Liberté 62 n°784
Edition du 23 au 29 novembre 2007
Liberté 62 n°784
LE PLAN CACHÉ DU
GOUVERNEMENT
Par Jean-Michel Humez
CHEMINOTS, agents d'EDF, de la RATP, fonctionnaires se sont engagés dans une lutte de grande ampleur pour défendre les régimes de retraite auxquels ils sont légitimement attachés. Le pouvoir Sarkozyste mène une campagne de désinformation massive pour présenter ces régimes comme des privilèges insupportables. C'est une calomnie.
Les dispositions plus favorables des principaux régimes ont des contreparties : la pénibilité du travail, les horaires décalés et le travail le week-end ; un «taux de remplacement» de 10 % plus bas en moyenne que dans le secteur privé car les primes ne sont pas incluses dans le calcul de la retraite, etc... Pas la moindre trace de privilèges dans ces réalités. Le véritable scandale est que le patronat refuse de tenir compte de la pénibilité du travail dans le secteur privé où existent des situations comparables. Le pouvoir dit vouloir rétablir l'équité. Il se moque du monde et méprise le monde du travail. Car l'équité dont il parle, c'est l'alignement vers le bas ! On dégrade d'abord la situation des retraites au régimes général, on s'attaque ensuite aux régimes spéciaux pour s'attaquer à nouveau à tous les salariés. En fait d'équité, c'est la répression pour tous ! La droite veut, après les municipales, franchir une nouvelle étape avec la volonté d'aller vers les 41 annuités en 2008 puis 42 ou 43 pour tout le monde en 2010. Le gouvernement prétend que la France n'a pas les moyens de financer son système social. C'est un mensonge.
Le pays est riche. L'argent coule à flot pour les dividendes des actionnaires, les stocks options, les grands patrons, la spéculation financière tous azimuts. En matière de retraite, la véritable question est celle de la part des richesses que la collectivité nationale décide de consacrer aux nouveaux besoins nés de l'évolution démographique. Financer la retraite pour tous sur la base de 37,5 annuités de cotisations aussi bien dans le public que dans le privé est possible. Cela représente 4 points de PIB jusqu'en 2040. Ils seront largement assurés par le doublement des richesses créées dans le même temps. Les mouvements sociaux qui se développent sont une chance pour le pays et pour le monde du travail dans son ensemble.
Accepter la régression sociale serait s'engager dans une spirale de déclin et d'appauvrissement dans tous les domaines. Car c'est le «social», c'est la réponse aux besoins qui tire l'économie et l'emploi. Sortir notre pays et notre peuple de l'ornière implique d'autres orientations progressistes. Les moyens existent pour cela à condition d'utiliser l'argent autrement, pour une croissance de progrès social, préservant les ressources naturelles de la planète. Les salariés ont raison de se battre.
Social
JOURNÉE DE MOBILISATION DES FONCTIONNAIRES - IMPOSANTE MANIFESTATION À LILLE
Ils étaient entre 12 000 et 15 000 personnes à manifester ce mardi 20 novembre dans les rues de Lille. PARTIS vers 15 heures de la Porte de Paris, les manifestants ont défilé dans les rues de Lille et se sont rassemblés sur la place de la République vers 17 heures...
Social
LES LYCÉENS REJOIGNENT LE MOUVEMENT
CONTRE LA LOI LRU
Le mouvement de contestation de la loi LRU a pris encore de l'ampleur cette semaine. Dans la région lilloise, il s'est étendu des universités de lettres et de sciences à celle de droit et à l'IUT de Tourcoing mobilisant étudiants et personnels. Les lycéens sont aussi entrés dans le mouvement...
Social
PRISE EN COMPTE IMMÉDIATE
DES REVENDICATIONS FONDAMENTALES
SUR L’EMPLOI ET LES CONDITIONS DE TRAVAIL
“Comment s’imprégner du terrain pour poursuivre le dialogue avec le monde ouvrier ?” Cette réflexion, aux antipodes du “ronron” institutionnel, a pour mérite d’aller à la rencontre de celles et ceux qui vivent les difficultés sociales au quotidien, dans leurs entreprises, leur bassin d’emploi, leurs communes. Alain Bruneel, président de la commission de développement économique du Conseil régional, Jean-Claude Danglot, sénateur, conseiller régional, ont, durant deux bonnes heures, eu un contact étroit avec des verriers, des papetiers, des étudiants, des enseignants, des jeunes de la JOC...
Social
LES FONDS D’INVESTISSEMENT SUR LA SELLETTE
Le collectif LBO piloté par Alain Bocquet, porte-parole des députés communistes, met en avant sa demande d’enquête parlementaire sur ces capitaux destructeurs pour les entreprises. Le collectif LBO («leverage buy out») a de la suite dans les idées. Présidé par Philippe Matzkowski, syndicaliste, le collectif a relancé, récemment sa demande de création d’une commission d’enquête parlementaire sur les fonds d’acquisition d’entreprises par “effet de levier”. La proposition communiste d’enquêter sur ces fonds avait été retenue par la commission des Finances de l’Assemblée nationale, avant les élections législatives. Alain Bocquet remet le dossier sur la table...
