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Lundi 23 juin 2008




LA DEMOCRATIE S’ACCORDE MAL AVEC LE CAPITALISME EN CRISE



Par Bertrand Péricaud


«VOX POPULI VOX DEI», ce proverbe latin, la voix du peuple, c’est la voix des dieux, souligne la force potentielle de la volonté populaire. Potentielle… car faut-il encore, qu’elle puisse s’exprimer clairement. Ce printemps 2008 nous en a donné quelques illustrations. Aux élections cantonales et municipales de mars dernier, les Français en votant massivement à gauche- essentiellement d’ailleurs pour le PS- ont exprimé leur mécontentement.

Certains pensaient ainsi, infléchir la politique de droite de Sarkozy. Il n’en a rien été. Il y a belle lurette que le PS ne fait plus peur à la droite ou au patronat. N’a-t-il d’ailleurs pas permit, par son vote au congrès, l’adoption du Traité Européen, que les Français avaient clairement rejeté en 2005. Et ne s’apprête t-il pas à laisser passer la modification constitutionnelle que Sarkozy appelle de ses voeux ? En votant plus massivement communiste, les Français auraient sans doute touché leur but… Oui, la volonté populaire peut s’exprimer dans les urnes… si elle le fait clairement. En Irlande, le peuple a été consulté sur la Constitution européenne, à la sauce Sarkozy.

C’est le seul pays de l’Union Européenne où un référendum aura été organisé ; c’était tellement évident, aux yeux des dirigeants européens que le OUI l’emporterait ! Et voila, que même en Irlande, c’est NON, trois fois NON, 27 fois NON ! Que vont faire les grands démocrates qui nous dirigent ? Renoncer à leur projet ? Ou comme en 2005, faire adopter leur Constitution, de gré ou de force ! Décidément, la démocratie s’accorde mal avec le capitalisme en crise. La voie des urnes n’est qu’un instrument possible du changement. En aucun cas, elle ne dispense les peuples de l’action pour se défendre. Jusqu’à la grêve générale ? Pourquoi pas. Mais ce chemin n’est pas un raccourci. La grêve générale ne se décrête pas : elle se construit… avec les organisations syndicales. Les journées d’actions contre la réforme des retraites, comme celle du 17 juin ; la suppression des postes d’enseignants dans l’Éducation nationale ; la réforme du frêt à la SNCF, ou celle du statut des ports contribuent à préparer une action de plus grande envergure. Le plus tôt sera le mieux.


par Liberté 62 publié dans : Edito
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Vendredi 20 juin 2008


 


«JE CHANGE, TU CHANGES, IL OU ELLE CHANGE...»


Par Daniel Dewalle


QUAND on est hospitalisé quelques jours puis convalescent, on prend nécessairement un peu de recul par rapport aux urgences quotidiennes de la vie militante et de celle d'élu... et on en profite pour lire un peu plus la presse. Bien sûr, pour une certaine presse, un bon communise, c'est toujours un communiste mort... Inutile donc de s'y attarder puisqu'un communiste vivant est toujours mauvais. Il y a aussi toute une presse porteuse de bons conseils : «Le monde change... il faut changer avec lui... Vous les communistes, vous êtes généreux, solidaires, mais vous n'êtes plus en phase avec votre époque. Il faut changer, sinon vous disparaîtrez... Regardez vos reculs depuis 30 ans : vous n'êtes pas aveugles... on ne passe pas de 20-30% à 2-3% sans motifs... Vous avez raté le train de la modernisation... mais si vous changez, vous pourrez peut être vous raccrocher au dernier wagon de la modernité».

Merci, Chers journalistes et chers chroniqueurs de votre sollicitude pour ces moribonds d'un rêve communiste d'un autre âge, inadapté au 3ème millénaire. Il y a enfin l'Huma et l'Huma dimanche, deux journaux que j'aime bien lire parce qu'ils relatent les combats de la France d'en bas, de ces sans-papiers qui se battent pour leur régularisation, de ces chercheurs passionnés par leur travail qu'on veut réduire à la rentabilité à court terme, de ces travailleurs qui veulent garder leur emploi, leur droit à la santé gratuite, à la retraite à 60 ans, à la formation tout au long de la vie... et ces reportages ont de la gueule et tracent en pointillé un projet communiste pour le 21ème siècle et ça vous donne du tonus et du punch ! Puis après les reportages viennent les analyses, les propositions et bizarrement, chaque semaine mes journaux préférés m'expliquent que le monde change (tiens, j'avais déjà lu ça ailleurs !) et qu'il faut changer avec lui (tiens, tiens, eux aussi, me disent ça !)...

