Liberté 62 n°775L'hebdomadaire communiste du Pas-de-Calais
Edition du 21 septembre au 27 septembre 2007
Liberté 62 n°775

ET MAINTENANT… ON FAIT QUOI ?
Par Thomas Boulard
«Le communisme reste une idée neuve, une idée
plus que jamais d'actualité… parce qu' exiger un
juste partage des richesses, le respect des dignités
humaines, l'émancipation de la force humaine n'a
rien de réac…»
DANS le jargon des "festoyeurs fraternels", il est de coutume de dire que l'on quitte souvent la fête de l'Huma : "la tête dans le brouillard» ! … Après l’édition 2007, voilà une expression qui résume parfaitement le contexte politique dans lequel se trouve aujourd’hui, ce que certains osent encore appeler, "la gauche"… Une, et une seule proposition phare a été émise : "La constitution d'un comité de résistance". Est-ce cela une gauche rassemblée ? De plus, ce comité n'aura, à coup sûr, de gauche que le nom… Voyez plutôt… Même Sarkozy trouve cela rigolo !… C'est le principe d'un puzzle à constituer et pour lequel vous n'avez aucune des pièces…
Des extrémités, LCR/LO et PS/Verts, qui ne peuvent même pas se souder à ce qui pourrait servir de lien, c’est-à-dire le PCF/MDC… Cela complique déjà l'exercice…Mais quand la pièce principale est, elle-même, disloquée entre les nostalgiques de la SFIO et le tout à gauche… et les autres qui pensent que leur avenir c'est la sociale-démocratie de la révolution orange appelée MoDem… Là, c’est vraiment mission impossible !
Pourtant le jeu en vaut la chandelle… Mais le puzzle est cassé avant même d'avoir été constitué ! Rassembler ce qui nous divise est de l'ordre du suicide collectif organisé. On y ajoute une petite dose d'hégémonie parce qu'un «éléphant » qui laisse sa place, c'est de l'ordre du conte merveilleux… Autant dire que seuls les hurluberlus tenteront (en vain) de constituer ce puzzle voué à l'échec… ! Après la "gauche molle", voici la "gauche morte" ! Pendant ce temps là, on poursuit la résistance… Mais résister, c'est déjà admettre qu'on est attaqué, voire même dépassé… Alors que «proposer» s’est tout à fait possible… Mais «proposé» est un mot oublié dans le dictionnaire de cette «gauche»… C’est comme si nous n’avions plus rien à proposer… Comme si nous étions désormais incapables de penser… Comme si nous n’avions qu’à régler nos comptes ! Autant dire que se contenter de résister là où Sarkozy vogue sur le nuage majoritaire de l'opinion publique consiste à vouloir assembler un puzzle pour lequel nous n'avons pas les pièces… tiens, tiens !
A quand la révolution ? La vraie, la révolution idéologique, la révolution de la vie politique. A faire semblant de s'aimer et de gueuler tout le temps, la "gauche" passe pour "réac". Même son rôle d'opposition est miné par ses querelles internes…Alors le Parti communiste français est peut-être vieillot… voire vieillissant et rongé de l'intérieur… Mais le communisme reste une idée neuve, une idée plus que jamais d'actualité… parce qu'exiger un juste partage des richesses, le respect des dignités humaines, l'émancipation de la force humaine n'a rien de réac…
La voilà la vraie révolution : l'abandon des querelles d'appareil, un projet de société en phase avec nos valeurs… parce qu'il est vraiment temps que la gauche, la vraie, sorte la tête du brouillard. Le peuple en a besoin… Nous en avons tous besoin…. Alors, Mesdames, Messieurs, maintenant, on fait quoi ?
Politique
RSA - ABSTENTION DES ÉLUS COMMUNISTES
“L’Etat doit déjà des dizaines de millions au titre du transfert du RMI”.SESSION de rentrée, lundi dernier, des conseillers généraux du Pas-de-Calais ; enseignement, éducation, revenu de solidarité active et première intervention du nouveau préfet, M. Rémi Caron, voilà l’ordre du jour dont les caractéristiques politiques préoccupent au plus haut point les élus communistes....
Social
ENERGY PLAST -LA BATAILLE JURIDIQUE SE POURSUIT
Les conséquences judiciaires des salariés d’Energy Plast (ex-Samsonite), des salariés, floués et bafoués par leur ancienne direction, vont peser pour la suite des événements. On connaît l’âpreté de la lutte des travailleurs de la filiale de cette multinationale américaine dont les publicités des produits sont une perpétuelle provocation...
