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Lundi 23 juin 2008



Quand les chômeurs se lèvent


 

Jeudi 29 mai à 11h, 57 membres du Mouvement National des Chômeurs et Précaires (MNCP), font irruption dans les bureaux du Haut Commissaire aux Solidarités Actives. Martin Hirsch semble d'abord surpris puis affecté : « Je n'aime pas ces méthodes, vous savez que vous auriez pu avoir affaire à la police..


«A un moment donné, les sages discussions ça ne sert plus à rien. On est obligé de taper du poing sur la table, sinon on va crever en silence.» Il ne mâche pas ses mots Jean François Yon, le président du MNCP, mais aujourd'hui il y a réellement urgence, aujourd'hui dans l'indifférence de la plupart des médias, il s'agit de survivre.

Le MNCP a vu le jour en 1986, il regroupe trente-sept associations, compte sept-cent bénévoles et une centaine de salariés. Pour la soixantaine de membres représentant l'ensemble du territoire national présents dans les locaux de Martin Hirsch, jeudi 29 mai dernier, c'est une question de temps. Sans le renouvellement de leur convention auprès du ministère de l'Economie et des Finances et sans les 300.000 euros de de dotation, leurs associations n'ont aucune chance de survivre. Déjà quatre d'entre elles ont du mettre la clé sous la porte et cinq sont en grandes difficultés. L'une de ces associations, Droit au Travail à Lens, est menacée dès l'année prochaine. Joël Gréko, animateur local, membre du CA national et vice-président du MNCP dans le Nord-Pas-de-Calais a accueilli Liberté 62 dans ses locaux. Interview.

 



















Liberté 62 : «Pourquoi cette occupation, quels sont les besoins du MNCP ? »


Joël Gréko : «Nous attendons le renouvellement de notre convention auprès du ministère de l'économie et des finances et les 300 z000 euros de fonctionnement. Depuis un an, depuis l'élection de Sarkozy, nous n'avons que des promesses vagues de Martin Hirsch et aucune réponse de Christine Lagarde (ministre de l'économie et des finances n.d.l.r.).»


Liberté 62 : « A quoi vous servent ces 300 000 euros ?»


Joël Gréko : «Ce sont des frais de fonctionnement de base, nous ne pouvons pas descendre en dessous. Nous avons des permanents salariés, des formations. Il y a l'accompagnement, l'information et la défense des droits des chômeurs. Si nous disparaissons, un tas de gens seront un peu plus isolés. Ni l'ANPE, ni les assistantes sociales n'hésitent plus à nous envoyer des gens. On nous envoie des gens, mais d'un autre côté, on nous sucre nos subventions...»


Liberté 62 : « Pourquoi avoir choisi d'aller dans les locaux de Martin Hirsch ?»


Joël Gréko : «Nous avons choisi Martin Hirsch parce que nous sommes amenés à le rencontrer dans le cadre du Grenelle de l'insertion. Nous avons voulu le mettre face à ses engagements. Lors de ces réunions de travail, il a toujours l'air d'accord avec le MNCP mais dans les actes, on attend toujours. Quant à Christine Lagarde, elle ne répond même pas à nos courriers.»


Liberté 62 : « Comment s'est passée l'occupation ?»


Joël Gréko : « Martin Hirsh est d'abord arrivé à 11h30 en déclarant qu'il n'avait pas le temps. Des associations qui ont disparues faute de moyens se sont exprimées, puis il est parti déjeuné.Nous, on l'a attendu. Pas question de partir sans rien. C'était trop important. Il est réapparu vers 13h30 répétant qu'il n'avait toujours pas le temps. A ce moment là, Jean François Yon et lui ont échangé quelques mots. Martin Hirsch nous disait de monter un projet, d'aller voir l'ANPE, les syndicats... bref, il temporisait et voulait nous voir partir. Jean François Yon s'est énervé : «Tu te fiches de nous, tu sais très bien pourquoi on est là, on partira pas sans rien, un point c'est tout !»

Je vais vous dire, au début il rigolait, mais quand il a vu qu'on était sérieux, il est resté bien près de la porte... Je crois qu'il ne s'attendait pas à ça de notre part. Après, il est reparti pour ne revenir qu'à 17h 00 avec une personne du ministère des finances, et il nous a lâché 200 000 euros.»


Liberté 62 : « Pas le compte alors ?»


Joël Gréko : « Non... A ceci, il faut ajouter la suppression des mesures ASI signées avec les différentes associations locales.»


Liberté 62 : « Les mesure ASI ?»


Joël Gréko : « Chaque association peut bénéficier d'une mesure d'Appui Social Individualisé. L'ANPE nous envoie des personnes dont elle ne souhaite plus s'occuper. Ce qui est en train de se passer, c'est qu'on continue à nous envoyer les gens mais on ne nous renouvelle pas ces mesures ASI. C'est ce qui s'est passé à Boulogne-sur-Mer : trois salariés, ils sont endettés et les 3000 personnes qu'ils ont reçu l'année dernière risquent de trouver porte close cette année. Pour nous à Lens, l'année prochaine risque fort d'être dans le rouge. Il faut ajouter le fait que les médias ne nous aident pas beaucoup. En annonçant la baisse du chômage on voit nos dons privés qui baissent fortement.»


