L'hebdomadaire communiste du Pas-de-Calais
Edition du 2 au 8 mai 2008
L'hebdomadaire communiste du Pas-de-Calais
Edition du 2 au 8 mai 2008
Visages du 1er mai
Par David Noël
Ils s’appellent Youssef, Hakim ou Mamoudou. Ils sont Marocains, Guinéens ou Thaïlandais. Ils ? Ce sont les marcheurs sans-papiers du Nord qui ont quitté Lille il y a quelques jours. Après des étapes à H é n i n – Beaumont, à Lens, Notre-Dame de Lorette et Arras, les sans-papiers étaient à Amiens ce mardi. Leur longue marche les conduira à Paris pour demander l’arrêt des expulsions et la régularisation des sans-papiers.
Cette année, le 1er mai a leur visage. Cette année, la fête du travail a des milliers de visages : elle a les visages des travailleurs sanspapiers de la région parisienne, des salariés de la Redoute qui se sont mis en grève pour exiger des augmentations de salaires, elle a les visages des professeurs qui luttent dans les collèges et les lycées contre les suppressions de postes. Ces milliers de visages sont les visages de l’espérance et du combat pour une société plus juste.
Quarante ans après mai 68, le 1er mai a aussi le visage d’une jeunesse exigeante, avide d’apprendre, attachée à un service public de qualité. Aux lycéens qui descendent dans la rue contre les suppressions de postes, le gouvernement répond par le mépris et Xavier Darcos dévoile son vrai visage, celui d’une droite néolibérale arrogante dont l’unique objectif est de construire un monde livré à la loi du marché.
«La guerre, c’est la paix. La liberté, c’est l’esclavage. L’ignorance, c’est la force.» Adeptes de George Orwell, Nicolas Sarkozy et ses ministres font la guerre en Afghanistan, ils démantèlent nos droits au nom d’un libéralisme qui nous enchaîne, ils suppriment par milliers des postes de professeurs… Alors, l’UMP peut bien se rêver en «parti du mouvement» et ses militants jouer les héritiers de mai 68, personne n’est dupe… Le visage de l’UMP n’a pas changé, c’est celui d’une droite dure, acquise aux intérêts du patronat et qui cherche à diviser les classes populaires. Gianni Alemanno, le nouveau maire néofasciste de Rome ne s’y est pas trompé : la semaine dernière, il venait à Paris rencontrer Brice Hortefeux pour s’inspirer de sa politique en matière d’immigration… Non, derrière les slogans marketing, le visage de l’UMP n’a pas changé.
Loin des plateaux de télévision, les héritiers de mai 68 étaient dans la rue le 1er mai, ils y seront à nouveau le 15 mai pour défendre l’avenir de l’Education Nationale, ils manifesteront le 22 mai, avec les organisations syndicales qui forment un front uni pour refuser le passage aux 41 annuités de cotisations décidé par Xavier Bertrand… Tous ensemble, nous pouvons être les acteurs d’un mai 2008 vivant.
Sans-papiers, salariés de la grande distribution ou des centres d’appels, lycéens, fonctionnaires, chômeurs ou retraités… tous les visages du 1er mai s’assemblent et construisent déjà un mois de mai placé sous le signe des luttes. C’est le plus bel hommage que nous puissions rendre à ces manifestants d’un autre mois de mai qui ont écrit une page d’histoire et changé nos vies.
Politique
La télévision régionale en partenariat public/privé,
pourquoi et comment ?
DEPUIS toujours le pouvoir s’immisce dans la télévision et ses programmes, à petite ou grande dose, dans un but avoué et souvent pernicieux. Directement et indirectement. Selon. Souvenons nous de la télévision sous De Gaulle-Peyrefitte en mai 1968... C’était hier, certes. Aujourd’hui, les débats sur son rôle sont constants, ils intéressent toute la sphère de la société et le politique ne serait y être absent. C’est sous l’ère Mitterrand que fut organisée la privatisation de TF1, la chaîne la plus importante d’Europe avec son lot de bonimenteurs. Sarkozy, lui, a compris très tôt comment utiliser un tel canal de diffusion ; une fois élu, il a entrepris un “vaste chantier” de restructuration de la Télévision publique (suppression de la publicité et donc de recettes de la publicité, questionnements autour de France 3 et sa pérennité)...