Social
CESSION DE GAZONOR À UN GROUPE ÉTRANGER - 300 PERSONNES MOBILISÉES À AVION
DES centaines de personnes dont des élus – et notamment des élus communistes - ont manifesté mardi à Avion pour dénoncer la possible cession à un groupe étranger de la société exploitant le gaz des mines. Cette entreprise, Gazonor, doit être vendue, dans le cadre de la disparition de Charbonnages de France fin 2007...
Social
PÉCHINEY - LES SYNDICATS D'ALCAN DEMANDENT "DES ENGAGEMENTS" AVANT L'OPA DE RIO TINTO
AIRBUS-MÉAULTE - LE PROJET DE RESTRUCTURATION TOURNE LE DOS À L’ENTREPRISE ET AUX SALARIÉS
La tornade “Power 8” souffle partout mais nous prévient la CGT de l’entreprise “il y eut déjà “Route 06” et pour qui savait bien lire les textes d’alors, nous savions pertinemment que la grande ambition industrielle aéronautique prenait l’eau de toutes parts. “Méaulte” ne serait plus Airbus puis quelques heures après “Méaulte resterait Airbus” mais avec un partenaire éventuel et... la casse de l’emploi”....
Monde
ÉLECTIONS LÉGISLATIVES ANTICIPÉES EN GRÉCE- LA DROITE DE JUSTESSE, LE PARTI COMMUNISTE EN FORTE PROGRESSION
EN GRÈCE, les incendies de fin août ont dominé une brève campagne électorale. Le gouvernement au pouvoir, la Néa Dimokratia (Nouvelle démocratie) de Kostas Caramanlis, a, en pleine période estivale, annoncé des élections législatives anticipées, fixées au 16 septembre, rattrapée par le désastre des feux de forêts mais pas seulement. Aux élections de mars 2004, elle obtenait une majorité confortable. Les déficits publics, les bas salaires, les retraites au rabais, le scandale des mutuelles, les inégalités sociales criantes ont été au centre d’un débat...

Liberté 62 n°775 - Le 21 Septembre 2007- 4 - Politique
CONSEIL GÉNÉRAL DU PAS-DE-CALAIS
REVENU DE SOLIDARITÉ ACTIVE : ABSTENTION DES ÉLUS COMMUNISTES
“L’Etat doit déjà des dizaines de millions au titre du transfert du RMI”.
SESSION de rentrée, lundi dernier, des conseillers généraux du Pas-de-Calais ; enseignement, éducation, revenu de solidarité active et première intervention du nouveau préfet, M.
Rémi Caron, voilà l’ordre du jour dont les caractéristiques politiques préoccupent au plus haut point les élus communistes.
Restrictions budgétaires pour l’école. La politique faite dans l’Éducation nationale avec les restrictions budgétaires massives en est l’exemple.
L’apprentissage “junior” dès 14 ans, la précarisation de l’emploi, tout un contexte préoccupant pour la réussite de tous les jeunes. Plus de 1000 postes sont supprimés dès cette rentrée dans
l’Académie de Lille. Aucune zone géographique n’est épargnée. Sous couvert d’«individualisation des parcours», c’est une école à plusieurs vitesses qui est organisée. Pour certains élèves, la découverte professionnelle et un entretien individuel d’orientation dès la quatrième
visent à préparer des sorties précoces du système scolaire. Pour d’autres, seront réservés la possibilité de déroger à la carte scolaire ou le développement des bourses au mérite. Ces mesures
vont à l’encontre d’une politique de mixité sociale. Elles illustrent le tri social organisé par la loi Fillon. C’est tout cela que dénoncent les communistes. Le revenu de solidarité active est
un complément aux ressources d’une personne bénéficiaire de minima sociaux qui prend ou reprend un travail.
Le RSA est, dans un premier temps, destiné aux allocataires du revenu minimum d’insertion (RMI) et de l’allocation de parent isolé . L’État prendra en charge l’intégralité du coût de
l’expérimentation pour les bénéficiaires de l’API et la moitié du coût pour les bénéficiaires du RMI. Ces programmes impliquent l’ensemble des institutions en charge de l’insertion des
bénéficiaires – services déconcentrés de l’Etat, Caisses d’allocations familiales, ANPE, Assedic, Caisse primaire d’assurance maladie - mais aussi les entreprises et les associations d’insertion.
On estime le coût du RSA entre 1 000 et 2 000 euros par personne. Le vote sur ce dossier sensible a été, on ne peut plus clair, avec l’abstention des élus communistes, argumentée par Dominique
Watrin et le vote pour par les socialistes et la droite.
