L'hebdomadaire communiste du Pas-de-Calais
Edition du 11 au17 avril 2008
L'hebdomadaire communiste du Pas-de-Calais
Edition du 11 au17 avril 2008
Le retour
du plombier
NOUS sommes tous des plombiers polonais aurait pu être l’un des slogans de la manifestation des syndicats européens qui a réuni samedi en Slovénie quelque 30.000 salariés de 29 pays. On se souvient sans doute comment la peur irrationnelle du plombier polonais avait été utilisée pour caricaturer, voici quelques années, tous ceux qui rejetaient, avec la directive Bolenstein, une Europe du dumping social. Ringards, chauvins, nonistes abrutis incapables d’articuler un oui intelligent… Samedi, c’est par-delà les frontières que se sont retrouvés des salariés de tous les pays européens, absolument tous, avec 54 syndicats, pour des augmentations de salaires. Depuis plus d’une semaine, c’est par-delà les frontières que les salariés de Renault en France apportent leur soutien à leurs collègues de Dacia, en Roumanie, qui revendiquent à juste titre des augmentations de salaries. Qui a peur de l’autre ?
L’inquiétude, elle était samedi chez les ministres européens des Finances, réunis au moment même où se tenait cette manifestation. Tous ont appelé, avec une touchante unanimité, à la modération salariale. Tous ont invité à ne pas suivre, surtout, le déplorable exemple de la fonction publique allemande, qui, après des mois de gel, vient d’obtenir 8 % étalés sur deux ans.
Réponse d’un responsable syndical allemand : «Si nous pouvions nous immiscer dans la politique des taux d’intérêt avec la même véhémence, je serais vraiment content.» La remarque, de fait, vaut son pesant d’euros. Le seul organisme sur lequel les institutions de l’Europe, et a fortiori les peuples, n’ont aucun droit de regard, c’est la BCE, que les ministres des Finances suivent docilement. La Banque centrale européenne, laquelle surveille en revanche les salaires comme le lait sur le feu… Mais laisse filer les prix et les dividendes.
Les riches deviennent plus riches et les pauvres plus pauvres, a ainsi commenté le secrétaire général de la Confédération européenne des syndicats, John Monks. L’Europe sociale n’est pas dans les textes. Ceux-ci, au contraire, visent à mettre en concurrence les salariés entre eux. La directive Bolkenstein, sortie par la grande porte après avoir été démasquée, est revenue par la fenêtre sous un autre déguisement. La manifestation de samedi est une riposte d’ampleur. L’union sur des objectifs communs des salariés de tous ses pays peut être une idée neuve en Europe. La grande idée neuve de l’Europe peut-être, et ses effets d’entraînement pour l’ensemble des salariés du monde seraient alors considérables.
La question des salaires est au centre des conflits sociaux ces derniers temps. Parce que c’est d’abord là que se joue le conflit entre le capital et le travail.. On sait que la part des salaires dans la valeur ajoutée a baissé de près de dix points en France depuis 1982, selon les chiffres de l’INSEE. De près de neuf points pour l’ensemble de l’Europe. La semaine passée, en France, des arrêts de travail pour les salaire ont eu lieu à la Redoute, chez Manpower, chez Picard, Mondial Assistance, au Crédit lyonnais, au Crédit du Nord. Cette semaine ce sera chez BNP Paribas, à la Banque populaire…
Il s’agit, dans toux ces cas de grands groupes qui versent chaque année de confortables dividendes à leurs actionnaires. Mais la question des salaires n’est pas que de justice. La crise financière mondiale est celle d’un moteur suralimenté. À force de gonfler, il s’étouffe et cherche à toute force comment restaurer ses profits, là où ils sont menacés et en faisant payer les salariés et les peuples. Augmenter les salaires, c’est remettre de l’argent dans l’économie réelle, la consommation, la croissance. Redonner, dans tous les pays, sa place au travail et leur place aux salariés. Plombiers ou pas,polonais ou non.
Politique
Trois cent cinquante
pour un nouveau départ !
Les militants communistes et de nombreux sympathisants se mettent en marche pour reconquérir la municipalité.LA décision du Comité de section, tenu le 27 mars dernier, de réunir 5 jours plus tard, le 2 avril, une Assemblée militante était importante après le choc provoqué par l'élection de l'UMP Natacha Bouchart dirigeant une équipe de «Bric et de Brac» avec l'aide du Front national...
