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Dimanche 4 mai 2008

 


 



PREMIÈRE ENVELOPPE VOTÉE PAR LA RÉGION NORD/PAS-DE-CALAIS

 

La télévision régionale en partenariat public/privé,

pourquoi et comment ?


Par Pierre Pirierros


DEPUIS toujours le pouvoir s’immisce dans la télévision et ses programmes, à petite ou grande dose, dans un but avoué et souvent pernicieux. Directement et indirectement. Selon. Souvenons nous de la télévision sous De Gaulle-Peyrefitte en mai 1968... C’était hier, certes.

Aujourd’hui, les débats sur son rôle sont constants, ils intéressent toute la sphère de la société et le politique ne serait y être absent. C’est sous l’ère Mitterrand que fut organisée la privatisation de TF1, la chaîne la plus importante d’Europe avec son lot de bonimenteurs. Sarkozy, lui, a compris très tôt comment utiliser un tel canal de diffusion ; une fois élu, il a entrepris un “vaste chantier” de restructuration de la Télévision publique (suppression de la publicité et donc de recettes de la publicité, questionnements autour de France 3 et sa pérennité).

Septembre 2007, le groupe public étudie l'hypothèse d'une réforme en profondeur, avec notamment la fusion au sein d'une même société de toutes ses chaînes à l'horizon 2012, en raison du basculement au tout numérique. Et la question sous-jacente se pose avec force, la Télévision publique va-t-elle dispataître ? Et la CGT de souligner “il nous paraît dangereux et irresponsable pour le gouvernement de poursuivre obstinément dans la voie de l’erreur et de mettre en péril un groupe qui a dégagé des bénéfices en 2007 et qui a présenté un budget 2008 à l’équilibre.” Comment se définit la carte audio-visuelle de demain ?

Et voilà que dans tout ce paysage, le Conseil régional et son président, anticipent et mettent sur pied une “télévision régionale” avec sur les fonds baptismaux, un partenariat public/ privé, autrement dit, une société d’économie mixte, sous l’égide de “La Voix du Nord”, du Crédit agricole, de la Caisse d’Épargne, (première enveloppe, 500 000 euros), et un business plan. Une nouvelle chaîne, c’est la volonté du conseil supérieur de l’audio- visuel qui lance un appel à candidatures.

Les élus communistes que d’aucuns accuseraient aussitôt “d’archaïques” n’abondent pas dans le sens de Daniel Percheron, ni de l’exécutif. Ils votent contre lors de la dernière réunion de la commission permanente, le 21 avril dernier. Et de poser des questions fondamentales sur les compétences de l’institution régionale, sur l’enjeu même de cette télévision de proximité, instrument réactualisé de la pensée unique, avancée ou recul de la vie démocratique ? Alain Bruneel, président du groupe communiste, ne cache pas sa colère devant l’appétit des grands groupes de médias adoubés par le Conseil régional. “C’est un véritable maillage capitalistique qui se met en place au service d’une orientation bien précise”

 

Réflexion à poursuivre


Récemment, dans nos colonnes, nous avons publié la prise de position de Jack Ralite et d’Ivan Renar, sénateurs PCF, (participant à la Commission Copé sur l’audio-visuel) sur les dangers de la marche forcée de Sarkozy “qui a choisi le terrain du marché où l’on ne traite que de choses et de lobbies et qui a déjà commencé à mutiler le service public. Nous sommes dans un séïsme qui rappelle celui de la privatisation de TF1.” La télévision régionale à “vocation marchande” se glisseraitelle sur les pas de France 3 ?

Première (et seule) Région à se lancer dans une telle opération, que cachent les desseins d’une telle télévision régionale ? Pour qui et comment ? Que serait cette télévision régionale “publique/privée” qui diffuserait quatre heures de programmes par jour ? Avec quel budget de fonctionnement ? La réflexion mérite d’être poursuivie. C’est le sens d’une initiative proposée par les élus communistes auprès des maires du Nord/Pas-de-Calais, de tous les médias, des journalistes, des syndicalistes, des associations et des treize télévisions associatives régionales. Chacun doit pouvoir jouer un rôle majeur. Le pluralisme et la défense du service public sont de grandes revendications à prendre à bras le corps. C’est le sens de l’action des élus communistes régionaux.

 

 

par Liberté 62 publié dans : Politique
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