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"Ne pas
affoler le Medef” |
IVAN DRUON, PRÉSIDENT DU GROUPE COMMUNISTE
"LE GOUVERNEMENT VEUT ENTERRER LE COLLÈGE UNIQUE”
«LA lettre aux éducateurs envoyée par le Président de la République aux enseignants révèle au-delà de la rhétorique populiste, véritable catalogue des idées reçues développées par la Droite et l’Extrême Droite depuis des années, l’avenir sombre qui se profile pour l’école du XXIème siècle. C’est ici un sujet qui nous tient particulièrement à coeur parce que le Conseil Général y investit beaucoup : 42 millions d’euros cette année. La construction de deux nouveaux collèges à BEUVRY et à AIRE SUR LA LYS, deux nouvelles salles de sport à AUDRUICQ et WIMILLE, des constructions ou réhabilitations lourdes prévues ou en cours àDAINVILLE, LEFOREST, LE TOUQUET, NOEUX LES MINES, ANGRES, AVION ou LENS montrent s’il est nécessaire notre volonté de donner à chaque jeune de notre Département, à chaque enseignant, des conditions optimumsde travail pour faire en sorte que le collège soit une école de la réussite pour tous. Il est donc légitime d’être particulièrementinquiets par ce qui se prépare. 11 500 nouvelles suppressions de postes en 2008 nous annonce le ministre qui viennent s’ajouter aux 34 535 postes déjà supprimés depuis 2003.
Les syndicats d’enseignants dénoncent tous cette politique de réduction des coûts y compris dans le premier degré oùdans notre département la rentrée s’est effectuée avec le même nombre d’élèves qu’en 1999 mais avec 205 enseignants en moins. Cette pénurie de moyens nationaux renforce les inégalités entre les élèves. L’école maternelle est sacrifiée. Le ministère veut progressivement supprimer la scolaritéavant 5 ans alors que chacun s’accorde à reconnaître que la scolarisation précoce est un gage de réussite, surtout pour les enfants dont les parents n’ont pas fait d’études longues et ne peuvent pas "préparer le terrain" pour le CP.
Au-delà des chiffres annoncés souvent contradictoires dans leur interprétation, ce sont bien les valeurs profondes d’égalité et de justice sociale qui sont ici en cause. La suppression annoncée de la carte scolaire présentée comme une liberté de choix pour les parents va transformer l’école en véritable libre marché qui ne fera qu’aggraver les inégalités et renforcer la ghettoïsation de certains quartiers. Au final, ce sera d’abord la liberté donnée à certains établissements de choisir entre les élèves et ainsi d’accroître leurs succès au détriment des autres. Le gouvernement veut aussi enterrer le collège unique, qui se fixe comme finalité d’assurer un enseignement identique pour tous. En mettant fin au collège unique, on entérine en fait les inégalités. Or chacun sait que les pays qui ont la meilleure réussite scolaire sont ceux qui introduisent une sélection le plus tard dans le cursus scolaire. Le Président nous parle lui d’une sélection des élèves dès l’entrée en sixième.»
Liberté 62 n°775 - Le 21 Septembre 2007 - 5 – Social
Energy Plast (Hénin-Beaumont)
LA BATAILLE JURIDIQUE SE POURSUIT
Par Pierre Pirierros
Les conséquences judiciaires des salariés d’Energy Plast (ex-Samsonite), des salariés, floués et bafoués par leur ancienne direction, vont peser pour la suite des événements. On connaît l’âpreté de la lutte des travailleurs de la filiale de cette multinationale américaine dont les publicités des produits sont une perpétuelle provocation envers toutes celles et tous ceux qui les fabriquent. Cette affaire devait être jugée ce 18 septembre mais l’avocat a fait appel et la date du 11 décembre a été retenue.
MAÎTRE Rilov résume, si l’on peut dire, cette affaire ainsi “mettre fin à toute une stratégie de licenciement et d’externalisation du personnel, c’est un argument solide. Le 15 février, le tribunal de commerce de Paris prononçait la liquidation judiciaire après la cessation de paiement, ce qui signifiait la fin de l'entreprise installée depuis 1984 dans le paysage industriel d’Hénin-Beaumont”. Les salariés accusent Samsonite d’avoir monté la cession pour éviter un plan social. Leur intérêt ? Protéger l’image de marque du leader mondial de la bagagerie et faire des économies.
Manipulations financières
Reprendre une usine qui “tourne” à pertes est pour le moins paradoxal et la CGT en épluchant le rapport d’expertises découvre tous les dessous d’une affaire financière qui n’est, ni plus, ni moins, qu’une manipulation managériale entre le bagagiste Samsonite et ses repreneurs. Aujourd’hui, l’usine est liquidée. Il n’est pas possible pour le personnel de se faire ainsi extorquer son savoir-faire et son intelligence. Cette démarche prit des formes multiples, rassemblement au siège social européen du bagagiste européen à Oudenaarde, en Belgique ; lors des déplacements à Paris, auPalais de Justice ; au ministère du Travail, (avec le soutien de Jean-Claude Danglot, sénateur et des élus PCF du Pas-de- Calais) ; aux Prud'hommes de Lens. Tout le dossier financier examiné par un cabinet d’expertisemontre bien des anomalies criantes. Anomalies qui ne peuvent que mobiliser les 204 salariés du boulevard Darchicourt.