Politique
Conseil général - L'Assemblée départementale a adopté les bases de son fonctionnement
Social
À la rencontre des Rroms d’Albanie
Trois cent cinquante
pour un nouveau départ !
Les militants communistes et de nombreux sympathisants se mettent en marche pour reconquérir la municipalité.
LA décision du Comité de section, tenu le 27 mars dernier, de réunir 5 jours plus tard, le 2 avril, une Assemblée militante était importante après le choc provoqué par l'élection de l'UMP Natacha Bouchart dirigeant une équipe de «Bric et de Brac» avec l'aide du Front national.
Le pari fut tenu comme l'indiquait Bertrand Péricaud pour le secrétariatde section du PCF devant 350 personnes (on peut vérifier sur le site www.calaistv.fr qui a relaté jeudi 3 avril l'initiative). Pour Bertrand Péricaud : «Les communistes calaisiens tireront du réconfort de votre nombreuse présence ce soir et surtout la force de se lancer à la reconquête de la municipalité».
Ce n'est pas le bilan de gestion municipale de gauche qui a été sanctionné
Beaucoup s'interrogent encore sur les causes de l'échec de la liste conduite par Jacky Hénin dont c'était le 1er mandat comme maire après Jean-Jacques Barthe. Candidats et membres du comité de section, réunis le 27 mars, avaient chargé Bertrand Péricaud de donner des pistes d'analyse et de réflexion pour demain. Tant de travail avait en effet été fait en 7 ans... La rénovation du centre ville, le centre commercial «4B» au coeur de la ville, la piscine-patinoire ICÉO accessible à tous, les nouveaux locaux du «Channel», les travaux de la cité internationale de la dentelle et de la mode, le futur stade de l'Epopée, le nouveau centre administratif municipal et celui des services techniques,les nouveaux locaux de la CAC, ceux des transports urbains, la mise en route des grands chantiers de rénovation urbaine avec les premières démolitions de grands immeubles vétustes à Matisse, Rodin, la construction par l'OPHLM de quartiers nouveaux et à taille humaine du Rond point des Droits de l'homme au quartier Salengro au Fort Nieulay, l'implantation d'Armatis, de la zone commerciale Curie, la perspective du nouvel hôpital zone du Virval, etc...
Avec un tel bilan, lié à quantité de travaux dans les quartiers et d'initiatives pour la vie au quotidien, la gauche unie (PCF, PS Officiel, MRC, PRG, Écologistes locaux) ne pouvait pas perdre ! Et avec le projet, la vision d'avenir dont elle était porteuse encore moins ! L'échec a été d'autant plus sévère, d'autant plus injuste, à contre-courant de ce qui se passait nationalement, qu'il ne s'est pas produit sur la base de la gestion municipale, du bilan jamais contesté des réalisations 2001-2008 mais sur une campagne haineuse de destabilisation menée contre le maire. Il suffirait pour s'en convaincre de consulter la presse locale depuis le 16 mars pour mesurer qu'il n'y a plus désormais de retenue du tout...
Une machinerie anti-PCF et anti-Hénin
Certes, le terrain avait été préparé de longue date par une partie des médias (le quotidien «Nord Littoral» s'ingéniant depuis 2004 à «Tailler un costume sur mesure à Jacky Hénin») mais les législatives de juin 2007 et la défaite de l'UMP Bouchart au 2ème tour a déclenché toute une nouvelle stratégie «à la Sarkozy». Il restait alors pour la droite à construire un rassemblement de tous les anti PCF-Hénin. À jouer la carte du «changement» sans contenu (37 ans de communisme !) en menant sournoisement au départ une campagne populiste aboutissant en fin de campagne à des «arguments» du style : «Vous n'avez pas de travail ? C'est la faute à Hénin ! Venez me voir après les élections !» ou encore : «Vous n'avez pas de logement ? Vous êtes victime du «copinage» ! Venez me voir après les élections !»