Social
Des nuits très occupées
Depuis lundi, les élèves du lycée Picasso dorment dans l'établissement scolaire.ALORS que la semaine dernière le lycée Picasso d'Avion fêtait son quarantième anniversaire justifiant ainsi son utilité, lundi les lycéens soutenus par les enseignants, les parents d'élèves et les élus communistes ont décidé de passer une étape supplémentaire dans la mobilisation afin de lutter contre les suppressions de postes et de filières prévues pour la prochaine rentrée scolaire. Une trentaine de lycéens a donc décidé de passer ses nuits dans les locaux du lycée afin de faire réagir le recteur qui reste figé sur ses positions...
Social
Marche nationale des sans-papiers -Une initiative d'intérêt général
L'action du CSP 59 et la grève des sans-papiers d'Ile de France illustrent une mobilisation inédite et exceptionnelle qui exprime le refus collectif de l'esclavage moderne. ALORS que les actions se multiplient, les sans papiers du comité de Lille ont entamé leur marche le samedi 19 avril en partant de la place de la République à Lille. Cette initiative se terminera le 10 mai à Paris.
PREMIÈRE ENVELOPPE VOTÉE PAR LA RÉGION NORD/PAS-DE-CALAIS
La télévision régionale en partenariat public/privé,
pourquoi et comment ?
Par Pierre Pirierros
DEPUIS toujours le pouvoir s’immisce dans la télévision et ses programmes, à petite ou grande dose, dans un but avoué et souvent pernicieux. Directement et indirectement. Selon. Souvenons nous de la télévision sous De Gaulle-Peyrefitte en mai 1968... C’était hier, certes.
Aujourd’hui, les débats sur son rôle sont constants, ils intéressent toute la sphère de la société et le politique ne serait y être absent. C’est sous l’ère Mitterrand que fut organisée la privatisation de TF1, la chaîne la plus importante d’Europe avec son lot de bonimenteurs. Sarkozy, lui, a compris très tôt comment utiliser un tel canal de diffusion ; une fois élu, il a entrepris un “vaste chantier” de restructuration de la Télévision publique (suppression de la publicité et donc de recettes de la publicité, questionnements autour de France 3 et sa pérennité).
Septembre 2007, le groupe public étudie l'hypothèse d'une réforme en profondeur, avec notamment la fusion au sein d'une même société de toutes ses chaînes à l'horizon 2012, en raison du basculement au tout numérique. Et la question sous-jacente se pose avec force, la Télévision publique va-t-elle dispataître ? Et la CGT de souligner “il nous paraît dangereux et irresponsable pour le gouvernement de poursuivre obstinément dans la voie de l’erreur et de mettre en péril un groupe qui a dégagé des bénéfices en 2007 et qui a présenté un budget 2008 à l’équilibre.” Comment se définit la carte audio-visuelle de demain ?
Et voilà que dans tout ce paysage, le Conseil régional et son président, anticipent et mettent sur pied une “télévision régionale” avec sur les fonds baptismaux, un partenariat public/ privé, autrement dit, une société d’économie mixte, sous l’égide de “La Voix du Nord”, du Crédit agricole, de la Caisse d’Épargne, (première enveloppe, 500 000 euros), et un business plan. Une nouvelle chaîne, c’est la volonté du conseil supérieur de l’audio- visuel qui lance un appel à candidatures.