La mobilisation des salarié(e)s d'Energy Plast est
exemplaire (Photo Liberté 62).
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Jean-Marc Mairesse, secrétaire de la CGT du site d’Hénin-Beaumont, et Maurad Rabhi, secrétaire général de la fédération CGT textile-habillement-cuir, dénoncent toute cette opération frauduleuse en disant sans ambages que “deux millions d’euros ont été détournés de l’entreprise Energy Plast vers la holding financière que les deux actionnaires ont montée. Cela constitue un abus de bien social”. Les salariés sont catégoriques : “Nous allons devant les tribunaux et nous avons les preuves pour dire avec force que Samsonite voulait rouler tout le personnel dans la farine. C’est insupportable ! La cessation de paiements et le redressement judiciaire ne sont, en rien, des notions abstraites ; en fait, des signes évidents de casse de toute l’unité et, en définitive, c’est tout le personnel qui a payé les pots cassés. Nous ne l’avons jamais accepté. Nous ne l’acceptons toujours pas.” Maître Fiodor Rilov est explicite, “dans le cadre de ce groupe, le plan social se serait élevé entre douze et quinze millions d’euros avec tout ce que cela induit. En externalisant le problème et surtout les salariés, le bagagiste fait une bonne opération, pour sa renommée, bien sûr, mais aussi pour les relations entre l’ancien propriétaire et les nouveaux actionnaires. Des relations plus que troublantes pour les syndicalistes. Le rapport du cabinet Secaphi-Alpha est solide. Les deux actionnaires ne sont en fait que des hommes de paille. Au tribunal, j’ai mis en avant la casse des contrats de vente entre Samsonite et les actionnaires d’Energy Plast afin que la responsabilité du bagagiste soit pleine et entière. Il est trop facile d’annoncer une liquidation en faisant tout porter sur le dos des salariés.” Occupation, assemblées générales, prises de paroles, démarches tous azimuts, les “Samsonite” sont toujours dans l’action pour exiger ce à quoi ils ont droit. “Devant le fait accompli, commente Daniel, avec 20 ans d’ancienneté, nous ne pouvions plus faire marche arrière. En 2002, ll y eut des licenciements par dizaines et les difficultés allaient en s’accélérant. Nous étions loins, très loins des années 1990 et d’une “machine” qui tournait bien. Les restructurations allaient signer notre arrêt de mort et notre licenciement.” |
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CESSION DE GAZONOR À UN GROUPE ÉTRANGER :
300 PERSONNES MOBILISÉES À AVION
DEScentaines de personnes dont des élus – et notamment des élus communistes - ont manifesté mardi à Avion pour dénoncer la possible cession à un groupe étranger de la société exploitant le gaz des mines. Cette entreprise, Gazonor, doit être vendue, dans le cadre de la disparition de Charbonnages de France fin 2007, au consortium EGL (European Gaz Ltd), composé notamment de capitaux australiens. Un choix qui suscite l'inquiétude des salariés et des élus. Une telle cession ferait par ailleurs peser un risque sur l'entreprise, SAV, (Société artésienne de vinyle) qui emploie 150 personnes à Mazingarbe, car le gaz ne lui sera plus fourni dans les mêmes conditions. Les élus ne comprennent pas le choix de Charbonnages de France alors qu'un projet régional alliant Dalkia, la Financière Nord- Pas-de-Calais et les sociétés de logements sociaux constituait une offre comparable. Ce projet prévoyait de proposer le gaz à un prix identique au prix actuel à des entreprises régionales et à un prix inférieur d'environ 20 % par rapport à celui du marché aux familles précaires. |
PÉCHINEY :
LES SYNDICATS D'ALCAN DEMANDENT "DES ENGAGEMENTS" AVANT L'OPA DE RIO TINTO
LES syndicats d'Alcan ont demandé, vendredi, au gouvernement qu'il "obtienne" de Rio Tinto des "engagements" en matière de développement des activités et des emplois en France, avant l'OPA du groupe minier anglo-australien. Les actionnaires de Rio Tinto étaient appelés vendredi à Londres, à approuver l'offre publique d'achat sur le leader canadien de l'aluminium Alcan, lors d'une première assemblée générale extraordinaire. Les syndicats du groupe Alcan, qui avait racheté le groupe français Péchiney en 2003, "attendent du gouvernement qu'il obtienne de Rio Tinto des engagements en matière de développement des activités et des emplois en France" ont-ils indiqué dans un communiqué, trois jours après avoir été reçus par les conseillers de la ministre de l'Economie, Christine Lagarde.