Liberté 62 : « La baisse du chômage, vous y croyez ?»


Joël Gréko : « Non, ces effets d'annonce servent les électeurs de Sarkozy : il y a les radiations, les départs en retraite, et quand il y a de l'emploi, c'est pas forcément sur place. Nous, ici, on voit bien que le chômage globalement reste un grave problème.»



Liberté 62 : « Le Grenelle de l'insertion avance ? »


 

Joël Gréko : «Je vais vous dire, c'est du pipo. Nous n'y croyons pas : un effet d'annonce de plus... Il paraît d'ailleurs que nous aurions notre mot à dire dans l'élaboration du Grenelle de l'insertion. On nous raconte qu'on a notre rôle à jouer mais, en même temps, on nous interdit toujours de siéger dans ces instances puis on nous tue financièrement...»


Propos reccueillis par Karim Ben Tayeb

 

par Liberté 62 publié dans : Social
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Vendredi 20 juin 2008



S'ATTAQUER AUX CAUSES DES PROBLÈMES ÉCONOMIQUES

 

RENCONTRE AVEC PHILIPPE MATZKOWSKI, PRÉSIDENT DU COLLECTIF LBO

 

L'action politique est devenue totalement dépendante de la sphère financière et actionnariale, abandonnée aux «experts» d'une économie mondialisée dans laquelle le modèle néo-libéral est en train de s’imposer comme unique modèle, à force de propagande outrancière, de mécanismes juridiques et financiers, piégeant même les pays démocratiques les plus avancés comme la France. La décision politique échappe ainsi de plus en plus aux citoyens : chacun doit contribuer à sa reconquête, au travers de démarches collectives rapides. Nous avons rencontré, à Lille, le président du collectif, Philippe Matzkowski. C’est à l’issue d’une réunion de travail et un large échange de points de vue avec Alain Bruneel, conseiller régional PCF, président de la commission de développement économique, que le président du collectif LBO a rencontré la presse.

 

Par Pierre Pirierros

 

TOUT d ’abord, observe-t-il, nous sommes conscients que la mondialisation suggère un autre rapport de forces ; dès janvier 2007 et la mise sur pied du collectif, nous avons interpellé les candidats à l’élection présidentielle sur l’importance des fonds d’investissement en France et leur nocivité sur l’emploi. Certains responsables politiques ont tenu des discours forts, mais l’application concrète nous éloigne malheureusement chaque jour un peu plus de solutions justes. Composé de syndicalistes, principalement de la CGT et de l’UGICT-CGT( mais pas seulement), le collectif est une structure associative et dont le terme de catalyseur des problèmatiques rencontrées peut aisément qualifier ce que nous faisons. En mars 2007, nous avons rencontré Alain Bocquet, pour le groupe communiste à l’Assemblée nationale, et aussitôt, la demande de commission parlementaire a été élaborée et mise en route.

Les avatars de la vie parlementaire ont leurs secrets et cette demande, une fois rejetée, a été de nouveau une question de fond pour les députés PCF. C’était en novembre 2007. La commission des finances auditionnait, pourtant, l’Association Française des Investisseurs en Capital (AFIC) ; des avancées sont possibles. Le travail de fond concerne tous les secteurs géographiques et nombre d’entreprises. En 2005, le capital investissement a levé en France, 12 milliards d’euros et a investi 8,1 milliards d’euros dans 1.253 entreprises non cotées, soit une hausse de 55,6 % par rapport à 2004. Il représente, à travers les 4.852 entreprises en portefeuille, près de 200 milliards d’euros de chiffre d’affaires, et plus de 1,5 million d’emplois, soit près de 9 % des effectifs salariés du secteur privé.”

 

Sublistatic, victime de plusieurs “LBO”, aujourd’hui liquidée

 

Ceux qui sont à la tête de l’entreprise Sublistatic (Hénin-Beaumont) obéissent aux fonds de pension américains, “Acland Capital” ; “il faut intéresser l’actionnariat”, disent-ils. Or, les salariés de Sublistatic savent qu’on ne peut jouer impunément avec les mots, car ils expriment, hélas, une situation sociale donnée. “Le redressement judiciaire dit bien ce qu’il veut dire ; l’entreprise est endettée avec divers “LBO”” (rachat des actions de l’entreprise financé par la part d'endettement) mais, les murs ne sont pas à vendre. La direction n’a rien fait pour “arranger les choses”. Aujourd’hui, l’entreprise est liquidée et les salariés aussi, avec un savoir-faire irréprochable. L’outil de travail était performant mais l’entreprise avait des dettes devant les banques. Ces dettes, il fallait à tout prix les rééchelonner... Le PDG, lui, évoquait toujours la concurrence pour s’y réfugier avant de mettre la clé sous la porte. L’usine a fait d’énormes bénéfices ; puis un beau jour, des marchés (précisément la pose de motifs sur du tissu et du textile) de plus en plus nombreux partaient vers d’autres pays. Trois “LBO”, (Leverage buy out) successifs ont été pratiqués ce qui n’est pas rien. Cette agressivité financière n’était pas faite pour l’emploi. L’employeur, lui, a gagné de l’argent, beaucoup d’argent. Les salariés mènent toujours la bataille juridique. La difficulté à se procurer tous les montages financiers est un handicap qui a profité à la direction. Les concurrents allemands et italiens se frottent les mains.