Les élus communistes que d’aucuns accuseraient aussitôt “d’archaïques” n’abondent pas dans le sens de Daniel Percheron, ni de l’exécutif. Ils votent contre lors de la dernière réunion de la commission permanente, le 21 avril dernier. Et de poser des questions fondamentales sur les compétences de l’institution régionale, sur l’enjeu même de cette télévision de proximité, instrument réactualisé de la pensée unique, avancée ou recul de la vie démocratique ? Alain Bruneel, président du groupe communiste, ne cache pas sa colère devant l’appétit des grands groupes de médias adoubés par le Conseil régional. “C’est un véritable maillage capitalistique qui se met en place au service d’une orientation bien précise”
Réflexion à poursuivre
Récemment, dans nos colonnes, nous avons publié la prise de position de Jack Ralite et d’Ivan Renar, sénateurs PCF, (participant à la Commission Copé sur l’audio-visuel) sur les dangers de la marche forcée de Sarkozy “qui a choisi le terrain du marché où l’on ne traite que de choses et de lobbies et qui a déjà commencé à mutiler le service public. Nous sommes dans un séïsme qui rappelle celui de la privatisation de TF1.” La télévision régionale à “vocation marchande” se glisseraitelle sur les pas de France 3 ?
Première (et seule) Région à se lancer dans une telle opération, que cachent les desseins d’une telle télévision régionale ? Pour qui et comment ? Que serait cette télévision régionale “publique/privée” qui diffuserait quatre heures de programmes par jour ? Avec quel budget de fonctionnement ? La réflexion mérite d’être poursuivie. C’est le sens d’une initiative proposée par les élus communistes auprès des maires du Nord/Pas-de-Calais, de tous les médias, des journalistes, des syndicalistes, des associations et des treize télévisions associatives régionales. Chacun doit pouvoir jouer un rôle majeur. Le pluralisme et la défense du service public sont de grandes revendications à prendre à bras le corps. C’est le sens de l’action des élus communistes régionaux.
AVION
Des nuits très occupées
Depuis lundi, les élèves du lycée Picasso dorment dans l'établissement scolaire.
Par Jean-Michel Humez
ALORS que la semaine dernière le lycée Picasso d'Avion fêtait son quarantième anniversaire justifiant ainsi son utilité, lundi les lycéens soutenus par les enseignants, les parents d'élèves et les élus communistes ont décidé de passer une étape supplémentaire dans la mobilisation afin de lutter contre les suppressions de postes et de filières prévues pour la prochaine rentrée scolaire. Une trentaine de lycéens a donc décidé de passer ses nuits dans les locaux du lycée afin de faire réagir le recteur qui reste figé sur ses positions.
L'initiative des lycéens l'a enfin fait réagir puisque mardi après-midi il a reçu une délégation et devait se prononcer mercredi après-midi. Nous reviendrons donc sur cette affaire la semaine prochaine. «Par cette action symbolique, nous n'avons pas voulu entraver le fonctionnement des cours» précise Damien Sayon en terminale ES.
Flore Lataste, professeur d'histoire- géographie et responsable du SNES, a décrit les mesures envisagées par le rectorat : «La classe de première L et celle de première STGA (sciences et technologies de gestion adaptée) devraient disparaître et il ne resterait qu'une seule classe de terminal S sur les deux existantes».
Des coupes sombres qui se traduiraient par la suppression de six postes d'enseignants et de deux postes correspondant à des groupements d'heures en sciences physiques et en philosophie. Pour justifier ces mesures, le rectorat invoque une baisse des effectifs lycéens dans l'établissement. Une comptabilité d'épicier que rejettent les lycéens et les enseignants d'autant que rien n'est fait pour encourager ceux qui seraient susceptibles de rester ou de venir à Picasso. Pour exemple, Simon Poudroux, un autre lycéen dans l'action décrit le parcours de combattant que doivent effectuer certains élèves et en particulier ceux de Méricourt dont le bus passe par Lens où ils doivent reprendre un autre bus pour se rendre à Avion. Soit quasiment une heure de trajet.