Selon eux "après les effets dévastateurs de la précédente OPA sur Péchiney en 2003, il n'est plus acceptable que les potentiels des activités françaises ne servent qu'à développer de grands projets en Asie, en Australie et en Amérique du Nord". Les syndicats attendent des engagements "de vente à un repreneur industriel unique de l'ensemble des activités, du maintien du groupe d'affaires produits usinés dans le périmètre de Rio Tinto et des attributions, moyens, effectifs et budget de recherche pour le pôle Voreppe Neuhausen jusqu'en 2010".
Ils veulent également l'assurance "du maintien, de l'activité et de l'emploi des sites d'alumine de spécialités et d'abrasifs réfractaires et celui des activités transverses et supports". Pour les syndicats "le fait que Rio Tinto ait confirmé des engagements identiques signés entre Alcan et le gouvernement du Canada fin 2006, les conforte". Le groupe minier anglo-australien Rio Tinto a lancé fin juillet son offre amicale de 38,1 milliards de dollars américains sur le leader canadien de l'aluminium Alcan visant la formation d'un leader mondial du secteur. Les syndicats d'Alcan sont particulièrement inquiets sur l'avenir de certaines activités comme la fourniture de pièces pour l'industrie aéronautique et le secteur de l'emballage qui emploie plus de 5.000 salariés en France. L'offre expire le 24 septembre et doit recevoir l'aval d'au moins les deux tiers des actionnaires d'Alcan.
Liberté 62 n°775 - Le 21 Septembre 2007 - 6 – Social
AIRBUS-MÉAULTE
LE PROJET DE RESTRUCTURATION
TOURNE LE DOS À L’ENTREPRISE
ET AUX SALARIÉS
Par Pierre Pierierros
La tornade “Power 8” souffle partout mais nous prévient la CGT de l’entreprise “il y eut déjà “Route 06” et pour qui savait bien lire les textes d’alors, nous savions pertinemment que la grande ambition industrielle aéronautique prenait l’eau de toutes parts. “Méaulte” ne serait plus Airbus puis quelques heures après “Méaulte resterait Airbus” mais avec un partenaire éventuel et... la casse de l’emploi”.
À partir des débats et des actions, Patrice Pays, délégué syndical CGT, est catégorique, “rien ne sera plus comme avant, car nous rejetons de toutes nos forces, le plan Power 8 tout comme les perspectives de cessions ou de ventes de notre site. Mais nous ne sommes pas seuls dans ce cas, il y a aussi Saint-Nazaire”. Power 8, c’est la suppression de 10 000 emplois en France, en Allemagne et dans une moinde mesure en Grande-Bretagne, 4300 rien que pour les sites français qui touchent directement les effectifs d’Airbus, les salariés temporaires in situ. Nous sommes 1300 aujourd’hui à Méaulte, chiffre auquel il convient d’ajouter les 170 intérimaires (ils sont plus de 300) et 400 emplois de soustraitants.
Au bas mot, “Méaulte” fait vivre 4000 personnes dans un rayon géographique qui concerne une grande partie de la Somme, le sud du Pas-de-Calais. On ne compte plus les entreprises sous-traitantes qui travaillent pour nous. “Méaulte”, c’est une belle entreprise avec une technologie de très haut de gamme. La direction a présenté aux organisations syndicales le dossier économique définitif soumis à approbation ; dossier relatif aux consultations concernant à “Power 8” : Pourtant, bien des questions restent sans réponses.
“NOUS ne connaissons toujours pas le partage industriel de l’A350», soulignent les élus de la CGT du CCE. Les fameux partenaires à risques sur ce programme ne sont toujours pas identifiés. La logique du tout composite n’est pas validée. Par contre la cession des sites et la suppression des postes nous sont présentés comme la seule alternative. De plus l’effet dollar est mis en avant pour expliquer nos difficultés alors que la couverture de changes a protégé pendant des années la trésorerie d’Airbus et que cet effet ne joue que sur 20 % du chiffre d’affaires.