Social
LA TRANSPARENCE TOTALE POUR LE FUTUR CHANTIER
Le Louvre Lens : un gros chantier s’annonce dans les mois à venir et la CGT Construction tient à souligner toute sa vigilance quant aux entreprises du bâtiment (petites ou grandes) qui vont y travailler. Cette vigilance sera maintenue tout au long du chantier. Au-delà de toute vélléité d’en faire une structure d’importance nationale - mais sans aucune subvention d’État, contrairement au “Centre” Pompidou à Metz - le Conseil régional place sa construction dans un enjeu culturel mais il faut bien rappeler, ici, que le Nord/Pas-de- Calais ne manque pas de musées sur tout son territoire...

Liberté 62 n°784- Le 23 Novembre 2007 – 4 et 5 - Social
JOURNÉE DE MOBILISATION DES FONCTIONNAIRES
IMPOSANTE MANIFESTATION À LILLE
Par Jérôme Skalski
Ils étaient entre 12 000 et 15 000 personnes à manifester ce mardi 20 novembre dans les rues de Lille.
PARTIS vers 15 heures de la Porte de Paris, les manifestants ont défilé dans les rues de Lille et se sont rassemblés sur la place de la République vers 17 heures.
La CGT et la FSU étaient particulièrement bien représentées
Banderole unitaire en tête, les principaux syndicats organisateurs (CFDT, CGT, FO, SUD, FSU et UNSA) s’étaient répartis dans le cortège pour faire valoir leurs revendications en faveur des salaires et du pouvoir d’achat des agents de la fonction publique. La CGT et la FSU étaient particulièrement bien représentées. Outre les personnels de l’Éducation nationale, les agents de la fonction publique territoriale, les agents des impôts ou de l’ANPE, les cheminots et les agents d’EDF étaient venus en nombre.
Haute température du mouvement social
Les salariés de Météo France, venus pour «prendre la température du mouvement social» étaient aussi présents. Les métallurgistes de la CGT du Nord et du Pas-de-Calais avaient eux aussi fait le déplacement pour manifester leur solidarité envers les fonctionnaires en mouvement et réclamer le départ anticipé en retraite des salariés exerçant un métier pénible. En fin de cortège, des syndicalistes de la police nationale formaient plusieurs lignes menottées.
« Résistance ! »
Mobilisés contre la loi LRU, des étudiants de Lille I, Lille
II et Lille III ainsi que des lycéens de l’agglomération lilloise (Montebello, Fénelon, Faidherbe, Pasteur et Queneau) étaient particulièrement nombreux dans le cortège pour dénoncer la
«privatisation des facs» et appeler à la «résistance». Du côté des organisations politiques, on a pu noter la mobilisation du PCF du Nord et du Pas-de- Calais. Au terme de la
manifestation s’est déroulée une AG unitaire.
UNE JOURNÉE DE GRÈVE TRÈS
SUIVIE
LA grève pour les salaires et les effectifs à l'appel de huit
organisations (CGT, CFDT, FO, CFTC, CFE-CGC, UNSA, FSU, Solidaires) a mobilisé 45% des agents selon la CGT. Le taux de participation a atteint 50% au ministère du Budget, des Comptes publics et
de la Fonction publique, 40 % au ministère de l'Education nationale, 20 % au ministère de l'Economie, des Finances et de l'Emploi, 18 % au ministère de l'Ecologie, du Développement et de
l'Aménagement Durables, 15 % au ministère de la Justice, selon les chiffres du gouvernement. Une moyenne de 40 % des enseignants du primaire et du secondaire en grève (ministère), 65 % en moyenne
dans le primaire selon le SNUipp-FSU, 58 % en moyenne en collèges-lycées selon le Snes-FSU, à l'appel des cinq fédérations de l'Education (FAEN, FERC-CGT, FSU, SGENCFDT, UNSA-Education). Dans la
Fonction publique hospitalière, le taux de mobilisation a atteint 26% selon la CGT, après l'appel à la grève de syndicats de médecins et d'autres salariés dont la CGT et FO. Fonction publique
territoriale : de 12 à 15 % de grévistes selon le ministère de la Fonction publique. Environ 40.000 étudiants et lycéens ont manifesté dans toute la France selon l’Unef. À la banque de France,
ils étaient 16 % de grévistes selon la direction, à l'appel de la CGT, FO et Solidaires contre "l'insuffisance des effectifs". À La Poste : 18,06 % de grévistes selon la direction et un
tiers selon Sud PTT pour la grève appelée par six fédérations des télécoms (CFDT, CFTC, CGC, CGT, FO et Sud) "pour le pouvoir d'achat, l'emploi, la défense du service public". France
Telecom: 23,5% selon la direction à l'appel des mêmes syndicats. Environ 75% des centres de Météo France étaient en grève à l'appel de Spasmet/Solidaires, SNM/CGT, SNITM/FO, CFDT/Météo,
SPAC/CFDT, dans le cadre du mouvement des fonctionnaires, selon Spasmet. Ils étaient, selon les directions, 20 % de grévistes à GDF et 18,8 % à EDF contre la réforme des régimes spéciaux de
retraite et en soutien aux fonctionnaires, à l'appel de la CGT, FO, Sud et de l'Unsa. Appels à la grève également suivis sur les antennes de France 3 et de Radio France. Les quotidiens nationaux
étaient absents des kiosques mardi, en raison d'un mot d'ordre de grève lundi d'une branche du syndicat du Livre CGT, qui dénonce le projet de réorganisation aux NMPP et exige l'ouverture de
négociations salariales.