«Il y a de quoi écoeurer les meilleures volontés» souligne Cathy Apourceau-Poly, conseillère régionale communiste qui, comme Jacques Robitail, maire d'Avion, soutient la lutte des lycéens
et des enseignants. Les deux élus communistes craignent que par le biais de suppressions de filières comme par exemple la filière littéraire, on assiste à une déperdition d'élèves au profit
d'autres établissements comme le lycée Condorcet à Lens.
Pour Jacques Robitail, il s'agit de défendre le service public partout : «Avion et Méricourt comptabilisent ensemble 34.000 habitants comme Lens qui, par contre, totalise trois lycées». En attendant l'annonce du rectorat qui examine de nouveau ce dossier, mercredi la mobilisation restait intacte.
MARCHE NATIONALE DES SANS PAPIERS
Une initiative d'intérêt général
L'action du CSP 59 et la grève des sans-papiers d'Ile de France illustrent une mobilisation inédite et exceptionnelle qui exprime le refus collectif de l'esclavage moderne.
Par Jean Michel Humez
Vendredi dernier, ils faisaient étape à Lens où après avoir été accueillis en mairie (où ils ont reçu le soutien des élus socialistes et communistes), ils ont manifesté dans les rues de la ville avec le soutien de l'Union départementale de la CGT. En mairie, plusieurs élus socialistes, dont certains sont de familles issues de l'immigration polonaise ou maghrébine, ont fustigé l'hypocrisie et l'absurdité de la politique d'immigration menée par le gouvernement actuel et dénoncé l'injustice de la non-régularisation de travailleurs socialement intégrés, et qui participent activement au bon fonctionnement de notre économie.
Pour les élus socialistes lensois, il est désormais clair que l'on a affaire au régne de l'idéologie la plus bornée, aveugle à la réalité de notre pays. Jean-Michel Humez, élu municipal communiste, a lui aussi dénoncé la politique gouvernementale en soulignant que cette marche s'inscrit dans un mouvement qui commence à faire tâche d'huile en faisant référence à la grève lancée depuis miavril au grand jour par plusieurs centaines de travailleurs sans papiers d'Ile de France.
Estimant que la grève engagée par les travailleurs sans-papiers met en pleine lumière l'indignité et l'hypocrisie du système d'exploitation, l'élu communiste a souhaité bon courage et plein succès aux marcheurs du CSP 59 confrontés à un préfet de région, proche de Nicolas Sarkozy et dont les méthodes musclées en ont indigné plus d'un (voir encadré).
Prenant à son tour la parole, le représentant lensois de la Ligue des Droits de l'Homme a rappelé que son organisation milite depuis des décennies pour l'égalité des droits, pour la citoyenneté politique et sociale, contre l'insécurité organisée. Il s'est dit solidaire des salariés sanspapiers car leurs droits sont ceux de tous les travailleurs, leurs droits et les droits des autres salariés sont indivisibles.
Un combat pour tous
A-t-on assez parlé de courage ? Il en faut pourtant, pour sortir de l'ombre et venir dire au grand jour que l'on a des droits, quand on vous les refuse tous. Les salariés sans papiers d'Ile de France comme les marcheurs du CSP 59 ont déjà remporté une première victoire. Sur la peur d'abord, de la traque, d'un simple contrôle, de l'arrestation. Déjà le gouvernement a du reculer, mais seulement d'un petit pas et seulement en région parisienne.
Il s'agirait d'engager un processus de régularisation limité. Il faut aller plus loin car cette avancée gouvernementale est aussi une victoire sur l'hypocrisie. L'immigré sans papiers au fond c'est tout bénéfice. En campagne électorale, comme on l'a vu à Toulon avec Nicolas Sarkozy dans la dernière ligne de la présidentielle, il sert à gagner des voix d'extrême droite, à dévier les débats politiques, à masquer les responsabilités de l'économie capitaliste dans la situation faite aux
hommes.