Tout aura alors été utilisé jusqu'aux plus basses manoeuvres sur les indemnités des élus alors que chacun sait qu'au PCF les élus reversent l'essentiel de leurs indemnités à leur formation politique. Tout cela se développant d'abord en «souterrain» pendant que le PCF bataillait pour un accord d'union à gauche obtenu mi-janvier seulement !
Au soir du 9 mars, rien n'était pour autant joué. La «Liste d'ouverture populaire et sociale» (ça ne s'invente pas !), véritable «armée mexicaine» dirigée par l'UMP, avec le MODEM, des responsables locaux de la CFDT et quelques Kouchner à la «sauce calaisienne» faisait moins bien que les scores UMP-UDF additionnés en 2001 (36,3% contre 38,7%). Une liste, pour la première fois, du Front national (12%) annonçait une triangulaire au 2ème tour... La liste d'union à gauche, en recul de 10% sur le 1er tour 2001, restant en tête avec un «réservoir» potentiel de voix avec les 5% des Verts, 4% de la LCR, 3% de LO... et sans compter les abstentionnistes du 1er tour particulièrement nombreux dans les quartiers populaires (entre les deux tours une centaine de militants en quatre jours sont allés à la rencontre de près de 9500 abstentionnistes !). Tout cela n'aura pas suffi à déjouer les manoeuvres politiciennes...
◗ Le Front national a négocié contre espèces son retrait. Le conseiller régional Dubout cocufiant ainsi son électorat pour laisser le champ libre à l'UMP.
◗ les Verts et leur conseillère régionale Bourgeois en sortant d'une rencontre avec Bouchart se fendrait d'une déclaration très médiatisée contre le vote Hénin.
◗ Sans parler des phrases assassines de L. Roussel préférant liquider la LCR locale que d'appeler au rassemblement de toute la gauche, ou de l'appel d'un ex-candidat LO appelant à barrer la route aux communistes et à Hénin. La machine infernale était lancée...
Maintenant créer les conditions politiques de la reconquête
Avant de laisser la parole à Jean Hénard, animateur du comité de soutien à la liste «OUI POUR CALAIS», puis à Jacky Hénin, Bertrand Péricaud insistait sur la réunion, à nouveau, ces prochaines semaines, des militants par cellule, quartier pour faire le point sur la situation nouvelle depuis 1971 d'un parti désormais dans l'opposition localement et pour créer les conditions politiques de la reconquête.
Pas question pour les communistes de baisser les bras comme ils l'ont montré, salle du Minck, 15 jours après l'échec. Ils savent bien que si une partie importante de la population calaisienne souffre de la misère, ce n'est pas le fait de «37 ans de gestion communiste» (comme cela a été martelé pendant trois semaines de campagne) mais du capitalisme. De ce capitalisme qui ferme ici les usines pour les délocaliser en Asie ou Europe de l'Est. De ce capitalisme qui, chaque jour, réduit le pouvoir d'achat des plus modestes pour grossir les profits du patronat. L'UMP Bouchart, par la seule gestion municipale, ne fera pas plus disparaître le chômage de Calais et du Calaisis. Les communistes lui ont rappelé ses promesses démagogiques mercredi 2 avril. Plus que jamais aux côtés du monde du travail et des Calaisiens les plus modestes, les communistes Calaisiens ont pris date, avec Jacky Hénin !
REPORT DU CONSEIL MUNICIPAL
Les élus communistes s’interrogent
Le premier conseil municipal de la nouvelle mandature (pour la ville de Calais) aurait pu se tenir ce mardi 8 avril à 19 h, comme sa convocation le laissait supposer. Il n'en sera rien. En effet, le nouveau Maire de Calais a préféré ne pas donner suite au premier conseil et convoquer un nouveau conseil en date du jeudi 10 avril à 19 h. Evidemment la faute en reviendra à l'opposition qui aurait pu faire annuler les délibérations prises, car les règles de convocation du conseil n'étaient pas juridiquement exemptes de reproches ....
Plus sérieusement, c'est au maire qu'il appartient de convoquer dans les règles le conseil municipal. Aidé d'un chef de cabinet compétent, assisté d'un adjoint avocat, pouvant des services compétents dès lors qu'on les informe en temps et en heures..., il était possible de bien démarrer. Il n'en sera rien ! Pour la première fois, nous serons dans l'a peu près.....
Nous vous en informons !