CHEMINOTS,ENSEIGNANTS,FONCTIO
NNAIRES, ÉLECTRICIENS DÉFILENT À
ARRAS
PLUS DE 1500
PERSONNES À
L’UNISSON
CONTRE
LA RÉGRESSION
SOCIALE
Par Pierre Pirierros
Place de la Gare, à Arras, mardi 20 novembre, 10 H, le rendez-vous est dans toutes
les têtes depuis quelques jours. Les premiers sur place sont les militants communistes arrageois, suivis des hospitaliers de Lens, des agents et techniciens de France Télécom, des postiers, des
étudiants de l’université d’Artois. Les cheminots grévistes d’Arras, Lens, Béthune rejoignent la mobilisation des personnels de la fonction publique. Les drapeaux de la CGT, (en très grande
majorité), de la FSU, de Sud Solidaires, se distinguent dans la foule. “Tous ensemble !” “Retraite, retraite... misère... misère répond Sarko !” Deux exemples de slogans repris à
tue-tête. Personnels hospitaliers, cheminots, électriciens, gaziers, salariés du privé à l’unisson
co
LA manifestation
intersyndicale s’annonçait très prometteuse et le pari d’une forte riposte à la politique du gouvernement et du Medef fut gagné haut la main. Les communaux se regroupaient à la préfecture, les
deux cortèges n’en faisaient plus qu’un ; le chiffre exact est difficile à évaluer, plus de 1500 pour la CGT, 2000 pour les plus optimistes. Mais, par une matinée pluvieuse, la participation de
plusieurs professions, d’étudiants et de jeunes est le gage d’un succès, annonçant une riposte nationale contre la politique de régression sociale, distillée, jour après jour, par Sarkozy et ses
ministres.
Le gouvernement promet "travailler plus pour gagner plus", mais en réalité c’est travailler plus, plus durement, pour gagner moins. Les salaires sont tassés vers le bas. 30 % des salariés ont vu baisser leur salaire l'an dernier. Tous les niveaux d'embauche sont rabaissés, les possibilités de promotion sont réduites comme peau de chagrin. Les salariés ont la volonté de s’organiser ; de nombreux arrêts de travail sont à signaler, dans la fonction publique, que ce soit, chez les communaux d’Avion, de Billy-Montigny, de Liévin, d’Houdain, chez les enseignants des principaux lycées et collèges du Pas-de-Calais, chez les électriciens et gaziers des secteurs d’Arras et de Béthune...
Les hospitaliers, eux, sont dans l’action mais seules des délégations d’entre eux sont présentes dans la manifestation, réquisitions obligent.
L’Hôpital public en danger
Isabelle Cnudde, secrétaire CGT du Centre hospitalier de Lens, est catégorique, “l’hôpital public est en danger ! Tous ensemble, nous devons nous mobiliser pour sauver l’hôpital public en refusant les plans d’économies injustes. Exigeons des moyens pour améliorer la situation sanitaire des habitants du Nord/Pas-de-Calais. Au Centre hospitalier de Lens, un “plan d’économie” perdure c’està- dire des suppressions de postes, par centaines, la remise en cause des 35 heures, des gels de postes par dizaines. Le chantage à l’emploi de la direction de l’établissement est l’expression d’un mépris total envers les personnels, leurs statuts et la fonction publique hospitalière. À ce mépris envers les personnels, la direction avance le blocage des salaires, le blocage des déroulements de carrière et l’hypocrisie sur le dialogue social, le non remplacement des départs en retraite...” Patrick Vanderpotte, secrétaire de la Santé CGT ne dit pas autre chose. Cette mobilisation massive confirme les fortes attentes des personnels que ce soit en matière de salaires, d’emploi public, de missions et de conditions de travail.
Ce mouvement porte l’exigence d’un service public de qualité pour satisfaire les besoins de la population. Le débat avec les personnels et les patients se tient évidemment à la lumière d’un contexte difficile à écarter pour apprécier des avancées éventuelles pour les salariés et pour le devenir du service public hospitalier : qualité du dialogue social en baisse, dégradation historique de la situation budgétaire des établissements, vécu et conditions de travail difficiles, salaires et reconnaissance professionnelle en berne, déficit d’emplois, précarisation en augmentation, pénurie de personnels qualifiés. Donc, une crise professionnelle, budgétaire confirmée.
“L’intersyndicale arrageoise”, la banderole de tête
La banderole de l’intersyndicale arrageoise se met en place, la manif démarre, elle va emprunter les rues principales de la ville jusqu’aux abords de la préfecture puis reprendre le chemin inverse jusqu’à la place de la Gare. Henri Tobo, syndicaliste, portevoix en bandoulière, réclame “l’énergie pour l’Homme pas pour les actions !”.
EDF n’est plus, il est vrai, un Etablissement public à caractère industriel et commercial, c’est une société anonyme. Depuis juillet 2007, c’est un marché immense entré tout droit dans la déréglementation, contre les intérêts de la population. Les prix du gaz s’envolent !
Les cheminots grévistes en masse
Les cheminots, eux, en nombre significatif, défilent en rangs serrés, fumigènes à la main. Alain, contrôleur, ASCT (agent spécialisé du contrôle technique), depuis 30 ans, est excédé lorsqu’on le présente comme un privilégié ! “Le processus de négociations, ditil, que nous avons ensemble imposé au gouvernement et à la direction de la SNCF est lourd de sens pour notre avenir et notre statut. Nous serons attentifs aux premiers éléments de réponse qui nous seront apportés et réitérons notre engagement pour maintenir et améliorer le régime spécial de retraite des cheminots et leurs droits. La direction de la SNCF qui refusait depuis des mois de discuter sur le fret SNCF, est contrainte d’annoncer l’ouverture d’une discussion plus approfondie avec les organisations syndicales et les cheminots sur cette question”.