Il sert dans la pratique du pouvoir, à donner l'illusion que l'on s'attaque aux problèmes en fixant des quotas, en sommant les préfets à les respecter, en envoyant la police arrêter les enfants dans la cour des écoles. Il sert dans l'hôtellerie, la restauration, le bâtiment. C'est facile, c'est pas cher et ça rapporte gros au patronat qui gagne à tous les coups. Le gouvernement feint de lutter contre le travail clandestin. C'est pour mieux l'utiliser, pour maintenir en même temps une pression permanente sur l'ensemble des salariés de ces secteurs où sévit la surexploitation, où le travail au noir est massif, et pas seulement pour les sans-papiers mais pour des centaines de milliers de salariés, hommes et femmes, sous-payés, soumis à des horaires exténuants, peu ou pas déclarés. Pour tous ceuxlà, cette lutte est un formidable point d'appui.
À la mairie de Lens, l'un des porteparole des sans-papiers de Lille a bien résumé cette nécessité de lutter tous ensemble contre un système d'exploitation qui concerne le plus grand nombre. Avec des mots simples et émouvants, il a insisté sur le fait que leur lutte est une lutte d'intérêt général qui ne sert pas seulement à leur rendre des conditions de vie normale mais également, en faisant reculer la surexploitation, rendue possible par la vulnérabilité de travailleurs sans-papiers, elle contribue à permettre à tous les salariés de conquérir de meilleures conditions de travail et des salariés décents. En effet, la lutte des sans papiers est le symbole de toutes les politiques de division du salariat auxquelles la mondialisation capitaliste donne libre cours.
Refuser de laisser gouvernants ou patrons jouer les salariés les uns contre les autres, en tirant sans cesse leurs droits vers le bas, c'est défendre l'ensemble du salariat contre la surenchère de mises en concurrence toujours plus inhumaine et inégale. Ils sont quelques centaines à être courageusement entrés dans la lumière. On n'a pas fini de découvrir des milliers d'autres cas. Il faut maintenant obliger le gouvernement et le patronat à la vérité et exiger l'application sans faille d'un principe auquel tous les travailleurs ont droit : l'égalité. C'est un combat pour tout le salariat.
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MARCHE NATIONALE POUR LES RÉGULARISATIONS
Le Comité des sans-papiers du Nord (CSP 59) a entamé une marche de Lille à Paris
Par Jean Michel Humez
L'IDÉE des sans-papiers lillois de traverser les villes et villages de France pour sensibiliser sur leur situation n'est pas récente, elle est programmée depuis le début de l'année. Elle n'est pas, non plus, la première. On se souvient de la marche nationale de Marseille à Paris, du 23 mars au 27 avril 2002, qui a suscité à travers le pays une vague de sympathie jusqu'à présent inégalée. La quarantaine de personnes qui a pris la route pour la capitale, épaulées par une manifestation partie de la place de la République à Lille, sur le parvis des Droits de l'homme, à l'initiative du collectif des sans-papiers du Nord, seront particulièrement exposées. Pourquoi, alors se lancer dans ce pari ? Le CSP 59 a une longue histoire de luttes, d'occupations... et de négociations. Il avait réussi à obtenir un processus, lent, difficile, mais peu à peu efficace d'obtentions de régularisations. Mais le Préfet de région, Daniel Canepa, ex-bras droit de Nicolas Sarkozy au ministère de l'Intérieur, ne respecte pas les engagements de son prédécesseur. Récemment encore, la police a arrêté des membres du bureau qui sortaient, «dans un véritable traquenard » ont estimé les sans-papiers. Au mois de février, le porte-parole du collectif et un soutien associatif notoire ont été mis en garde à vue. Puis les locaux ont été saccagés et les «cambrioleurs» se sont contentés d'emporter les ordinateurs. La marche, qui a reçu le soutien de nombreux syndicats et partis de gauche dont le PCF, se fait en vingt deux étapes appuyés par des collectifs locaux. Pour les responsables du CSP 59, l'objectif tient en trois points : une demande d'audience au médiateur de la République, une audience avec Nicolas Sarkozy ou Brice Hortefeux et une autre à l'Assemblée nationale avec son président et ceux des groupes parlementaires. |
L'hebdomadaire communiste du Pas-de-Calais
Edition du 26 avril au 1er mai 2008
Assez de mépris : réussissons le 1er mai !