 

Vision globale

 

Et Philippe Matzkowski de rebondir sur Sublistatic et également sur Bénédicta à Seclin, Cegelec, Socotec, où l’obtention d’informations financières est déterminante dans le combat des salariés pour avoir une vision globale dans des montages “usines à gaz” et lutter “à égalité” avec les directions d’entreprises. Les enjeux se mesurent à l’aune des décisions judiciaires où des cabinets d’avocats spécialisés décortiquent les dossiers et la moindre faille permet au patronat de débouter les travailleurs dans leurs légitimes requêtes. Ainsi, aux Prud’hommes de Lens, comme au tribunal de commerce de Paris, et au tribunal d’instance de la capitale, le dossier Sublistatic est toujours en cours.

Très récemment, un magistrat a mis en hypothèques des biens de Samsonite dans le cas précis de l’usine d’Hénin-Beaumont, même si dans cette affaire douloureuse pour les salariés, c’est un montage crapuleux qui a été mis en place avec une société écran (Energy-Plast) afin que l’entreprise initiale (Samsonite) n’ait pas à payer le plan social ni à débourser un centime d’euro en faveur des salariés. Là aussi, le combat se poursuit sur le plan juridique. “Le collectif LBO, souligne son président, joue un rôle important dans ces dossiers économiques. On sait bien qu’il est impossible de séparer, le politique, le social et l’économique. Permettre une réelle accélération des convergences, et parvenir ainsi à une régulation de la finance, profitable à tous, est une des priorités d’une action déterminée qui se décline à partir des entreprises, des salariés et des territoires. Notamment à partir de cellules de veilles.”



 

COLLECTIF LBO : UN OUTIL ALTERNATIF

L’AUTORÉGULATIION du marché a montré à nouveau ses limites. À tel point que les banques centrales sont contraintes d’intervenir pour soutenir le système financier mondial à la suite de la récente crise des subprimes aux États-Unis. Cette régulation-là ne semble d’ailleurs pas déplaire aux financiers voyous : non seulement elle couvre leurs exactions sans leur imposer de sanctions, mais elle leur permet également de continuer à asseoir leur pouvoir fiduciaire sur la plupart des économies nationales.

Pour ceux qui en doutaient encore, il est clair maintenant qu’il existe une potentialité croissante d’amorçage de crises financières majeures en tout point du globe, et que les régimes politiques libéraux, intimement liés aux marchés qu’ils contribuent à déréguler, sont dans l’incapacité d’y faire face sans dégâts pour l’économie réelle. Garantir pour les entreprises un accès égalitaire au crédit productif sans aliéner les entrepreneurs; au pouvoir d’actionnaires ou de créanciers spéculatifs, renforcer les droits d’intervention des salariés dans les institutions représentatives du personnel, imposer la transparence des montages financiers constituent quelques-unes des pistes développées par le collectif LBO, afin de parvenir à une régulation de la finance souhaitée par une très large majorité de nos concitoyens.

Cela n’implique pas le blocage de la vie économique d’une entreprise socialement responsable. Bien au contraire, lorsque toutes les parties prenantes concourent à la création et à la distribution équitable des richesses, cela contribue au développement économique durable des territoires et des bassins d’emplois, et favorise la démocratie sociale dans les entreprises. L’accès au crédit facilité pour les sociétés, des relations aux donneurs d’ordre moins contraignantes, une transmission des patrimoines industriels, mais aussi des savoirfaire et des compétences garantissant la pérennité des activités et des emplois constituent quelques-uns des défis majeurs de la période, selon un grand nombre de dirigeants d’entreprises.

C’est pour cette raison que l’action engagée par le collectif LBO pour la mise en place d’un outil alternatif au sacro-saint marché financier, nécessaire pour atteindre ces objectifs, est considérée comme indispensable. C’est dans cette perspective de progrès historique que notre action s’inscrit, afin de permettre une réelle accélération des convergences, et parvenir ainsi à une régulation de la finance, profitable à tous. À ces patrons et cadres dirigeants, acteurs économiques citoyens souvent limités dans leur liberté ou leur champ d’expression, le collectif LBO, collectif syndical, est prêt à porter la voix, bien au-delà !

par Liberté 62 publié dans : Social
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Vendredi 20 juin 2008




BIENVENUE EN FLANDRES, À BERGUES

"UNE PUB À PEU DE FRAIS" POUR GAZ DE FRANCE

 

Henri Tobo, administrateur, ancien président du CMCAS de Béthune/Arras, a souligné, récemment, à Bergues l'importance du service public que ce soit à La Poste ou dans l'Énergie suite à la remise "à peu de frais" du local berguois par la direction de Gaz de France à la municipalité.


"JE ne vous parlerai pas en patois, dit-il, respectant cette Flandre verdoyante et fleurie si chère à un de nos anciens collègues Berguois, André Vannobel. Mais il y a toujours eu une bonne cohabitation avec les Ch'tis. Mais quel double langage : la poste salue ses valeurs tout en privatisant ses services, diminuant le nombre de ses facteurs et en fermant bon nombre de bureaux de poste. Ce double langage vaut également pour EDF/GDF.