Didier Zéni, secrétaire de la CGT de Lens, souligne, avec force : “la mobilisation à tous les niveaux de la profession est réelle, elle concerne tous les cheminots, toutes catégories confondues.” Aussitôt après la manifestation, ce dernier repartait pour l’AG en gare de Lens où le mouvement était reconduit pour 24 heures. Les attaques contre les régimes spéciaux de retraite précèdent de nouvelles attaques contre le régime général avec une énième réforme des retraites prévue en 2008 !
Le soutien des communistes
Jean-Claude Danglot, Cathy Poly, Dominique Watrin, Hervé Poly, Bruno Troni, apportaient aux manifestants tout leur soutien pour cette journée d’action. Les maires PCF, de leur côté, soutenaient également les Territoriaux lors des différentes mobilisations locales. Au-delà des cheminots et des électriciens, tous les salariés sont montrés du doigt par le président de la République comme étant ceux qui freinent la croissance et ne comprennent pas son “message” des réformes. Mais pas un mot sur le pouvoir d’achat. Jacques Leroux, Jean-Louis Boulet, de l’Indecosa-CGT de Bruay-la-Buissière, défilent, à l’unisson contre la régression sociale. Le jeudi 29 novembre à 17H30, ils organisent une assemblée- rencontre sur le logement, salle du Temple, à Bruay. Hawker, F.M, les métallos étaient également dans la lutte et rejoignaient le défilé. “Ensemble dans l’unité pour dire non aux régressions sociales”, la manifestation arrageoise était un beau succès.
Liberté 62 n°784- Le 23 Novembre 2007 - 6 - Social
LES LYCÉENS REJOIGNENT LE MOUVEMENT
CONTRE LA LOI LRU
Le mouvement de contestation de la loi LRU a pris encore de l'ampleur cette semaine. Dans la région lilloise, il s'est étendu des universités de lettres et de sciences à celle de droit et à l'IUT de Tourcoing mobilisant étudiants et personnels. Les lycéens sont aussi entrés dans le mouvement.
DES assemblées générales (AG) et des opérations de blocage ont été organisées dans différents lycées de Lille (Queneau, Montébello, Fénelon, Faidherbe...). Dans le Pas-de-Calais, l'université d'Arras et quelques lycées de la région lensoise sont rentrés dans le mouvement. Mardi, la participation des étudiants et des lycéens à la manifestation des fonctionnaires pour l'emploi et le pouvoir d'achat a été plus que sensible.
Extension de la mobilisation aux lycées
Cette extension du mouvement anti- LRU des universités aux lycées a pu être observée partout en France. L'Union nationale lycéenne (UNL) a fait ainsi état en début de semaine d'une dizaine de lycées bloqués à Paris, tandis que la Fédération indépendante et démocratique lycéenne (FIDL) a affirmé qu'une "centaine" de réunions d'information sur le mouvement de mardi et sur la loi sur l'autonomie des universités se sont tenues dans des lycées. "On comptait une dizaine de lycées bloqués à Paris (Colbert, Lamartine, Hélène- Boucher...), a affirmé l'UNL dans un communiqué, qui ajoute qu"'un lycée était bloqué à Tours par les élèves suite à un vote en assemblée générale" et que "dans deux autres, des barrages filtrants ont été installés". "D'autres lycées étaient bloqués dans certaines grandes villes de France" (Tours, Avignon, Marseille, Orléans, Angoulême, Lyon...) ajoute le syndicat. "Les lycéens sont en première ligne aujourd'hui dans la mobilisation unitaire pour manifester leur rejet des coupes budgétaires dans l'Education nationale et du risque de sélection contenu dans la loi Pécresse sur l'autonomie des universités", explique-t-il. De son côté, la FIDL a appelé dans un communiqué "l'ensemble des lycéens à amplifier le mouvement en se mobilisant jeudi 22 novembre par le biais de manifestations, d'assemblées générales, de sit-in, et de happenings".
Plus de la moitié des universités françaises mobilisées
Du côté des universités, on pouvait dénombrer mardi plus de 44 sites universitaires mobilisés, dont 30 bloqués à divers degrés (blocus, barrages filtrants, fermetures administratives...). Dans le détail, outres les universités de Lille I, de Lille II, de Lille III et d'Arras étaient bloqués pour tout ou parti, les universités d'Amiens, d'Angers, d'Aix-Marseille, de Bordeaux I, Bordeaux II et Bordeaux III, de Caen, de Chambéry, de La Rochelle, du Havre, de Limoges, de Montpellier II, de Nancy II, d'Orléans (lettres, sciences), de Paris III, de Pau, de Perpignan, de Poitiers, de Reims (droit et lettres), de Rennes I et II, de Rouen, de Toulouse II et III, de Tours et l'IUT de Tarbes. Des barrages filtrants ont été installés devant les universités de Grenoble I et III, ou pour accéder à la bibliothèque de Tours. Aix-Marseille I, Montpellier III, Nantes, Paris I-Tolbiac et Paris VII, Strasbourg II, Saint-Etienne étaient fermées par décision de l'administration. Anoter aussi, la quatrième coordination nationale étudiante contre la loi LRU se tiendra samedi et dimanche à Lille. La troisième réunion de la coordination s'était déroulée le week-end dernier à Tours et avait rassemblé les 165 étudiants mandatés représentant les universités mobilisées.