Par Dominique Watrin
L'HISTOIRE de la trop célèbre banderole déployée lors de la finale de la coupe de la Ligue de football serait-elle le révélateur d'un mal plus grave e n c o r e , celui du mépris affiché ouvertement par trop d'hommes politiques, trop de décideurs économiques envers les hommes et femmes de ce département ?
L'actualité la plus récente nous en offre malheureusement encore trop d'exemples. S'agit-il de procéder à des coupes sombres dans le budget de l'Éducation nationale (pour satisfaire l'objectif de non remplacement d'un fonctionnaire sur deux décrété par Nicolas Sarkozy), c'est le Nord/Pas-de-Calais qui est la première visée et de loin de toutes les Académies : moins 687 postes d'enseignants ! C'est pourtant ici qu'il y a le plus de besoins pour accompagner des élèves en difficultés ou permettre la scolarisation dès l'âge de deux ans...
S'agit-il de prévoir la pérennité de l'exploitation du gaz de mine, une richesse que la Communauté Européenne du charbon et de l'acier n'avait pas pu nous enlever, le gouvernement de N. Sarkozy brade ce patrimoine public, hérité de la sueur des mineurs, pour le céder à vil prix à un groupe privé australien. Même les garanties annoncées par le maire de Liévin, président de l'Association des communes minières, pour qu'une partie des bénéfices revienne aux anciens mineurs, veuves et descendants à travers le financement de la rénovation des cités minières, sembleraient bien n'avoir duré que ce que dure... une conférence de presse.
Mais le comble de l'ignominie revient au groupe capitaliste STAF qui se permet d'adresser à ses salariés en voie de licenciement un courrier les invitant à accepter un «reclassement» au Brésil ou en Turquie pour respectivement 315 et 230 euros par mois. On attend encore le message d'indignation du Président de la République, du Premier ministre, du ministre du travail et même du Préfet. Mais que vaut le sort de sept salariés du Pas-de- Calais.
Le 1er Mai sera un test national de notre détermination à nous faire respecter et à faire sauter les verrous sur l'emploi, les salaires, les retraites... Ensemble, réussissons le 1er Mai !
Social
Les retraités et veuves de mineurs manifestent pour une revalorisation de leurs retraites
Journée d’action continue de la CGT pour les retraités mineurs, les veuves et les ayantsdroit ; jeudi 17 avril dernier, la salle Jean Nohain, à Lens, a résonné des vives protestations et dénonciations d’un système qui a montré ses limites envers toute une corporation. Témoignages, prises de paroles, pétitions, manifestation à la sous-préfecture, délégation, cette journée d’action est une nouvelle étape dans la lutte pour une totale prise en compte de revendications fondamentales. Pour garantir un bon niveau de retraite, conquérir (et reconquérir) l’indexation des retraites sur l’évolution du salaire moyen.
Evénement
«Je suis de la race de ceux qu’on opprime»
Rarement funérailles nationales pour un homme de lettres rythmaient musique antillaise, sobriété et poésie vibrante. Celle d’Aimé Césaire rendue palpable par la voix de puissants comédiens que concluaient des “Aimé Césaire, paroles dues”. La foule était à l’unisson, une foule enthousiaste et gaie qui n’avait de yeux que pour son "père", aujourd'hui disparu, loin d’un protocole suranné pratiqué en métropole. La volonté de faire vivre toute l’histoire d’un peuple par les textes du défunt rejaillissait sur toute la cérémonie, retransmise en direct par RFO avec des commentaires très sobres mais porteurs d’une détermination à porter très haut la mémoire du poète et homme politique Aimé Césaire...