M. Cirelli, l'homme qui souhaite s'augmenter de 1000%, PDG de GDF sera mardi 17 juin ici même pour remettre les clés des locaux du district à la Mairie. Saluons cette donation, preuve de la force, de l'impact du film, mais aussi occasion d'une pub à peu de frais ! Dans le même temps, privatisation avec la fusion Suez, augmentation des tarifs du gaz, fermeture après Bergues, de tous les points d'accueil dans la région : Hazebrouck, Bailleul, pour le Nord, dans notre Centre. Bientôt, partout, la seul possibilité de contact, pour quoi que ce soit concernant le gaz et l'électricité, sera un téléphone payant avec ses interminables minutes d'attente ! Monsieur Cirelli n'est pas le bienvenu chez les ch'tis, nous lui dirons, sans perturber la manifestation, mardi prochain. Bergues : ancienne usine à gaz, le gaz y est ancien. Lors du renouvellement de canalisation, on y a déterrer des conduites en bois.

À la nationalisation, en 1946, devient un district dépendant de la subdivision de St Omer, ensuite de l'agence d'Hazebrouck et du centre de distribution mixte de Béthune, puis d'Arras-Béthune en 1976. District maillon indispensable de la proximité de la distribution du gaz et de l'électricité. Base comme moyenne tension, c'est ce qui a fait la réussite de la Nationalisation, de la qualité de service aux usagers. On ne soulignera jamais assez le rôle humain et social de cette structure de base, aussi bien en semi urbain et rural, comme l'était le district de Bergues avec ses 26 communes. Tout partait et revenait au district : interlocuteurs des usagers, des collectivités locales, capables de renseigner, de conseiller, d'orienter, bref d'apporter des réponses immédiates : pour le commercial, les extensions, les branchements, les mutations et aussi bien entendu, la maintenance, le dépannage 24H/24, dimanche et fêtes, en astreinte, avec des équipes sur place opérationnelles très rapidement.

Depuis 1970, nous nous bagarrons pour maintenir cette base de proximité du service public de l'énergie. À l'époque, nos directions souhaitaient le transfert sur Dunkerque, nous avons réussi jusqu'en 2006, le maintien en réaménageant les locaux. En discutant avec les plus anciens comme les plus jeunes, ce district a vu tout un défilé de monteurs, véritable laboratoire de formation des métiers de la distribution de gaz et d'électricité. Ceux embauchés sur place comme ceux sortant des écoles de métiers, venant du Pas-de-Calais, de la région parisienne ou d'Aurillac, conservent le meilleur souvenir de leur passage à Bergues, de cette fraternité, de cette disponibilité au service des usagers par tous les temps, que ce soit en gaz ou en électricité.

En juillet 2006, il y a deux ans, nous adressions une lettre à la population sur la fermeture définitive du district de Bergues (volonté généralisée sur les autres sites comme indiqué au début). Ce papier reprenait ce que je viens de dire. Nous étions mauvais prophètes, mais la réalité dépasse ce que nous craignions ! Ce cri d'alerte vaut encore aujourd'hui. Défendons nos services publics de proximité ! Nous interpellons les usagers, leurs élus. L'initiative de la CGT n'est pas une commémoration du souvenir, mais un rappel d'où nous venons, ce que nous vivons et surtout ce que nous souhaitons pour demain ! Nous invitons ceux qui nous dirigent à réorienter leur politique : pas sur le fric pour le fric, mais pour un service public de proximité avec le maintien de tarifs régulés, menacés à partir de 2010 !"

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Vendredi 20 juin 2008



MOBILISATION

AU LYCÉE PICASSO D'AVION

 

LE RECTORAT JETTE

L'ÉPONGE !

 

Maintien de la première littéraire, maintien de la section européenne, maintien du statut d'autonomie de l'établissement, maintien de 3 postes sur les 6 suppressions programmées, élèves, parents d'élèves et personnels du lycée Picasso d'Avion ont obtenu gain de cause face au rectorat et au ministère. Retour sur plus de 6 mois de mobilisation avec Guillaume Sayon, élu communiste et responsable du cercle de la  Jeunesse Communiste d'Avion.


L62 : «Quand a commencé la mobilisation au lycée Picasso ?»


Guillaume Sayon : «La mobilisation, au lycée, a commencé dès la rentrée de septembre. Très vite, nous avons su que le lycée serait victime du plan Darcos de suppression de postes. Avec les élèves et les parents d'élèves, une réunion est organisée par les enseignants du SNES pour faire le point sur la situation. Au-delà de la question des postes, celle de l'avenir de l'école publique dans la région est abordée. Au cours de la première mobilisation nationale des enseignants, de nombreux lycéens se déplacent à Lille. La grève, chez les profs, est bien suivie. »


L62 : «A quel moment le mouvement s'est-il accéléré ? »


G. S. : « Au début du deuxième trimestre, les menaces qui pesaient sur le lycée se sont précisées. Nous apprenons que la suppression de 6 postes d'enseignants est programmée et que des filières sont dans le collimateur du rectorat. De nouveau, une réunion est organisée rassemblant élèves, parents et enseignants.