PS : Les services ayant assumé leur tâche comme à l'habitude, trouvez l'erreur.
CONSEIL GÉNÉRAL DU PAS-DE-CALAIS
L'Assemblée départementale
a adopté les bases de leur fonctionnement
Dominique Dupilet a été réélu président du Conseil général. Dominique Watrin devient président du groupe communiste.
Par Jean-Michel Humez
LA semaine dernière, les élus départementaux se sont réunis pour désigner les responsables et définir les tâches à tous les niveaux du fonctionnement du Conseil général comme cela se fait après les élections cantonales. Sans surprise, Dominique Dupilet, président socialiste sortant, a été réélu avec toutes les voix de gauche. Dominique Watrin, désigné président du groupe communiste quelques jours auparavant fit une déclaration pour appeler à la vigilance et à l'action.
Plusieurs motions de la part du groupe communiste
À l'occasion de cette séance, les élus communistes ont déposé plusieurs motions. Concernant la généralisation du livret A aux banques privées, les conseillers départementauxdemandent la suppression de cette mesure et demandent lacréation d'un grand service public de crédit et de l'épargne permettantnotamment de soutenir unepolitique audacieuse du logement social.
S'agissant de la reprise par EGL (société privée australienne) de Gazonor, filiale de Charbonnages de France, les élus communistes demandent que les fruits financiersde l'exploitation de gaz de mine puissent être réinjectés enfaveur des droits des mineurs, des veuves et des habitants du bassin minier. Protestant contre l'allongement de la durée de cotisation pour une retraite à taux plein, les conseillers généraux communistes demandent une revalorisation générale des pensions et l'indexation de celles-ci sur les salaires.
Prenant l'exemple des entreprises ENCA et STAF à Hénin- Beaumont, les élus communistes demandent que toute la clarté soit faite sur les aides publiques dont ont bénéficié ces entreprises et exigent que les pouvoirs publics fassent respecter le droit du travail. Face à l'attaque massive du gouvernement contre les politiques de service pupblic qui vont passer par la suppression de nombreux postes, les élus communistesréclament le retrait du programmegouvernemental et demandent lamise en place d'un véritable débat pour assurer l'avenir de tous lesservices publics dans l'intérêt des populations et de l'aménagement du territoire.
Solidaires de la mobilisation civique, les élus communistes réclament l'arrêt du fichage généraliséde tous les enfants en âged'être scolarisés face à l'utilisation des données recueillies dans uncadre extra scolaire.Pour l'enfant, toute informationsortie de son contexte peut êtresource de discrimination.
TROIS QUESTIONS À DOMINIQUE WATRIN
Président du Groupe communiste
Vous venez d’être élu Président du Groupe Communiste du Conseil Général ?
Oui, les membres du Groupe ont souhaité se réorganiser collectivement. Les résultats des élections cantonales dans le Pas-De-calais sont en contre-tendance du national. Même si nous conservons au final le même nombre de conseillers généraux (10), nous enregistrons une baisse de 1.5 % par rapport à 2001 dans les cantons comparables (contre +0.3 % sur l’ensemble de la France). Nous devons maintenant procéder à une analyse serrée canton par canton car dans quelques cantons ruraux, nous faisons des résultats remarquables. Nous avons aussi fait la preuve avec René Hocq que nous étionsen capacité de reconquérir des cantons perdus ce que nous souhaitons aussi sur Liévin Nord.
Le Groupe Communiste a-t-il des responsabilités nouvelles dans la nouvelle configuration politique issue des élections municipales et cantonales ?
Les français ont exprimé leur exaspération face à la détérioration de leurs conditions de vie et de travail. Ils ont sanctionné nettement les contre-réformes libérales de Fillon et Sarkozy et la montée des inégalités. La gauche qui gère aujourd’hui 20 régions sur 22, 60 départements sur 101 doit maintenant faire la preuve qu’elle ne décevra pasencore, qu’elle est vraiment porteuse d’une autre politique. Le groupecommuniste du Conseil Général quiparticipe à l’exécutif départementaln’aura de cesse de rappeler cettedonne ainsi que la nécessité de résister concrètement aux mauvaiscoups en posant les questions politiquesde fond (par exemple laquestion décisive de l’Europe).