Bien des questions demeurent sur la répartition des chaînes et sur l’équilibre des Coe (fuselage) Réduire Airbus France uniquement avec cinq sites à vendre n’est pas sérieux. “Route 06” a sûrement pesé dans les retards de l’A380 en pratiquant des économies pour atteindre uniquement l’objectif de rentabilité exigé par les actionnaires privés sans se soucier des conséquences industrielles. Force est de constater qu’Airbus ne tient pas compte des retards de l’A380, puisque aujourd’hui, des retards sont annoncés pour l’A400M et la définition de l’A350 n’est toujours pas définitive ce qui repoussera les premières livraisons par rapport à son concurrent. La vision stratégique de la direction se résume au plan POWER 8 qui ne présente aucune garantie sur l’avenir en matière de logique industrielle, que ce soit du point de vue de la nouvelle organisation, de la cession des sites et du partage des Coe ou des suppressions d’emplois qui vont engendrer la perte de compétences et savoirs-faire La CGT renouvelle son opposition à ce plan qui doit être simplement retiré. L’avenir de notre entreprise passe par le développement de notre outil industriel et de l’emploi pour assurer la montée en cadences et les futurs programmes. La CGT exprime un avis défavorable sur ce projet de restructuration.
Les réponses alternatives des experts du CCE : Les experts de CCE - CADECO - ont formulé des propositions alternatives lors du CCE extraordinaire du 12 juillet. Réduction des coûts des frais généraux : Comme CADECO, la CGT souhaite que la répartition de 50 % de postes internes et 50 % de postes externes à supprimer soit abandonnée. L’objectif de suppression d’emploi a été fait sur le papier sans considération de la réalité industrielle, uniquement pour des effets d’annonces de remontée du titre EADS (qui n’a pas produit l’effet escompté). De plus ces suppressions d’emplois du module ROC ne tiennent pas compte des conséquences des autres modules tels que l’augmentation des externalisations et ventes de sites. Donc, ces suppressions de postes risquent d’être bien plus important quand tous les modules seront déclinés. La CGT demande l’arrêt de ROC.
Vente des sites : comme CADECO, la CGT partage le fait que la comparaison avec le modèle BOEING n’est pas pertinent, et n’a pas fait des preuves avec l’annonce des retards du B 787. Les experts mettent en évidence l’incohérence de la vente des sites. La CGT souhaite l’abandon du plan ZEPHYR.
D’ailleurs la Direction n’a jamais présenté d’autres alternatives à la vente des sites. Cette vision stratégique d’AIRBUS n’est pas claire et la cession des sites conduira à une situation irréversible et à une démotivation des salariés qui refusent d’être vendus. Ce plan ressemble plus à une désorganisation industrielle au lieu de se donner les moyens pour répondre aux enjeux de l’A380, de l’A350 et du futur A320. La CGT demande que la SOCATA et la SOGERMA soient associés au développement du A350 en priorité en tant que filiale d’EADS. Trésorerie : la CGT s’associe aux propositions alternatives de CADECO sur le besoin de trésorerie qui fait appel à une augmentation de l’endettement et à une augmentation de capital. Plan de Sauvegarde de l’Emploi : la CGT exprime un avis défavorable au projet de restructuration de l’entreprise. Les perspectives de l’aéronautique et le carnet de commandes exceptionnel doivent permettre des embauches conséquentes et le maintien des compétences. Sur le Plan de Sauvegarde de l’Emploi, la CGT exprime un avis défavorable et concernant les mesures sociales d’accompagnement, la CGT restera vigilante sur les conditions du double volontariat et sur la mise en oeuvre des mesures. Les mesures d’âge ne concerneront que les overhead, ce qui risquent d’entraîner un climatv social tendu.
La CGT demande qu’une véritable préretraite Airbus soit développée, l’extension des mesures d’âges à tout le personnel compensée par des embauches peut être l'amorce d'ouverture de négociation dans Airbus. Quant aux mesures de congés de reclassement, la CGT ne conteste pas la nature de ces mesures mais déplore que celles-ci soient contenues dans un plan de suppression d’emploi. La CGT s’abstiendra sur ce dernier point.
L’annonce du choix du repreneur repoussée d’un mois
L’annonce du choix des entreprises retenues pour la reprise de sept sites industriels d'Airbus sur seize va être repoussée d'un mois supplémentaire, jusque vers la mioctobre. Cette réunion entre direction et syndicats européens était la première depuis que Louis Gallois est devenu seul président du groupe européen d'aéronautique et de défense le 27 août, tandis que son homologue allemand Tom Enders prenait la tête d'Airbus. L'annonce attendue à la fin août avait été repoussée au comité européen d'Airbus du 24 septembre,mais dès la semaine passée une source syndicale française estimait peu probable que la liste officielle des repreneurs puisse être annoncée lors de cette réunion, "le cas d'Augsbourg ayant compliqué la procédure et les discussions en Allemagne".