La prise de conscience de la nécessité d'une mobilisation plus forte s'impose. Nous nous rendons compte qu'il va falloir passer à une vitesse supérieure. Vers la fin du mois de mars, suite à l'appel du SNES à une mobilisation inter-académique, le lycée s'engage fortement. Un bus entier composé d'élèves, de parents d'élèves, d'élus locaux et de professeurs part pour Paris et une délégation est reçue par les représentants du ministère de l'Éducation nationale. Avec celles des autres établissements, nos doléances sont exposées mais, très poliment, on nous fait comprendre que le projet du ministère s'appliquera, à Picasso comme ailleurs, malgré tout.»


L62 : «Quel est alors votre état  d'esprit ?»


G. S. : « Personne ne veut en rester là. Sur le chemin du retour, un certain nombre d'élèves lancent, pour la première fois, l'idée d'organiser l'occupation du lycée pour faire entrer le mouvement dans une nouvelle phase. Pendant les vacances de Pâques, plusieurs réunions entre lycéens sont organisées pour déterminer les modalités possible de cette action. A la rentrée, pendant une semaine, des discussions serrées s'engagent entre les élèves et les enseignants sur la question de l'occupation. Au bout du compte, avec l'accord des enseignants, l'occupation est lancée.»


L62 : «Comment s'est-elle déroulée ?»


G. S. : «Il faut le souligner, l'opération d'occupation du lycée a été très conviviale, très mature, très réfléchie. Pendant la journée, les cours se déroulaient normalement. La nuit, une trentaine de personnes, élèves et professeurs, occupaient les lieux. Ils étaient rejoints, le soir, par des parents et des élus et des discussions s'engageaient. Dès le premier jour de l'occupation, le rectorat nous a contacté et s'est engagé à nous recevoir très vite. Les médias ont relayé notre action. Au départ, les médias locaux, ensuite, les médias nationaux. Deux jours après le début de notre opération, le rectorat nous reçoit effectivement mais sans résultat. Il reste, globalement, campé sur ses positions. Deux jours plus tard, il nous fait cependant savoir que la filière L pourra être maintenue mais à condition qu'une demi section de la filière S soit supprimée. Cette proposition provoque la colère des lycéens. La continuation de l'occupation est décidée. »


L62 : «Avec une petite surprise... »


G. S. : «Oui. Après de nouvelles discussions, décision est prise, avec les élus communistes d'Avion et de Méricourt, d'organiser un conseil municipal extraordinaire au lycée. Plus de 300 personnes seront présentes et le conseil municipal se déroulera sur le lieu même de la lutte. Une motion en faveur du lycée Picasso est votée à l'unanimité. Une pétition sur cette motion circule et plus de 1.000 signatures sont recueillies le jour même. Sur ce, le mouvement, qui commençait à se fatiguer un petit peu, est relancé.Nous participons à de nouvelles manifestations. Les enseignants élaborent un projet pour sauver les postes en transformant les heures «sup» en heures «poste». Ils le proposent au rectorat.»


L62 : «C'est soudainement que la situation s'est débloquée ?»


G. S. : «Oui. C'est à la suite d'un coup de fil d'une élue communiste que la situation s'est débloquée. Nous demandions au rectorat la tenue d'une table ronde. A l'approche du bac, le rectorat semblait jouer la montre. Mieux, il soufflait le chaud et le froid, nous faisant savoir, par personne interposée, que la filière euro serait supprimée à la prochaine rentrée. Ce contact change la donne. En l'absence de réponse du rectorat, promesse est faite d'organiser un déplacement de l'ensemble des acteurs mobilisés pour Picasso dans les locaux du rectorat. Contre toute attente, le rectorat nous répond enfin. Nos revendications sont satisfaites...»

 

Propos recueillis

par Jérôme Skalski

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Vendredi 20 juin 2008




LE CONGRÈS DE LA CGT DU PAS-DE-CALAIS À BOULOGNE-SUR-MER

 

CREER UN RAPPORT DE FORCES FAVORABLE AUX SALARIES

 

Par Pierre Pirierros

 

 

PROXIMITÉ, SOLIDARITÉ, EFFICACITÉ”, ces trois notions déterminantes dans la vie syndicale sont l’expression directe du 49ème congrès de la CGT du Pas-de- Calais qui vient de se tenir à Boulogne-sur-Mer du 10 au 12 juin.

 

Les échanges, les débats, les propositions, les appréciations, les observations à l’intérieur comme à l’extérieur de la CGT furent de grands moments du congrès. Les très nombreux participants des organisations syndicales, du privé comme du public, ont, par leurs interventions, dit combien le syndicalisme montre sa capacité à peser sur des choix essentiels lorsqu'il est rassemblé sur un objectif clair et précis. Dans le rapport d’activités, Éric Delannay, secrétaire de l’Union départementale, distinguait, notamment, la recherche de l'unité, l’adhésion, l’implantation du syndicalisme, clés essentiels pour obtenir des résultats. La voie n'est pas au repli mais à l'ambition. C’est légitime.

