Liberté 62 n°797 - Le 22 Février 2008 - 11 –Culture
L’enjeu de la culture dans le contexte des élections municipales - Rencontre avec Carole Dubois, adjointe au maire à Lillers, en charge de ce dossier
Par Pierre Pirierros
Et la place de la Culture dans les élections municipales ? Pourquoi seuls les communistes en parlent ?
Pourquoi cet enjeu n’est pas abordé ? Quant au MEDEF, il accélère son action pour poursuivre la casse de la culture et de ses métiers, mettre fin à l’exception du régime des Intermittents du
spectacle et à la présomption de salariat des artistes et techniciens du spectacle, de l’audiovisuel et du cinéma.
C’EST avec toutes ces questions en tête que nous avons rencontré Carole Dubois, adjointe au maire de Lillers, en charge de ce dossier sensible et complexe.
“Pour nous, c’est une double démarche, précise-t-elle, continuer à agir avec toute la population en répondant aux “besoins” des uns et des autres. Notre mission est de respecter les souhaits des habitants mais aussi d’affiner une programmation des plus éclectiques. “Le Palace”, dont les travaux sont en voie de finition, est un lieu emblématique pour toute la ville. C’est un patrimoine inscrit dans la mémoire des Lillérois et c’est un lieu que l’on attend avec impatience car il correspond à une forte demande. Nos projets culturels ont pour mérite d’être partagés, non par des habitués, mais par la population dans son ensemble. À partir d’un positionnement très positif, nous axons les fondements de l’élaboration de notre politique culturelle.”
Dans un contexte politique précis où le gouvernement, ou plutôt le président de la République, multiplie les annonces et les prises de position tous azimuts, le silence autour des enjeux d’art et de culture est, assourdissant. Quant à la ministre de la Culture, elle reste floue à part son sentiment que la question des intermittents serait réglée et ses déclarations sur la nécessité de l’argent privé. Autant de sujets d’inquiétude pour la liberté de la création. Et pourtant, ces artistes et techniciens continuent de subir les nouvelles annexes 8 et 10 et nombre d’entre eux sont encore, mois après mois, chassés de leur métier. Cette situation est grave.
Et Carole Dubois d’observer qu’“il y a brouillage des responsabilités car l’État ne joue pas son rôle. C’est un saupoudrage qui ne convainc personne. Or, la politique culturelle dans une ville et de surcroît dans une ville comme Lillers est un enjeu de société. Si la collectivité territoriale ne le fait qui le fera à sa place ? C’est, bien sûr, une démarche volontariste et c’est la base d’actes délibérés mise en place dans les municipalités communistes, dans notre ville, et ailleurs. Les échanges que l’on peut avoir sur ces dossiers, en Avignon, comme ce fut le cas, cet été, ou ailleurs, nous renseignent beaucoup sur les pratiques et les questionnements sur le plan local, régional et national. Pour cela, il faut prévoir une ligne budgétaire claire et définie en toute liberté sans interférences d’atermoiements de faiblesse ni de découragements de toutes sortes. C’est une interrogation, elle recouvre un sens des responsabilités. Nous ne pouvons pas nous contenter d’une politique au rabais comme c’est le cas en haut lieu. Récemment, j’ai rencontré la nouvelle directrice de la DRAC Nord/Pas-de-Calais ; elle fut interloquée devant le travail effectué à Lillers sans intervention des tutelles, ni régionales, ni nationales. Cette rencontre a permis d’avancer nos propositions, comme un travail en amont, avec la gamme des expressions artistiques, sans tenir compte d’une logique comptable. Et puis, une ville qui met en avant une politique culturelle part d’un postulat de mises en contradiction de l’individu et de sa place dans la société, ou tout simplement, dans un territoire où vivent 10 000 personnes.”
Vie associative et engagements citoyens
Réseaux locaux, vie associative, engagements citoyens, partenariats avec le monde scolaire, les collèges, les lycées, toutes ces notions présupposent un parocurs d’exercices culturels de proximité. Proximité établie par la Médiathèque. “Les Foyers ruraux”, par exemple, vont s’implanter à Lillers, ce qui est une bonne chose, car le conte est une forme attractive de liens avec tous les quartiers et le contact dans des zones semi-rurales. Le spectacle vivant est une donnée incontournable et là encore “Le Palace” va avoir toute sa place et sa capacité à “entraîner” un public nouveau. Peser sur le contenu du programme, avec des initiatives, des propositions et des idées, le travail des candidats sortants se conjugue les engagements pris.