Monde
Victoire de la gauche
Le Paraguay choisit le changement
À son tour, le Paraguay rejoint le camp des pays d’Amérique latine qui ont choisi l’orientation à gauche. DIMANCHE 20 AVRIL, Fernando Lugo, «l’évêque des pauvres», candidat de l’ACP (Alliance patriotique pour le changement) a été élu président de la République du Paraguay avec 40,8 % des voix. Il met fin à la domination du parti de droite, le parti Colorado, au pouvoir depuis 61 ans. Pour F. Lugo, ce 20 avril «marque une date historique». Il a déclaré à la foule de ses partisans en liesse dans le centre d’Asuncion : «Nous vous demandons de ne pas nous laisser seuls, la démocratie nous la ferons ensemble».
À LENS, JOURNÉE D’ACTION CONTINUE DE LA CGT
Les retraités et veuves de mineurs manifestent pour une revalorisation de leurs retraites
Journée d’action continue de la CGT pour les retraités mineurs, les veuves et les ayantsdroit ; jeudi 17 avril dernier, la salle Jean Nohain, à Lens, a résonné des vives protestations et dénonciations d’un système qui a montré ses limites envers toute une corporation. Témoignages, prises de paroles, pétitions, manifestation à la sous-préfecture, délégation, cette journée d’action est une nouvelle étape dans la lutte pour une totale prise en compte de revendications fondamentales. Pour garantir un bon niveau de retraite, conquérir (et reconquérir) l’indexation des retraites sur l’évolution du salaire moyen.
Par Pierre Pirierros
PAS de pension inférieure au smic ; 200 euros pour tous comme mesure de rattrapage ; indexation des pensions sur l’évolution moyenne des salaires ; pension de reversion à 75 % du montant de la pension du conjoint ; égalité des soins pour tous ; suppression des franchises médicales : lutter plus pour gagner plus, le ton est évidemment à une mobilisation exemplaire pour aujourd’hui et pour demain, une mobilisation qui se traduit aussi par une prise de conscience très nette chez tous les retraités, qu’ils soient du secteur de mines, de l’énergie. La perte du pouvoir d’achat est grande.
Raymond Frackowiak, secrétaire régional des mineurs CGT Nord/Pas-de-Calais, Henri Tobo, Jocelyne Boyer, au nom de la fédération CGT Mines-Énergie, Robert Germain, secrétaire des mineurs CGT de Montceau-les- Mines, Blanche Bellanger, des Retraités UCR-CGT ont tour à tour souligné cette grande offensive pour le pouvoir d’achat. Au bout de quinze ans de retraites, le pensionné perd 20 % de pouvoir d’achat, c’est inadmissible. Les feuilles de pétitions récoltées sur ce point précis marquent l’exaspération des retraités et veuves de mineurs devant les effets dévastateurs de la stagnation et de la régression de leur pouvoir d’achat. L’indexation des retraites sur les prix serait une bonne chose mais le gouvernement pratique la surenchère en pénalisant tous les salariés. Les retards entre le régime général et le régime minier ne cessent de se creuser ; Sarkozy, en candidat démagogue, avait fait beaucoup de promesses pour une refonte totale de l’attribution des retraites des mineurs, mais une fois, élu, tout est oublié, pire, le tour de vis supplémentaire est donné devant l’inflation importante de ces derniers mois.
Une indexation des pensions servies sur les seuls prix et non sur l’évolution du salaire moyen. Au bout de 15 ans de retraite, le pensionné aura perdu au moins 20 % de pouvoir d’achat par rapport aux actifs. La France contrairement à ce qui est dit, est en pointe au niveau européen dans les sacrifices demandés. C’est vrai que dans tous les pays européens des mesures ont été prises pour équilibrer les régimes de retraite à l’horizon 2030-2050.