La solidarité c’est aussi celle qui doit se renforcer entre le public et le privé. Le service public est un bien commun à tous les salariés. Gagner des adhérents, notamment dans les catégories sociales qui ont le plus besoin d'être défendues, c'est une priorité. Pour cela, il faut un nouvel état d'esprit et des moyens. La structure et la nature du travail changent, le contenu change, les conditions de travail changent... Les services sont de plus en plus éloignés des usagers. Les transferts des missions de l’État vers les collectivités locales engendrent une hausse des impôts locaux. La CGT Santé déploie une grande campagne pour sensibiliser l’opinion sur les dangers qui pèsent sur l’Hôpital public.

Les mesures annoncées par le gouvernement labellisent encore plus un tournant libéral tout en voulant faire croire que les salariés en sont bénéficiaires et, eux seuls. Dans le Pas-de-Calais, les délocalisations et fermetures suivent une logique destructrice d’emplois. Nous en reparlerons. Véronique Théry (Bâtiment), Jacky Dequirez, (Saint-Omer), Rodrigue Clairet (Hôpital de Béthune), Evelyne Largillière (Arc International) présidaient notamment les séances du 10 juin. Alternatives Des délégués de la Métallurgie et de l’Agro-alimentaire ont demandé des explications sur le sens du vote sur le rapport d’activités et Bruno Arnoult, secrétaire de l’Union locale CGT de Boulogne-sur-Mer et président de la séance d’ouverture a explicité la finalité d’un rapport d’activités qui présente les grandes lignes de la vie syndicale entre les deux congrès. Le rapport fut adopté à une large majorité.

Beaucoup de responsabilités pèsent sur les épaules des syndicats car il y a de l’engagement des mobilisations face à la droite qui, jour après jour, s’attaque aux acquis fondamentaux et met en place une “vision de la société” duale en privilégiant les plus riches au détriment des autres couches de la population. En posant les revendications et propositions sur une série de sujets, garanties sociales, retraites, pouvoir d’achat, pénibillité au travail, durée du temps de travail, enseignement, conventions collectives, emploi, les militants de la CGT contribuent à ce que de véritables alternatives soient au coeur du débat public. La période de ce 49ème congrès est bien une période d’actions, précisément entre les journées nationales d’actions des 22 mai et 17 juin. L’accent sur le resserrement des liens entre syndicats du privé et du public, via une vie interprofessionnelle plus importante, a été mis en avant par plusieurs délégués (Énergie, Transports, Arc International, Sécurité sociale, grande distribution).

La qualité de la mobilisation est la conséquence des activités des syndicats dans chaque entreprise et la demande de formations syndicales renforcées fut un thème récurrent lors de ce congrès alors que le patronat peaufine ses attaques en règle contre le salariat avec une précarisation qui se voit partout, dans le privé comme dans le public. Les chiffres du chômage sont tronqués. C’est devenu une habitude, le gouvernement est plus à l’aise pour communiquer sur une baisse artificielle du chômage générée à la fois par la démographie, les radiations en masse et le développement de la précarité, que pour assurer le développement d’emplois durables et de qualité.

La CGT revendique de revenir aux fondamentaux et de travailler efficacement à l’élaboration d’une véritable politique industrielle ainsi qu’à la mise en place d’un service public de l’emploi de qualité articulé autour de grandes missions telles que l’accompagnement, l’indemnisation, la formation et l’orientation. 70 % des offres d’emplois déposées à l’ANPE sont pour des contrats de moins de six mois, et le développement des contrats précaires continue d’alimenter le chômage : 30 % des entrées au chômage sont des fins de CDD et d’intérim. Les privatisations réduisent le potentiel productif et les capacités d’intervention publique et ne profitent qu’aux financiers et à la Bourse. Fusion ANPE-ASSEDIC : le désengagement de l’État devient opérationnel et c’est l’argent qui va être le gendarme du demandeur d’emploi. Et puis quelles ouvertures ont les Assedic sur le plan local ? L’aide à la formation, la prise en charge, le montant, la durée de l’indemnisation, l’aide à la mobillité, sont de réelles problématiques Un rapport de forces favorable aux salariés En clair, comme l’observe Graziella Lovera, membre de la commission exécutive de la CGT, il s’agit de construire un rapport de force favorable aux salariés et les récentes actions engagées et en cours, 35 heures, retraites, combat des Sans-papiers, sont des éléments déterminants de la lutte.

“La convergence des luttes est posée, car tous les salariés, sans exception, sont sous le diktat patronal. Les attaques sont visibles dans tous les domaines. Franchir un cap significatif dans la syndicalisation des salariés à la CGT est incontournable pour créer un rapport de forces conséquent.” Se défendre passe automatiquement par un renforcement syndical et la CGT de promouvoir un syndicalisme interprofessionnel favorisant les convergences et le rassemblement dans les mobilisations et l’action.

“L’adhésion, dit Éric Delannay, est le moyen de valider durablement des perspectives d’action ; L’adhésion avec un contenu d’acteur et de décideur est à mettre en avant.” Construire ensemble des réponses solidaires et rassembler, notamment, en vue des prochaines élections prud’homales, tels sont les enjeux définis lors de congrès. Les syndicalistes sont conscients des attentes comme des espoirs qui sont placés en eux.