Comment concrètement entendez- vous travailler ?
J’ai évoqué devant le Groupe plusieurs pistes. Je crois qu’il nous faut en premier lieu anticiper beaucoup mieux les grands dossiers départementaux. Par exemple, quelles sont nos propositions dans le cadre du grand chantier de la jeunesse annoncée par le Président du Conseil Généralle 20/03 ?Nous devons aussi être plus attentifsà rendre compte de notre travail dans le cadre des 3 importantes délégations de vice-présidents qui nous ont été accordées (personnes âgées, enfance-famille ; nouvellestechnologies). Nous pensons également qu’il nous faudra renouer des liens plus étroits avec les syndicats et les associations. Enfin, si le Département duPas-de-Calais a évidemment ses spécificités sur beaucoup de dossiers, nous avons sûrement à travailler plus étroitement avec les élus communistes au Département du Nord ou à la Région pour nous enrichir mutuellement.
À la rencontre des Rroms d’Albanie
À l’occasion de la quatrième journée mondiale des Rroms qui s’est déroulée cette année ce mardi 8 avril, un ensemble d’initiatives culturelles et festives ont été prises un peu partout en France. En mission en Albanie, le Secours Populaire Français du Pas-de-Calais est allé à la rencontre des Rroms de Fushë-Krujë, une ville située à une vingtaine de kilomètres de Tirana. L’évocation de cette rencontre est une autre occasion de faire connaissance avec la communauté Rroms.
Par Jérôme Skalski
REPRÉSENTATIFS de leur communauté en Albanie, les Rroms de Fushë-Krujë sont sédentaires. Ils pratiquent le nomadisme, pour à peu près un tiers d’entre eux, pour fuir vers les montagnes les grandes chaleurs de l’été Albanais.
Les Rroms de Fushë-Krujë
À Fushë-Krujë, une ville moyenne située à une vingtaine de kilomètres de Tirana, la capitale de l’Albanie, les Rroms vivent, pour la plupart d’entre eux, dans un quartier distinct de situé au bord du Fleuve Noir. Installés à cet endroit depuis une quarantaine d’années, les terres sur lesquelles ils ont aménagé leur habitat ne leur appartiennent pas. Elles leur ont été octroyées, à titre gratuit, dans un esprit de solidarité, par d’autres membres de la société civile albanaise.
Un pays où l’Etat est insuffisamment impliqué dans le développement du bien et de l’intérêt public
La vie des Rroms de Fushë-Krujë, si elle est différente du fait de leurs traditions et de leurs coutumes, est similaire de celles des autres Albanais. Entre le petit commerce, le petit artisanat, le rare travail salarié et la débrouille, leurs conditions de vie sont précaires et difficiles. Dans un pays où l’Etat est peu impliqué dans le développement du bien et de l’intérêt public – une des raisons pour laquelle l’Albanie, pays en plein développement économique, souffre singulièrement de nombreuses carences dans les domaines de l’aide sociale, de la santé, de l’éducation ou encore de la collecte des déchets – la vie des Rroms est cependant plus particulièrement touchée par la pauvreté, la sous-qualification, l’analphabétisme et l’isolement social. À Fushë-Krujë, 50% des Rroms sont au chômage et 60% d’entre eux ne sont pas inscrits au bureau légal d’état civil.
Les maisons du quartier Rroms de Fushë-Krujë
Faites pour la plupart de bois, de tissus et de tôle, les maisons du quartier Rroms de Fushë- Krujë n’offrent souvent que les conditions minimales d’une vie familiale et sociale épanouies. Les habitants du quartier soulignent la promiscuité de leurs conditions de vie ou de celles de leurs voisins : les problèmes qu’ils rencontrent pour s’approvisionner en eau potable, pour se chauffer, pour garantir l’isolation des murs et des toits de leurs maisons. Dans ce domaine comme dans ceux de la santé ou de l’éducation, la solidarité intracommunautaire ou celle dont font preuve les autres membres de la société civile albanaise ne suffit pas. Dans la mesure où l’Etat Albanais ne s’implique pas pour améliorer leur condition économique et sociale, elle requiert un engagement important de la solidarité internationale.