Un climat social délétère La CGT estime que le climat social ne cesse de s'alourdir en France au point que tout est réuni pour des mobilisations d'ampleur. L'ambiance sociale n'a plus rien à voir avec ce qu'elle était il y a six mois. Entre la refonte de la carte Famille nombreuse, l'augmentation des tarifs du gaz, la réforme de l'Etat -qui va conduire à la suppression de nombreux services publics les mesures annoncées chaque jour contribuent à alourdir le climat. Et Raymond Frackowiak d’observer qu’il faut poursuivre ce qui a été fait en 2001 avec un “certain rattrapage” des pensions des mineurs par rapport au régime général. “Il faut assurer, dit-il, l’égalité en matière de retraites Les gouvernements successifs ont mis en avant le principe d’égalité pour justifier leurs réformes régressives. Mais ils ont laissé de côté les inégalités les plus criantes. La reconnaissance des travaux pénibles, dangereux et astreignants par un départ anticipé à la retraite, était réclamée par la CGT depuis de longues années. Elle était prévue dans l’article 12 de la loi d’août 2003 sous forme d’une négociation interprofessionnelle devant établir la reconnaissance de la pénibilité en matière de retraite. Elle n’est toujours pas effective”.
Défendre un système de santé solidaire
Quid de l’égalité des soins instaurée, en 1945, lors de la création de la Sécurité sociale ? De plus en plus, cette égalité est battue en brèche ; à l’opposé d’un système solidaire, il y a les assurances privées, selon le niveau et, par conséquent, le prix, le contrat de couverture varient énormément. C’est le renforcement d’une médecine inégalitaire. Le prétexte de financement des plans “cancer” et “Alzheimer” ne tient pas. Il est aussi mince que la “rupture” prônée par le pouvoir. Le financement solidaire est une condition indispensable pour améliorer le système de santé existant. La prévention des maladies est une donnée fondamentale. Une des réponses aux besoins de la population de cet ex-Bassin minier passe par ces Centres de santé, qui ont démontré leur efficacité, depuis la création de la SSM à la Libération.
Le Medef, lui, veut à tout prix s’arroger une place majeure dans tous les organismes en organisant un rapport de forces basé sur la “puissance” de l’entreprise dans le système économique actuel. Il a l’oreille du gouvernement actuel. Dans tous les domaines. De puissants groupes privés, que ce soit dans l’Artois ou le littoral du Pasde- Calais, s’octroient les activités les plus rentables et les plus juteuses. L’Hôpital public est attaqué de toutes parts. Dans ce cadre, la possibilité aux patients du régime général de se faire soigner dans ces Centres de santé permet, non seulement, une garantie de soins, mais aussi, un suivi médical avec un personnel médical conventionné.
Initiative nationale
Une initiative d’envergure nationale est prévue à Paris avec tous les syndicats CGT des mineurs pour démontrer que l’enjeu des retraites est un enjeu national pour l’augmentation des pensions en rapport avec l’augmentation du pouvoir d’achat.
Les 250 personnes rassemblées, à Lens, lors de cette journée d’action, en ont marre des injustices subies et répétées de la part des pouvoirs publics. Les déclarations récentes du ministre du Travail sur le régime minier qui “bénéficie déjà d’une subvention de l’État” sont la preuve d’une provocation délibérée. La question est celle de l’équilibre financier des régimes de retraite à moyen et long terme. Le “trou” de la Sécurité sociale n’est pas une fatalité. Depuis 20 ans, gouvernements et patronat ont refusé de donner des moyens complémentaires à la protection sociale et notamment aux systèmes de retraite.
Le compromis de 2003 passé par le patronat sur le recyclage en faveur de la retraite des cotisations UNEDIC, ne tient pas débout. D’une part, que veut dire un excédent de l’UNEDIC quand plus d’un chômeur sur deux n’est pas indemnisé ? L’action se poursuit et de Lens à Paris, les revendications des mineurs sur leurs retraites sont défendues à bout de bras.
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