Le PCF a déposé une loi pour l'abrogation de la
loi Pécresse
Si Ségolène Royal, l'ex-candidate socialiste à l'élection présidentielle a affirmé mardi que "l'autonomie des universités est une bonne réforme", le député communiste du Val-de- Marne, Pierre Gosnat, a annoncé avoir déposé vendredi dernier une proposition de loi pour l'abrogation de la loi Pécresse, afin de manifester le soutien des élus communistes aux étudiants en grève. "Solidaire avec les étudiants grévistes", Pierre Gosnat demande, dans un communiqué, que le débat sur la loi d'autonomie des universités "soit à nouveau ouvert à l'Assemblée nationale". Selon le député communiste, "la mise en concurrence des universités, la privatisation du financement de l'enseignement supérieur français, le manque de démocratie dans le fonctionnement des établissements sont sous-tendus" par l'application de la loi Pécresse du 10 août 2007, dont il demande l'abrogation.
Liberté 62 n°784- Le 23 Novembre 2007 - 7 -Social
À SAINT-OMER :
RENCONTRE-DÉBAT DES ACTEURS DU MOUVEMENT SOCIAL
ET D’ÉLUS COMMUNISTES DU CONSEIL RÉGIONAL
PRISE EN COMPTE IMMÉDIATE
DES REVENDICATIONS FONDAMENTALES
SUR L’EMPLOI ET LES CONDITIONS DE TRAVAIL
Par Pierre Pirierros
“Comment s’imprégner du terrain pour poursuivre le dialogue avec le monde ouvrier ?” Cette réflexion, aux antipodes du “ronron” institutionnel, a pour mérite d’aller à la rencontre de celles et ceux qui vivent les difficultés sociales au quotidien, dans leurs entreprises, leur bassin d’emploi, leurs communes. Alain Bruneel, président de la commission de développement économique du Conseil régional, Jean-Claude Danglot, sénateur, conseiller régional, ont, durant deux bonnes heures, eu un contact étroit avec des verriers, des papetiers, des étudiants, des enseignants, des jeunes de la JOC. René Vandenkoornuyse, secrétaire de la section communiste locale, intervient sur les relations entre l’Éducation nationale et la formation initiale.
LE Schéma régional de développement économique, adopté en novembre 2005, a pour but de fédérer toutes les énergies citoyennes. Qu’en est-il vraiment ? C’est en amont, avec les acteurs du mouvement social, que doit s’engager la discussion et cette pratique concerne les quatorze bassins d’emploi du Nord/Pas-de-Calais. L’Audomarois ouvrait, le 15 novembre dernier, toute une série de réunions. Il est vrai que les stratégies purement financières brisent les solidarités humaines, le pouvoir économique libéral a renoncé à agir pour réglementer le champ économique en laissant libre cours à la toute puissance des marchés. Ces débats sont une nécessité face à des défis stratégiques, dont les contrats de projets 2007-2013. Perspectives d’avenir et contenu politique, les élus communistes de la Région organisaient, donc, une rencontre- débat, à Saint-Omer, avec les syndicalistes de Saint-Omer. Sur l’idée d’avoir le retour nécessaire des préoccupations des salariés, le dialogue démarre au quart de tour puis très vite le social débouche sur le politique. Quoi de plus normal, dans une période où le rapport de forces est une question d’actualité et où l’attitude de la droite du “travailler plus pour gagner plus” est démagogique et anachronique. C’est tout l’avenir qui est posé et l’enjeu de l’emploi ne peut laisser personne indifférent. La situation sociale est le reflet générale de la société, les fermetures d’entreprises concernent tous les secteurs d’activités et toutes les zones géographiques. La contre-offensive des salariés s'appuie sur des revendications fondamentales qui recouvrent l'ensemble des préoccupations d'aujourd'hui, emploi, pouvoir d'achat, droits sociaux, retraites, salaires, conditions de travail, code du travail, sécurité sociale, garantie des services publics. Marquer un coup d’arrêt à l’entreprise de liquidation des emplois est une ambition tout à fait légitime défendue par les syndicalistes d’un secteur qui compte des entreprises du Papier et, surtout, Arc International dont les postes de travail sont mis à mal par une stratégie délibérée de renoncement, encadrée par un accord de méthode, synonyme de dégraissage et de recul social.
Alternative
Par ailleurs, le gouvernement actuel veut céder les biens de la Nation aux appétits financiers et tout marchandiser et la Région Nord/Pas-de-Calais (et l’exécutif PS/Verts) ne s’opposent pas frontalement au capital. Et Alain Bruneel de souligner combien “une alternative progressiste est possible avec les forces des territoires et tous les acteurs concernés par le développement de l’emploi et sa pérennité.” Devant l’obstination de la droite et du Medef, il s’agit de créer un rapport de forces décisif. L’avenir de notre société en dépend. Jean-Claude Danglot insista sur “la question fondamentale de la prise en compte des revendications économiques, sociales, humaines et non pas un alignement sur des politiques qui tournent le dos au chômage, à la précarité et à l’exclusion”. Le contrôle des fonds publics versés aux entreprises est une exigence qui, en période de casse de l’emploi, gagne du terrain et pas seulement chez les syndicalistes et les salariés concernés. Aussi, la plus grande des transparences est une garantie pour avoir toutes les cartes en mains et toutes les données économiques afin d’obtenir une information des plus fiables. L’existence d’une commission extra-régionale sur le contrôle des fonds publics est à apprécier à sa juste valeur mais des embûches existent et gênent une évidente transparence... En ce qui concerne Saverglass à Arques et le chantage des fonds publics pour son installation et le rachat du four V d’Arc International, les élus communistes précisent d’emblée qu’ils ont voté contre la subvention (1 million d’euros) versée par le conseil régional. Saverglass va s’installer avec le soutien de fonds publics.