La situation du quartier Rroms évolue cependant, des maisons «en dur» se construisent et certaines d’entre elles atteignent le standard de la maison individuelle de l’Albanais de condition sociale moyenne. En fait, entre l’extrême précarité des maisons en toile, en tôle ou en bois et les maisons de deux étages, il existe toute une palette intermédiaire d’habitats dans le quartier.
Une vie associative riche
Possédant une vie associative riche et vivant en bonne intelligence avec les autres membres de la société civile albanaise – il faut souligner ce dernier point : la bonne entente entre membres «ordinaires» de la communauté nationale et des Rroms est trop rare, non seulement dans les Balkans mais encore dans notre propre pays- , la vie des Rroms de Fushë-Krujë est appelée, comme celle des autres Albanais, à s’améliorer. Elle bénéficie d’un terrain propice du fait de l’esprit de tolérance, de respect et de laïcité qui règne dans la société civile albanaise. L’action des femmes du quartier – au centre de la vie sociale des Rroms de Fushë-Krujë comme dans celles des autres communautés Rroms d’Albanie – va résolument dans ce sens. Elle doit rencontrer d’urgence notre solidarité.
Liberté 62 n°803
L'hebdomadaire communiste du Pas-de-Calais
Edition du 04 au 10 avril 2008
Ouverture au centre
Par Jean-Michel Humez
SI dans un premier temps, Nicolas Sarkozy a limité les contacts et les rapprochements avec le centre, il apparaît que l'évolution de la situation le ramène à un autre raisonnement. Les élections municipales et cantonales s e m b l e n t avoir été le déclic dans ce début de changement de positionnement,les électeurs du centre etplus particulièrement ceux duMODEM ayant aidé à faire élirede nombreux élus socialistes.
Certes le président de la République considère que le résultat des récentes élections n'est qu'une péripétie comme l'ont connue les présidents qui l'ont précédé. C'est ce fameux verdict des élections intermédiaires, lors desquelles les électeurs n'auraient qu'une obsession : se défouler à moindres frais. L'argument se veut convaincant mais il n'est guère valable pour chaque rendez-vous.
De Gaulle, en 1965, et Pompidouen 1971, ont connu des municipales qui étaient loin d'être catastrophiques. Mitterrand, en 1989,les a gagnées alors qu'il les avait perdues en 1983.En 1995 et en 2001, Chirac les a également gagnées mais dans des contextes très particuliers. Reste, à droite, Giscard, humilié aux municipales de 1977. Un peu comme Sarkozy, le mois dernier. Un résultat qui se traduitdonc par la mort de l'ouverture à gauche et par l'évolution de l'ouverture au centre ! C'est la principalesurprise du mini-remaniementgouvernemental en totale contradiction avec la réaffirmation de Nicolas Sarkozy, fin février, sur sa volonté de poursuivre l'ouverture à gauche, citant le nom de Claude Allègre.
Le président de la République avait déploré ensuite, un moment des municipales, les bonnes manières de certains dirigeants de l'UMP à l'égard de François Bayrou. Le centre, ça n'existe pas, avait-il expliqué en substance en conseil des ministres. Pourtant, dans la deuxième équipe Fillon, aucune personnalité de gauche. En revanche, le contingent centriste double : à Hervé Morin et Valérie Létard viennent s'adjoindre Anne-Marie Idrac, ancienne secrétaire générale de l'UDF, désormais secrétaire d'État au commerce extérieur, et Christian Blanc, ex-député apparenté UDF, nouveau secrétaire d'État au développement de la Région Capitale.
Avec ce rapprochement avec le centre, Nicolas Sarkozy a entendu la voix des ténors de la majorité qui, de Jean-Pierre Raffarin, à Jean-Louis Borloo en passant par Alain Juppé, s'inquiétent de la droitisation de l'UMP. Pour eux, l'UMP ne doit pas oublier les électeurs du centre, désorientés par la stratégie de Bayrou au point de voter massivement pour des candidats socialistes.
Social
Première riposte aux nouvelles mesures gouvernementales
À Lens, à Lille et partout en France, les salariés ont manifesté contre le passage aux 41 ans de cotisations et les retraités pour une augmentationdes pensions...