 

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Jeudi 19 juin 2008

 



FRESNES-LES-MONTAUBAN

À QUI PROFITE LA HAUSSE ?

 

Les militants communistes ont organisé mardi matin une opération péage gratuit pour dénoncer la flambée des prix des carburants.

 

Par Jean Michel Humez


CEUX qui se lèvent tôt prennent souvent leur voiture et ils sont nombreux dans notre région à prévoir un budget conséquent pour effectuer le trajet travail domicile et inversement ; budget qui grève de plus en plus un salaire qui avoisine le plus souvent le Smic. Les militants communistes sont parmi cette majorité de Français et c'est pour dénoncer ce racket qu'ils se sont retrouvés à plus d'une centaine mardi matin au péage de Fresnes-les- Montauban pour distribuer un tract durant une heure tout en laissant les automobilistes passer gratuitement.

Une aubaine en ces circonstances et un accueil qui en dit long sur l'exaspération des Français. D'autant qu'ils paieront leur essence de plus en plus cher et «ça ne va pas s’arranger», leur a promis Nicolas Sarkozy. Tout juste a-t-il consenti un fonds d’aide à ceux qui sont à ce point plongés dans la misère qu’ils sont rarement salariés.

Les autres, 85 % des Français, paieront plein pot l’augmentation du baril de brut mais aussi les profits faramineux des compagnies pétrolières, les bénéfices des fonds spéculatifs qui jouent les carburants à la hausse et l’envolée de la TVA ou de la taxe sur les produits pétroliers. Le gaz a déjà augmenté de 9,5 % cette année et il pourrait encore croître, afin de combler les appétits des actionnaires qui s’apprêtent à faire main basse sur GDF. Paradoxalement, ne pas avoir de pétrole peut rapporter gros, et pas seulement des idées, à cette petite minorité qui, un jour, préfère miser sur le blé, le mois plus tard les carburants, hier les métaux, demain, qui sait, l’eau. La moindre pénurie, une récolte médiocre, un brin de famine deviennent des aubaines pour ces fonds prédateurs.

C’est la règle du marché libre, de ce libéralisme auquel, hélas, quelques ténors socialistes trouvent toutes les vertus. Ces financiers ont des alliés de poids. Grâce au bouclier fiscal qui a exonéré les gros héritages, réduit leurs impôts et allégé les cotisations patronales, les habitués de Wall Street ou de la Bourse française ont trouvé des ressources supplémentaires pour aggraver les spéculations. Ces capitaux jouent contre la consommation qu’ils étranglent, le pouvoir d’achat qu’ils compriment, les salaires qu’ils bloquent. Aussi surprenant qu’il semble, les émeutes de la faim qui courent l’Afrique et la révolte qui gagne les côtes européennes après avoir mobilisé tous les ports français ont la même origine et les mêmes auteurs : cette mondialisation capitaliste que trop de forces politiques regardent comme les vaches voient passer les trains.

 

Un racket planifié

 

Pire encore, ce racket pétrolier a été voulu et même planifié par les ministres européens des Finances qui, réunis en septembre 2005 à Manchester, avaient déjà répudié les mesures qui empêchent l’«ajustement nécessaire» des pays consommateurs au pétrole cher. Et les choix énergétiques et de transports, adoptés à Lisbonne par l’Union européenne ou décidés à Paris vont à l’encontre de l’intérêt commun et des besoins publics. Le fret ferroviaire est délaissé par la SNCF qui a laissé le champ libre aux opérateurs privés. Les transports en commun sont de plus en plus soumis à des règles de l’offre et de la demande qui en augmentent furieusement les coûts et en limitent l’essor. Le pouvoir sarkozyste choisit de limiter la dépense publique en n’investissant qu’aux comptegouttes pour mieux emballer ses cadeaux à ses soutiens du CAC 40. Le président de la République avait promis aux pêcheurs qu’il les sortirait de la mouise comme il l’avait garanti aux ouvriers d’ArcelorMittal… Mais les seules promesses dont il se souvient sont celles qui pressurent le monde du travail, les jeunes, les retraités, les chômeurs. Il faudra à coup sûr d'autres actions, plus massives pour obliger le gouvernement à revoir sa copie et à satisfaire les besoins du plus grand nombre. Plusieurs rendez-vous de lutte sont déjà prévu en juin et notamment le mardi 17. Les militants communistes y seront en masse.

 

 

par Liberté 62 publié dans : Social
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Jeudi 19 juin 2008

ACTIONS ET OBJECTIFS SYNDICAUX AU CENTRE DES DÉBATS

LE 49ème CONGRÈS DÉPARTEMENTAL DE LA CGT SE TIENT À BOULOGNE-SUR-MER, DU 10 AU 12 JUIN

 

Par Pierre Pirierros

 

Échanges, débats, propositions, ce triptyque servira de trame générale au 49ème Congrès départemental de la CGT qui se tiendra à Boulogne-sur-Mer, à l’Espace Faïencerie, avenue Kennedy, les 10, 11 et 12 juin prochains. Un congrès n’est jamais un moment figé ; les objectifs à atteindre pour remplir un “tableau de marche” qui conforte l’action et l’outil syndical seront au centre des débats. Des propositions contradictoires émaneront de certains syndicats de la métallurgie. Les différentes politiques menées en matière d'industrie, d'énergie, de transport, de santé, de logement, de formation, d'éducation, et leurs conséquences dans la région vont être abordées lors de ce congrès.