Arc International casse l’emploi
La rencontre-débat avec des syndicalistes d’Arc International, d’Arjo- Wiggins, de Cascades SA, de l’UL CGT de Saint-Omer, fut des plus riches avec des interrogations précises sur l’avenir et les potentialités existantes. “Les licenciements sont une partie de l’iceberg, dira Evelyne Largillière, secrétaire de la CGT d’Arc International, mais c’est aussi toute la lutte contre la casse de l’emploi qui est à mettre en évidence. Arc International va mal, c’est tout un secteur géographique qui en paie les conséquences, de Calais à Dunkerque, d’Armentières, de Lille et bien sûr de Saint-Omer. Tous les secteurs nous préoccupent et l’unité de “Blaringhem” (le cristal) ne sera pas épargné, mais pas tout de suite... C’est une crise profonde, crise apparue de jour en jour avec l’arrivée sur place de Saverglass, dans l’unité historique d’Arques. Le four V est de toutes les convoitises. N’oublions pas que nous sommes en sureffectif d’ici 2008 ; l’on apprenait, au mois de juillet dernier, l’arrêt total du four V mis en service (un fleuron technologique) en 1999 et l’arrivée in situ du flaconnier Saverglass. Cette unité va fabriquer - à l’arrivée juin 2008 - 90 000 tonnes de verre avec un effectif de 270 personnes. Mais pourquoi Arc ferme son four ? C’est une question de fond. Les mutualisations, les externalisations, les filialisations (imprimerie, robotique) sont le lot commun de toute une politique enclenchée par la direction avec les restructurations profondes de l’automne 2004.” Couper les branches de l’arbre équivaut à ne s’occuper que du verre et mettre un terme à la structure même. Tout est fait pour les usines à l’étranger, comme aux Émirats arabes unis. Ainsi, en reprenant un peu l’historique de ces dernières années, on notait un effectif de 12 000 personnes, voire un peu plus dans les années 2001, 2002. Le calage du plan de sauvegarde s’articule autour de l’accord de méthode signé le 21 décembre 2004 avec les effectifs de juillet 2004, (11700), qui faisait suite à l’annonce des 2659 suppressions d’emploi qui se sont traduits et devenus quelques semaines plus tard lors de la signature de l’accord de méthode, refusé par la CGT et FO, par 4000 suppressions d’emplois, d’ici 2008. Alors, lorsqu’on soustrait, les 4000 emplois des 11700, l’on obtient 7700, c’est la configuration à retenir. Actuellement, nous sommes au milieu de l’application du plan, (prévu sur quatre ans) avec les départs qui vont avoir lieu cette année et en 2008. Jacky Desquirez, secrétaire de l’Union locale CGT, délégué d’Arjo Wiggins, est catégorique “rien n’est fait pour pérenniser le site, dit la CGT, les conditions de travail se dégradent. La plus grande des vigilances s’impose à tous les niveaux. Cette vigilance fait partie de l’action syndicale pour l’amélioration des salaires, des conditions de travail et surtout la mobilisation contre toute restructuration nuisible à l’emploi. Spécialisée dans le papier de qualité et le papier haut de gamme, l’entité Arjo Wiggins de Wizernes fait partie de la branche dite “papier couché”, avec une longue histoire dans cette vallée de l’Aa. Il y a peu, 52 embauches étaient programmées et devaient s’ajouter aux 470 personnes, avec les départs en retraite et autres départs déguisés, l’effectif est, aujourd’hui, de 368. On est loin du compte promis par la direction.” Evelyne Largillière, Jacky Desquirez, Franck Saillot, les syndicalistes, comme les enseignants ou les représentants de la JOC font le lien avec la situation politique. “Licencier à bon compte, comme aux Brasseries de Saint-Omer. Il n’est plus possible de constater les dégâts et d’en subir les conséquences”. Les élus communistes régionaux ont pris l’engagement de réunir toutes les interventions et d’en faire le bilan global à l’issue des débats des quatorze bassins d’emplois. “Rien ne vaut le contact direct. L’échange et le dialogue sont irremplaçables !”
Liberté 62 n°784 - Le 23 Novembre 2007 - 10 – Économie
RELANCE DE LA COMMISSION PARLEMENTAIRE PAR LE COLLECTIF “LBO”,
PILOTÉ PAR ALAIN BOCQUET
LES FONDS D’INVESTISSEMENT SUR LA SELLETTE
Par Pierre Pirierros
Le collectif LBO piloté par Alain Bocquet, porte-parole des députés communistes, met en avant sa demande d’enquête parlementaire sur ces capitaux destructeurs pour les entreprises. Le collectif LBO («leverage buy out») a de la suite dans les idées. Présidé par Philippe Matzkowski, syndicaliste, le collectif a relancé, récemment sa demande de création d’une commission d’enquête parlementaire sur les fonds d’acquisition d’entreprises par “effet de levier”. La proposition communiste d’enquêter sur ces fonds avait été retenue par la commission des Finances de l’Assemblée nationale, avant les élections législatives. Alain Bocquet remet le dossier sur la table.
