ce qui a été possible avec, par exemple, la mise en place de la sécurité sociale en 1945 dans un pays mis à plat par cinq années de
guerre et d’occupation, on nous dit que ça n’est plus possible aujourd’hui. Déficit, dette…les grands mots sont lâchés et les mensonges d’Etat avec eux. 63 % de dette, c’est moins que les USA,
moins que le Japon, moins que la moyenne de la dette des pays européens. Depuis 1974, comme tous les autres pays, la France est en dette. Les économistes sérieux sont beaucoup plus inquiets pour
la dette des ménages ! Ensuite, le déficit budgétaire…il est de 2,7 %, inférieur à ce qu’impose l’Europe de Maastricht…Va-t- on encore et toujours tenter de nous imposer des sacrifices et des
souffrances ? Il ne s’agit pas de se plaindre, mais véritablement de porter plainte !!..une autre manière de dire la grande bataille d’opinion à gagner pour que s’ouvrent des perspectives réelles
de changement.
Une bataille que le pouvoir craint et qui peut le faire reculer. Une bataille dont c’est la responsabilité des communistes que de la mener, où qu’ils soient.
Social
La lutte des travailleurs sans-papiers en marche
Après un parcours de plus de 200 kilomètres à pied, partie de Lille le 19 avril dernier, la marche des sans-papiers du Nord a effectué sa dernière étape à Paris, le samedi 10 mai. ELLE a été rejoint, place de Clichy, par plusieurs miliers de manifestants au cours d'un rassemblement qui a réuni, outre les marcheurs, sans-papiers franciliens en grève, syndicalistes, membres d'associations et de partis politiques...
Politique
Pas touche à nos allocs !
La «réforme» instaurant une majoration unique des allocations familiales revient à voler, en moyenne, 600 euros à chaque famille. Les élus et militants communistes appellent à la riposte...
Pas touche à nos allocs ! En direct
d'Arras...
Une cinquantaine de militants communistes et de mères de famille se sont rassemblés vendredi après-midi devant la Caisse d’Allocations Familiales d’Arras pour dénoncer un véritable hold-up de 160 millions d’euros sur les familles.
Reçu par le directeur de la CAF , en compagnie d’ une délégation d’une douzaine de personnes, Dominique Watrin s’est ensuite exprimé pour dénoncer ce nouveau coup dur porté aux familles.
Les élus communistes réfutent l’argument de Matignon qui fait valoir que "l’argent récupéré servira à financer d’autres mesures en faveur des familles" et notamment l’allocation pour garde d’enfants en bas âge, versée aux familles faisant garder leur petit par une assistante maternelle qui serait majorée de 50 euros.
Pour Dominique Watrin, c’est un mensonge de vouloir faire miroiter une quelconque aide supplémenatire pour la garde de l’enfant alors que pour la seule année 2006, dans le cadre des contrats qui lient la CAF aux municipalités pour les équipements d’accueil de la petite enfance, on a supprimé 600 millions d’euros.
Les élus communistes soupçonnent le gouvernement de vouloir transférer ces fonds publics vers des structures privées d’accueil individualisé. D’autres inquiétudes sont également dans les esprits avec l’éventuelle modulation de l’allocation de rentrée scolaire ou encore la fin de l’école matrenelle...
Social
Pour la préservation du système social solidaire
À Lens, à Arras, à Lille comme partout en France, la grève unitaire dans l'Éducation nationale et la fonction publique a démontré combien les salariés et les familles mesurent la gravité de ce qui est en train de se passer...
Social
Airbus Méaulte - Abandon de la vente à Latécoère
Airbus va prendre des mesures d'économies supplémentaires et envisage notamment des délocalisations massives pour financer l'A350, rapporte dans son édition de vendredi Les Echos, qui cite une lettre du PDG d'Airbus Thomas Enders adressée à l'ensemble des salariés. L'abandon de la vente à Latécoère des deux sites français de Méaulte et de Saint-Nazaire Ville qui devait servir en partie à financer le développement du nouveau long-courrier A350, devrait aboutir à demander des efforts supplémentaires aux salariés des sites concernés...
Social
Arc International - La direction prépare des lendemains difficiles...
RECENTRAGE du coeur de métier à Arc International, le ton était tout de même à l’offensive, lors de la remise des médailles du travail (une tradition qui permet à la direction de jouer les pères fouettards) du 1er mai. Certes, le changement de secrétaire du comité d’entreprise (avec la bénédiction de ces mêmes pères fouettards) a été l’occasion pour Guy Foube de s’en prendre aux syndicalistes qui ont refusé l’accord de méthode de 2004, autrement dit la CGT et FO, dans un ordre du discours qui dit bien ce qu’il veut dire. Si ça va mal à Arques, c’est la faute aux salariés et à des représentants syndicaux combatifs, quant à la direction, elle est priée de revoir sa copie...
Social
Avion - Poursuite de la mobilisation pour la pérennité du lycée Pablo Picasso
A défense exceptionnelle, mobilisation exceptionnelle : les conseils municipaux d'Avion et de Méricourt se sont réunis, jeudi
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