COMMENT les salariés du Pasde- Calais peuventils mieux intervenir sur toutes ces questions qui les concernent et comment peuventils peser plus efficacement dans le sens du progrès social ? Quelle activité syndicale pour cela ? La lutte des pêcheurs boulonnais s’inscrit dans un contexte de restructurations profondes des taux de captures autorisées mais elle pose aussi d’autres problèmes comme la pérennité de toute une profession. Les cheminots sont dans l’action ce 9 juin pour l’avenir de l’entreprise nationale. Des initiatives sont programmées sur la durée du temps de travail, le 17 juin. La CGT entend créer toutes les conditions pour empêcher ce mauvais coup de passer.

 

Mobilisations

 

La réforme du Code du travail, jugé archaïque par la droite et le Medef, est toujours pour le gouvernement un argument pour s’octroyer le satisfecit d’allégeance des principaux dirigeants d’entreprises. C’est la mobilisation des salariés qui est à l’ordre du jour. Il n’y a pas d’autre alternative pour le mouvement syndical. À la fatalité de la régression sociale, la CGT oppose ses propositions. “Nous savons bien, disait, récemment, Éric Delannay, secrétaire de l’Union départementale du Pas-de-Calais, que l’action collective ne se décrète pas : elle s’organise, se prépare. Ses objectifs et ses modalités se discutent en fonction des situations dans les entreprises, dans les services publics, du contexte et des expériences”. Les syndicalistes, doivent être conscients des attentes comme des espoirs qui sont placés, en eux, pour les retraites et les salaires ; la solidarité c’est aussi celle qui doit se renforcer entre le public et le privé. Le service public est un bien commun à tous les salariés. S’implanter dans les PME est un des axes de travail proposé au congrès comme l’accueil des salariés "de plus en plus mobiles et précaires".

 

Alternatives


Résister aux mauvais projets, aux mauvaises lois des organisations patronales et du gouvernement est tout à fait légitime mais être en capacité de proposer des alternatives sur la base des revendications des salariés, c’est possible. “Pour cela, il nous faut être plus nombreux, observent les militants de la CGT, organisés dans le syndicat, mieux implantés dans un plus grand nombre d’entreprises pour porter les revendications communes. Dans les priorités revendicatives, la précarité au travail doit occuper une place centrale. La précarisation de l’emploi est une réalité dans la France d’aujourd’hui et cela les salariés n’en veulent pas comme ils ne veulent pas de la situation de blocage voulue par leurs employeurs. Les chômeurs ont des droits à défendre, il est indécent de les montrer du doigt comme le font gouvernement et patronat”. 70 % des offres d’emplois déposées à l’ANPE sont pour des contrats de moins de six mois, et le développement des contrats précaires continue d’alimenter le chômage : 30 % des entrées au chômage sont des fins de CDD et d’intérim. Les privatisations réduisent le potentiel productif et les capacités d’intervention publique et ne profitent qu’aux financiers et à la Bourse.

 

Attentes des salariés

 

La CGT tient son congrès départemental dans ce contexte précis. Le syndicat est l’espace d’un contre-pouvoir à l’intérieur des entreprises. Contrairement à un discours ambiant, sur la croissance sociale, les mesures annoncées par le gouvernement labellisent encore plus un tournant libéral tout en voulant faire croire que les salariés en sont bénéficiaires et, eux seuls, paradoxalement.

Durant quasiment une semaine, les débats porteront sur les attentes des salariés, très fortes à l’égard à la CGT et sur les organisations mêmes du syndicat. “Nous n’acceptons pas, rappellent les syndicalistes de la CGT, que s’installe dans le droit social français, la liberté de licencier sans motif et une période d’essai du salarié de deux ans en dérogation des normes conventionnelles. Que serions-nous capables d'obtenir si nous étions le double ? Gagner des adhérents, notamment dans les catégories sociales qui ont le plus besoin d'être défendues, c'est notre priorité. Pour cela, il faut un nouvel état d'esprit et des moyens. C'est tout le sens des dispositions sur les structures syndicales”.

L’emploi reste la revendication prioritaire, le taux de chômage est de 17,1 % pour l’arrondissement de Lens ; 14,9% pour Calais ; 14,4% pour Boulogne-sur-Mer ; 13,3% pour Béthune ; 9,8 % pour Montreuilsur- Mer, 10,9% pour Saint-Omer ; 9,7% pour Arras. Précarité, emploi, flambée des prix de l'essence, inquiétudes sur les services publics, baisse du pouvoir d’achat, tout cela marque la période actuelle. Se défendre passe automatiquement par un renforcement syndical et la CGT de promouvoir un syndicalisme interprofessionnel favorisant les convergences et le rassemblement dans les mobilisations et l’action.

 

 

par Liberté 62 publié dans : Social
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Jeudi 19 juin 2008