CONDUITE à examiner le 17 janvier dernier, une première proposition de création de commission d’enquête sur la place et le rôle des fonds d’investissement dans l’économie, présentée par les députés communistes et républicains, la Commission des finances en avait rejeté le principe, mais avait convenu : "d’une part, de procéder prochainement à l’audition de plusieurs acteurs du secteur, comme l’AFIC, le "Collectif LBO" et CDC Capital Investissement, et, d’autre part, que la Commission des finances de la prochaine législature organise une mission d’information". Dix mois plus tard, et malgré l’urgence économique et sociale, ces décisions n’ont été que partiellement mises en application. Seule une partie des auditions prévues, auxquelles il faudrait ajouter de nombreuses autres, a été réalisée le 24 janvier, sans traiter d’ailleurs l’ensemble des problèmes posés par l’irruption du dispositif des LBO (Leveraged buy out) dans l’économie, ni faire non plus le tour de ceux abordés le 24 janvier. Et, en dépit de la constitution d’une nouvelle Commission des finances pour cette législature, la mission d’étude n’est toujours pas engagée ni le Collectif LBO auditionné. Or, les réunions des 17 et 24 janvier de la précédente Commission, avaient confirmé l’ampleur des problèmes posés. Et nombre d’événements, économiques en priorité, survenus en 2007 notamment cet été, ont tendu une situation déjà fort préoccupante.
Avant de les évoquer, il faut revenir sur les décisions de janvier dernier, de la Commission des finances. Ces décisions étaient intervenues en effet au terme d’un échange nourri par un rapport consacré au dispositif des LBO. Dispositif qui, il faut le rappeler, permet l’acquisition d’entreprises par un endettement pouvant atteindre 75 % ou 80 %, voire plus, du coût de l’opération dont la charge est imputée à la société cible et donc à ses salariés. Ce rapport mettait en avant : le poids économique manifeste acquis par les fonds d’investissement ; la méconnaissance de leurs effets sur l’emploi, les salaires et les conditions de travail. Sur le premier point, les données publiées par l’Association Française des Investisseurs en Capital (AFIC), sur la base d’une étude du cabinet Ernst & Young, constituent des éléments utiles, d’appréciation de la situation. En 2005, le capital investissement a levé en France, 12 milliards d’euros et a investi 8,1 milliards d’euros dans 1.253 entreprises non cotées, soit une hausse de 55,6 % par rapport à 2004. Il représente, à travers les 4.852 entreprises en portefeuille, près de 200 milliards d’euros de chiffre d’affaires, et plus de 1,5 million d’emplois, soit près de 9 % des effectifs salariés du secteur privé. Mais ces chiffres ne permettent pas d’apprécier l’expansion continue du système des LBO — en 4 ans le marché européen des LBO a pratiquement triplé —, ni son extension à l’ensemble des secteurs de l’économie française, qu’il s’agisse par exemple comme aujourd’hui, de la santé et des activités médicales (résidences médicalisées), ou dans une toute autre direction, de la plasturgie. Ce travail indispensable reste à faire. Impacts sur l’économie La délimitation de l’objet de l’enquête semble donc pleinement assurée, puisqu’il s’agit non seulement de mesurer l’importance acquise dans les dernières années par les fonds d’investissement dans l’économie française, mais également de présenter l’une des techniques particulières utilisées par ces fonds dans le domaine de la transmission de capital. La finalité de l’enquête consiste bien à évaluer l’impact de ce type d’opérations d’investissement sur les salariés des entreprises rachetées par ce biais. Enfin, à partir de cette analyse, des conclusions sur le rôle de la puissance publique dans le capital investissement devraient être tirées par la commission d’enquête.
Le critère de la détermination des faits est donc rempli. Au surplus, si les acteurs concernés relèvent en grande partie de la sphère privée, le Parlement assure toutefois la surveillance de la Caisse des dépôts et consignations, institution financière publique, qui est devenue un acteur incontournable du capital investissement en France. En effet, aux termes de l’article L.518- 2 du code monétaire et financier, «la Caisse des dépôts et consignations est placée, de la manière la plus spéciale, sous la surveillance et la garantie de l'autorité législative», exercée par une commission de surveillance, présidée par un député et comprenant trois autres parlementaires. Cette commission exerce particulièrement son contrôle sur les décisions majeures, les orientations stratégiques, les prises de participation, la gestion des fonds d'épargne et la vérification des comptes de la Caisse. Il est donc plus qu’opportun pour la représentation nationale de se pencher sur les pratiques de ces opérateurs particuliers que sont les fonds d’investissement, à l’heure où «l’auxiliaire de l’État» dans le domaine financier en devient un acteur incontournable.