L’ouverture sur la vie comme sur le registre humain, ce sont des possibilités offertes aux différents publics. La forme sert l’exercice. Depuis 1998, le travail de Carole Dubois, élue communiste, avec la force de ses convictions, est d’agir dans un développement structurant des pratiques culturelles avec l’exigence d’une démocratisation délibérée et d’un accès à toutes et à tous du travail proposé. Il y a un décalage entre les grandes métropoles et les villes moyennes.
Les “Ateliers” de réflexion élaborent tout ce creuset qu’est la connivence avec les quartiers, ses habitants, ses réflexions, ses demandes et ses attentes ! L’enjeu des élections municipales, élections de la proximité, ne peuvent occulter la place de la Culture et cela est à mettre à l’actif des élus communistes dans un département dans le Pas-de-Calais où là encore les politiques suivies ne sont pas faites en synergie avec la population et servent des “intérêts locaux” sans rapport avec la réalité d’une véritable politique culturelle.
“Le travail au quotidien, commente Carole Dubois, nous autorise à rédéfinir constamment nos pratiques ; pratiques portées à la connaissance de chaque habitant. Ce dernier est à son tour sollicité dans une gamme très large des propositions qui lui sont faites. C’est une interaction permanente. C’est l’enjeu d’une bonne dialectique.”
LA vie culturelle, lorsqu’elle a cette intensité, fait appel au tempérament particulier des uns et des
autres. Calais poursuit un effort considérable avec la Médiathèque, totalement, rénovée, l'École de Musique et la future Cité de la Dentelle. La Culture correspond à une certaine organisation
dans un lieu dit, en l’occurrence, les Abattoirs, et cette part de la vie a besoin de constantes humaines, des sensibilités et un champ de résonance qui donne toute la profondeur et toute la
matière à des pratiques artistiques diversifiées ? Et puis, un lieu “culturel” se voit et se repère immédiatement dans le paysage d’un quartier, d’une cité, d’une ville. Incontestablement, c’est le cas du Channel, Scène nationale de Calais. L’Artiste
comme le spectateur sont liés par une expérience commune acquise au fil des pratiques et d’une connivence certaine qui aboutissent à la création et à donner une ambiance exceptionnelle à toute
vie. Il n’y a pas de culture préétablie mais ce sont le rêve et l’émotivité qui s’ajoutent - l’un à l’autre - et qui deviennent complémentaires pour changer le monde et créer un réel
dynamisme.
LES
terrains houillers renferment assez souvent des veines de charbon d'où leur nom. Datés de la fin de l'ère primaire (le Carbonifère). De nombreuses observations de terrain démontrent que les
terrains houillers proviennent de la consolidation de sédiments fluviatiles : les roches renferment des galets dont la forme est pa
SON livre “Appareillage immédiat” (éditions du Camp du drap d’Or) est un hommage à une pratique, souvent méconnue, le sauvetage en mer ! Il y a là une
belle matière qui ne triche pas avec la réalité. C'est la dure loi de la mer, elle ne pardonne rien. Mais aux épreuves des sauveteurs, elle peut permettre aux gens de se "retrouver".
Lorsque les feux de l’actualité s’éteignent, le récit redouble d’intensité. C’est la permanence et le lot ordinaires de tous les sauveteurs. Tous bénévoles. Serge Carlot, président de la station
SNSM de Calais signe la préface et rend hommage à un homme qui à bord du “Notre-Dame-du- Risban” relate les multiples exemples d’une pratique courageuse. L’ouverture sur la vie comme sur
le registre humain, ce sont des possibilités offertes aux sauveteurs. La forme sert l’exercice. C’est justement sur cette position que tout est permis pour sauver l’autre, en difficulté ;
l’équilibre est à respecter. Faire le mieux possible, avec plus de rigueur, cela est fait avec “Le Courgain maritime” la “Société humaine de Calais”, il y a bien longtemps. Tout
est dans le qualificatif.
DÉCRIRE tout un combat d’un peuple par le dessin est une prouesse en soi, c’est aussi le combat de
Jean- Gervais Rajaonarison, (au Geai Bleu éditeur) avec son livre “Un souffle de liberté.” Sept récits illustrent 150 ans d’histoire de Madagascar. Très agréable et d’une belle fluidité
dans les différents chapitres, la lecture de cet ouvrage dégage une émotion naturelle, une émotion venant du paysage et du récit chronologique. Mais, c’est une lecture difficile dans un premier
abord puis l’ensemble a une belle résonance.
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