Liberté 62 n°775 - Le 21 Septembre 2007 - 17 -Monde
ÉLECTIONS LÉGISLATIVES ANTICIPÉES EN GRÉCE
LA DROITE DE JUSTESSE,
LE PARTI COMMUNISTE EN FORTE PROGRESSION
Par Pierre Pirierros
EN GRÈCE, les incendies de fin août ont dominé une brève campagne électorale. Le gouvernement au pouvoir, la Néa Dimokratia (Nouvelle démocratie) de Kostas Caramanlis, a, en pleine période estivale, annoncé des élections législatives anticipées, fixées au 16 septembre, rattrapée par le désastre des feux de forêts mais pas seulement. Aux élections de mars 2004, elle obtenait une majorité confortable. Les déficits publics, les bas salaires, les retraites au rabais, le scandale des mutuelles, les inégalités sociales criantes ont été au centre d’un débat esquivé par les tenants du bipartisme (Nouvelle Démocratie et Pasok de Georges Papandréou) stigmatisés avec force et logiquement par le Parti communiste grec (KKE) et sa secrétaire générale, Aleka Paparigha et dans une moindre mesure par le Synaspismos, (SYRIZA, gauche radicale, membre du parti européen de la gauche). La droite et le Pasok ont essayé d'utiliser des thèmes nationaux comme “Chypre” et le véto au nom de Macédoine à l’ancienne république yougoslave, mais ça n’a pas pris.

Photo Liberté 62
DURANT toute la campagne électorale, les communistes ont sillonné le pays et, aux côtés des victimes des incendies, ont dénoncé l’incurie des pouvoirs publics et la gabegie des
fonds publics qu’alimente une Union européenne, volant au secours d’un Premier ministre, affaibli politiquement par une situation économique où les couches sociales les plus défavorisées paient
toujours les pots cassés. Les feux dans le Péloponnèse (67 morts) ont, un temps, mis la campagne électorale entre parenthèses, aussitôt reprise par un débat à la télévision où toutes les
formations politiques s’exprimaient largement. L’arrivée dans l’arène de formations populistes et nationalistes,
("Laos", le "mouvement orthodoxe" et la “Renaissance démocratique”) n’a pas perturbé les tenants d’un bipartisme persistant, ayant cours dans toute l’Europe
occidentale. Ainsi, les socialistes du Pasok, les grands perdants de ces élections, ont misé sur le registre de la compassion en occultant leurs propres responsabilités de vingt années de pouvoir
(en alternance avec la droite depuis 1981). Là, où le fondateur du Pasok, Andréas Papandréou, surfait sur les mots d’ordre revendicatifs, son fils Georges apaisait le système libéral. Alors, au
soir du 16 septembre, dès 19 heures, les sondages sortis des urnes (exit poll) livraient un résultat “attendu”, la droite, (grâce à une proportionnelle renforcée, le premier parti arrivé
en tête a immédiatement 40 députés) passait l’épreuve des urnes et obtenait une majorité relative (42 % et 152 députés, sur 300) mais une majorité lui permettant de former un nouveau
gouvernement. Les socialistes du Pasok - qui tenaient pour sûre la victoire - n’ont pu que se rendre compte de la réalité (38 % et 102 sièges) et la perte de 15 députés. Ces deux “grands
partis” ont fortement tangué.
L’entrée au parlement de la formation populiste et d’extrême droite, (“Laos”, mouvement de soulèvement orthodoxe), pour la première fois depuis la chute des colonels en 1974, avec plus de 3% et 10 députés relève d’exacerbations de la religion, (l’Église n’est pas séparée de l’État et le clergé relève de la fonction publique). Une autre formation du même type, “Renaissance démocratique”, conduite par un ancien socialiste, n’a pas franchi le 1 %. La Néa Dimokratia a des raisons de défiler, place Syntagma, face à la Vouli, au soir des élections puisqu’elle sait que sa victoire toute relative est endiguée, si l’on peut dire, par une gauche communiste qui dépasse les 13 % (en ajoutant les scores du KKE et du Synaspismos).
Succès des listes du KKE

Le Synaspismos obtient un bon score avec 5% et 14 députés. Le Parti communiste, lui, est le seul Parti, qui, sur une ligne constante, argumente sur la ressemblance des programmes politiques et
économiques des deux formations, Nouvelle démocratie et Pasok. Il fait une percée significative, de 6% en 2004, il passe à 8,15 % et double quasiment le nombre de ses députés, de 12 à 22. Les
communistes grecs font des scores très honorables dans les banlieues d’Athènes, du Pirée, de Thessalonique, et dans les îles de Samos, Corfou, Lesbos, Céphalonie, Leucade, Zakynthos. Dans de
nombreuses villes ouvrières, les pourcentages à deux chiffres sont le résultat d’une mobilisation militante et permettront de défendre encore mieux la population. Sur la chaîne de télévision du
KKE, “902” et sur sa radio “902, aristera sta FM”, (à gauche sur la bande FM),leurs dirigeants décortiquent les résultats et ont le sourire aux lèvres tant le mouvement pour
d’autres perspectives est sur de bons rails. Un comédien de renom, Kostas Kazakos, entre au Parlement, élu sur la liste nationale (épikratias) du Parti communiste. La force du Parti communiste
grec tient en un contact étroit avec le monde du travail et le monde syndical, qui, avouons-le, n’a rien à faire avec des élus locaux notabilisants. À Drapetsona, Kokkinia, Pérama, Keratsini,
Aghios Ioannou Renti, Korydallos, dans la banlieue ouvrière du Pirée, avec de solides appuis, dans les usines, le port, les chantiers navals, le Parti communiste sort renforcé, 19 % par exemple à
Kokkinia. Au Pirée, même, il dépasse les 10 %.