SUBLISTATIC, VICTIME
DE PLUSIEURS “LBO”
CEUX qui sont à la tête de l’entreprise Sublistatic (à Hénin-Beaumont) obéissent aux fonds de pension américains, “Acland Capital” ; “il faut intéresser l’actionnariat”, disentils. Or, les salariés de Sublistatic savent qu’on ne peut jouer impunément avec les mots, car ils expriment, hélas, une situation sociale donnée. “Le redressement judiciaire” dit bien ce qu’il veut dire ; l’entreprise est endettée avec divers “LBO” (rachat des actions de l’entreprise financé par la part d'endettement) mais, les murs ne sont pas à vendre. la direction n’a rien fait pour “arranger les choses”. Aujourd’hui, qui se soucie du sort des salariés dont le métier leur procurait une certaine fierté tant leur savoir-faire était irréprochable ? L’outil de travail est, lui, performant et l’entreprise a une dette devant les banques, cette dette, il faut à tout prix la rééchelonner. Le PDG, lui, évoquait toujours la concurrence pour s’y réfugier avant de mettre la clé sous la porte. L’usine a fait d’énormes bénéfices ; puis un beau jour, des marchés (précisément la pose de motifs sur du tissu et du textile) de plus en plus nombreux partaient vers d’autres pays. Trois “LBO”, (Leverage buy out) successifs ont été pratiqués ce qui n’est pas rien. Le LBO est une opération d'acquisition d'une entreprise financée par un fort recours à l'endettement. Voilà. Cette agressivité financière n’était pas faite pour l’emploi. L’employeur, lui, a gagné de l’argent, beaucoup d’argent. Les salariés mènent toujours la bataille juridique. pour l’outil de travail. Sublistatic (Hénin-Beaumont) : tout a été vendu aux enchères… Photos Liberté 62
Liberté 62 n°784 - Le 23 Novembre 2007 - 11 -Social
LE LOUVRE LENS :
LA CGT CONSTRUCTION DU PAS-DE-CALAIS EXIGE
LA TRANSPARENCE TOTALE POUR LE FUTUR CHANTIER
Par Pierre Pirieros
Le Louvre Lens : un gros chantier s’annonce dans les mois à venir et la CGT Construction tient à souligner toute sa vigilance quant aux entreprises du bâtiment (petites ou grandes) qui vont y travailler. Cette vigilance sera maintenue tout au long du chantier. Au-delà de toute vélléité d’en faire une structure d’importance nationale - mais sans aucune subvention d’État, contrairement au “Centre” Pompidou à Metz - le Conseil régional place sa construction dans un enjeu culturel mais il faut bien rappeler, ici, que le Nord/Pas-de- Calais ne manque pas de musées sur tout son territoire. Cela dit, la CGT Construction ne s’en laisse pas conter sur ses revendications fondamentales, que ce soit pour les appels d’offres, les contrats, les embauches, les conditions de travail, les temps de travail, la sécurité, l’hygiène.
Christophe Van Lierde, secrétaire de la CGT Construction du Pas-de-Calais, a choisi, précisément, le site du futur chantier pour y rencontrer les médias, le 20 novembre dernier, jour de la mobilisation dans la fonction publique. Dans le défilé d’Arras, organisé dans ce contexte de lutte, il nous précisait combien “des constructions de ce type nous obligent à garder la plus grande des prudences sur l’arrivée de grands noms qui ont pignon sur rue. La construction de la prison de Sequedin est cité en exemple comme une affaire où il n’y avait une totale transparence. C’est pour cela que nous adressons, d’ores et déjà, à la Région Nord/Pas-de-Calais, un signal fort de mise en garde. Personne n'est au dessusdes lois.” Véronique Théry, secrétaire de la CGT Construction en charge de la formation professionnelle, attire, quant à elle, l’attention des pouvoirs publics sur l’ensemble de la profession et des mesures à mettre en place, rapidement, sur les retraites, la pénibilité au travail, sa reconnaissance, les horaires de travail, la fiche de paie...
LE Grenelle qui s’est tenu les 24 et 25 octobre derniers retient que les questions de l’habitat et des transports publics sont des éléments incontournables pour réduire les émissions de gaz à effet de serre et de CO2. Pour réaliser les objectifs fixés, il faudra créer, en plus des 100 000 emplois dont le secteur a besoin chaque année, 200 000 emplois sur les nouvelles technologies visant à construire des bâtiments et des logements aux nouvelles normes européennes. Des besoins d’emplois significatifs seront également nécessaires pour renforcer les transports publics, notamment par la construction de réseaux Tramway dans les villes. Cependant, les employeurs ont beaucoup de difficultés pour fidéliser les jeunes. 54 % seulement restent dans la profession après avoir été formés aux métiers du BTP. Un sur deux quitte la profession dans les deux ans, c'est-àdire près de 35 000 chaque année. Ce n’est donc pas un problème d’accueil, voire d’image, mais bien un problème lié à ce qu’est la politique sociale dans le secteur. La CGT construction réaffirme que les questions de recrutement et de fidélisation peuvent être résolues par une véritable politique sociale dans les secteurs de la construction. Celle-ci passe par la création d’emplois stables. Aujourd’hui, nous comptabilisons 150 000 emplois intérimaires en équivalent temps plein, 1 CNE sur 5 se trouve dans le bâtiment. Alors que l’incertitude économique n’existe pas aujourd’hui. Revalorisation des salaires de 20 % tout de suite pour toutes les catégories. La moyenne des salaires dans la construction est d’environ 1 250 euros nets par mois pour un ouvrier hautement qualifié avec 10 ans d’ancienneté. Toutes les régions comptent un coefficient en dessous du SMIC et trois d’entre elles en comptent deux.
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