Social
Les métallurgistes de la CGT mobilisés pour un syndicalisme au service des salariés
Social
Nylstar (Saint-Laurent-Blangy) devient Meryl Fiber
Le tribunal de commerce d'Arras a “validé”, jeudi 27 mars dernier, “le plan de continuation de l'activité de Nylstar”, au terme d'une période d'observation NYLSTAR, qui avait été placée en cessation de paiement en juillet 2007, est sous le contrôle de la banque d'investissements “Bear Stearns”. Après des péripéties économicofinancières, Nylstar change de nom et devient Meryl Fiber....
Première riposte aux nouvelles mesures gouvernementales
À Lens, à Lille et partout en France, les salariés ont manifesté contre le passage aux 41 ans de cotisations et les retraités pour une augmentationdes pensions.
Par Jean-Michel Humez
IL semble bien que le gouvernement est loin d'avoir entendu le message des urnes lors des dernières élections municipales et cantonales. Nicolas Sarkozy et François Fillon ne veulent pas revenir sur les 15 milliards de cadeaux fiscaux et prétendent accélérer encore la politique de rigueur pour le plus grand nombre. Les attaques contre la retraite fontpartie de cette stratégie qui vise à détruire des pans entiers d'acquissociaux obtenus au fil des années et de nombreuses luttes.
Samedi, partout en France, quelque 100.000 salariés et retraités ont manifesté à l'appel de trois organisations syndicales (CGTFSU et Solidaires). Ce signal de la riposte a obtenu le soutien du Parti communiste français dont les militants étaient en nombre dans les différents défilés.
Travailler plus pour gagner moins ?
Après les quarante annuités d'abord pour les salariés du privé, puis pour ceux du public, après l'attaque des régimes spéciaux, le nouveau rendez-vous du 27 mars prévu par la loi Fillon de 2003 annonce la couleur : 41 ans de cotisation en 2012 pour prétendre à la retraite à taux plein, 42 ans un peu plus tard. Et pourquoi pas la suppression de toute référence à un âge de départ en retraite comme lerevendique le rapport Attali couvert d'éloge par Nicolas Sarkozy et le Medef ?
Pendant ce temps, les prélèvements sur les salariés augmentent, les salaires stagnent, la précarité croit et plus de 720.000 retraités vivent avec 632 euros par mois, le minimum vieillesse soit 23 % de moins que le seuil de pauvreté. Quant aux profits, ils vont bien, merci. Les entreprises du CAC 40 ont réalisé 100 milliards de profits, un record ! Et les 500 plus grandes fortunes professionnelles ont augmenté de 40%. Qui dit mieux ? Le président qui s'est accordé 174% d'augmentation ! Faire travailler plus longtemps apparait de plus en dehors de toute logique.
Le plan emploi-seniors est un échec. À peine plus de 50 % des 55/59 ans ont un emploi. Aujourd'hui, moins de 50 % des salariés «liquidant» leur retraite peuvent partir à taux plein et doivent subir une décote de -5 % par année manquante. Avec la précarité, particulièrement pour les jeunes et les femmes, cela s'amplifierait. Les propositions gouvernementales de 2008 conduiraient, en 2020, à des pensions équivalentes, en moyenne, à 55 % du dernier salaire. Avec les syndicats, le PCF demande l'augmentation des pensions, le rattrapage du pouvoir d'achat des retraites, le départ à 60 ans et la reconnaissance des départs anticipés pour pénibilité. L'emploi est au coeur du financement des retraites. Cela exige un relèvement du taux d'activité notamment des femmes, des jeunes, des seniors. Une politique de développement des salaires, de la formation contribuerait à un nouveau type de croissance ainsi que des mesures pour résorber la précarité et pour la reconnaissance des formations.
Taxer les revenus financiers
Le Parti communiste propose de revenir sur les exonérations de charges sans contrepartie. Il propose de moduler la part patronale en fonction de la politique d'emploi, de salaire et de formation des entreprises. L'objectif est d'accroître les rentrées de cotisations. Les entreprises qui développent l'emploi, les salaires, auraient un taux de cotisation relativement abaissé, mais comme il y aurait plus d'emploi, de salaires et de croissance réelle, cela accroîtrait la masse des cotisations ; les entreprises génératrices de licenciements, d'emplois précaires, de bas salaires, et qui joueraient sur les placements financiers seraient assujet
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