On constate la même configuration, dans la banlieue d’Athènes, à Péristéri, Néa Ionia, Kaissariani, Aghia Varvara, Egaleo, Moschato, Pétroupoli, Vyrona, avec des pourcentages Thessalonique, le KKE obtient de bons résultats, à Polychni, à Aghios Pavlos, Axios, Chalastras. Dans l’île de Lesbos, à Ayiasos, le KKE obtient plus de 25 % et à Mantamadou, 32 % ! À Corfou, île touristique s'il en est, où la mobilisation des personnels hôteliers est constante, le KKE obtient 19 % à Lefkimmi ; 16 % à Corfou même ; 15 % à Mathrakios. 12 % dans l'île de Sikinos, dans les Cyclades.
Clivages
Tout cela répétons-le, dans un modèle clivé où socialistes et droite monopolisent une grande partie des médias (télévisions, radios, journaux, internet). Le mouvement des jeunes et des étudiants contre la privatisation de l’Université et le respect de l’article 16 du Syntagma (la constitution) sur la gratuité du système éducatif a été relayé par de puissantes mobilisations dans le Bâtiment, la Fonction publique, les électriciens, les marins, les ouvriers des chantiers navals de Skaramanga. La droite, elle, malgré les scandales financiers et la non mise en valeur des sites olympiques des Jeux de 2004 (et c'est un euphémisme) est, de nouveau, au pouvoir, mais va devoir compter sur une opposition déterminée, emmenée par un Parti communiste regonflé à bloc. Il n’est pas étonnant dans ce contexte de s’apercevoir que les premiers messages de félicitations à Kostas Caramanlis provenaient de Bruxelles, de Barroso, suivis par ceux de Merkel, Sarkozy et du président de Chypre, Tassos Papadopoulos. Les clans des politiciens traditionnels exaspèrent la jeunesse avec la domination des deux grandes fratries des “Caramanlis” et des “Papandréou” ; pour l’anecdote, c’est la septième confrontation directe entre elles ! Mais l’échec des socialistes, à l’instar de ce qui se passe, en France, met Georges Papandréou en difficulté et, déjà, un homme influent au sein du Pasok, Evanghélos Vénizélos, brigue l’investiture et réclame la tenue d’un congrès. Les scandales financiers, les feux dévastateurs, la mise au rencart des grandes promesses sur les réformes, ont fait chuter, d’une façon évidente, le poids des conservateurs et entraîner le doute des électeurs sur la réelle capacité des socialistes à diriger le pays. Le verdict des urnes est clair. Dans les régions sinistrées du Péloponnèse, l’abstention a été visible partout dans un pays où le vote est obligatoire. Dès la fin du scrutin, Aleka Paparigha et les dirigeants du KKE, ont fait le déplacement des régions dévastées par les flammes. Ils ont pu mesurer combien leur soutien aux populations sinistrées est un véritable acte de résistance à la “ploutocratie” (pouvoir des riches) et à la politique ultralibérale de Kostas Caramanlis et de la droite. Une droite réélue, certes, mais d'extrême justesse.
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JACKY HÉNIN, DÉPUTÉ COMMUNISTE EUROPÉEN, FÉLICITE LES COMMUNISTES GRECS du KKE.
DANS un courrier adressé à Diamanto Manolakou, députée communiste européenne, Jacky Hénin souligne notamment : «Permets moi de te féliciter, de tout coeur, pour le remarquable résultat obtenu par ton parti lors des élections de dimanche, auquel tu as pleinement contribué.
Ainsi, avec 8,1 % des suffrages exprimés (+ 2,2 %), et 22 sièges (+ 10), le KKE s'affirme comme une force qui compte dans le paysage politique. C'est une très bonne nouvelle pour le peuple grec mais aussi pour tous les communistes d'Europe, pour tous ceux qui veulent construire une société libérée de l'exploitation capitaliste. Ton parti et ses militants prouvent que c'est en étant pleinement communiste sur de solides bases de classe que l'on progresse aux élections en rassemblement les éléments les plus conscients de la Classe ouvrière et de la paysannerie laborieuses. »
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