Parfois, l'analyse ressemble à un cri du coeur : «Qu'on change enfin !» ou «Repensons le changement » et le camarade de poursuivre : «Que nous devenions enfin absolument modernes !» Ce serait donc la clé de notre avenir : «Changer» : Mais c'est bien sûr» ! La voilà l'idée qui nous manque : «Changez», bizarre ! Je croyais que ça avait été fait... pendant des années le parti a réfléchi à sa «mutation» et il semblait voici peu qu'il l'avait faite. Mais attention, pendant que nous changeons, le monde change encore plus vite ! Un seul exemple. Il y a 30 ans, les écarts de salaire allaient de 1 à 10... Nous trouvions que c'était beaucoup. Aujourd'hui, le monde a changé et ces écarts vont de 1 à 400 ! C'est, paraît-il, vachement moderne ! Nous sommes des milliers, des millions à ne pas vouloir de cette modernité là... et sur cette base, il y a peut être de la place pour le Parti communiste, pas vrai ? «Qu'on change enfin !»??? Mon oeil ! «Changeons le monde !» Là oui, je suis d'accord.

 

par Liberté 62 publié dans : Edito
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Jeudi 19 juin 2008

 

 


DÉÇUS DU SARKOZISME ?... ENSEMBLE POUR UNE AUTRE POLITIQUE !

 

Par Jean-Jacques Guillemant

53 % de Français ont élu Nicolas Sarkozy le 6 mai 2007. Aujourd'hui, ils sont plus de 60 % à avoir une opinion défavorable sur l'action (ou plutôt les exactions) du Président et de son gouvernement. Ne reculant devant rien, ces derniers s'occupent sans relâche de leur propagande, tout en continuant d'asséner de mauvais coups au monde du travail. Ils prétendent que la conjoncture n'est pas favorable à la France, mais qu'il y a moins de demandeurs d'emploi : Il faut attendre, disent-ils en choeur, la fin du mandat pour juger du bilan, car depuis un an, Nicolas Sarkozy, le chef d'orchestre autocrate, fait ce qu'il a promis de faire !

Certes, il a fait ratifier le traité de Lisbonne par le Parlement, avec la complicité d'autres formations politiques, tout cela sans référendum ! "cette serviable Europe" est un jour prétexte, un jour excuse pour distribuer ou justifier les mauvais coups portés aux acquis sociaux. Comment les électeurs, trompés par les effets d'annonce de ce manipulateur, auraient-ils pu s'imaginer que leur cher Président et son gouvernement allaient fermer des tribunaux; supprimer 11 000 postes d'enseignants à la rentrée prochaine, baisser les allocations familiales ? Comment auraient-ils pu s'imaginer qu'on ferait payer davantage les malades, qu'on allégerait les impôts des plus riches et dans le même temps appauvrirait les retraités ? Comment auraient-ils pu s'imaginer qu'on essaierait de "nettoyer" le code du travail et dans le même temps de pourchasser les demandeurs d'emploi de façon à tronquer les chiffres publiés à propos du chômage ? Comment auraient-ils pu s'imaginer qu'on autoriserait la culture des OGM en plein champ après "un Grenelle de l'environnement" qui préconisait le contraire, malgré les réticences des députés, ce vote ressemblant étrangement à une victoire à la Pyrrhus ? Comment auraient-ils pu s'imaginer qu'on laisserait flamber le prix du gaz, de l'essence, du gas-oil, du fuel domestique, des aliments de base, au seul profit des actionnaires ? Les grands groupes n'ont jamais été aussi riches, alors que le pouvoir d'achat du peuple se réduit chaque jour comme "peau de chagrin".

Chers amis, chers camarades, toutes ces manoeuvres sont en marche et risquent encore de s'amplifier. Preuve en est : alors que la réforme constitutionnelle suit son cours au Parlement, le gouvernement prépare, en catimini, un nouveau mode de scrutin, certes un peu dosé de proportionnelle mais cadenassé par le bipartisme. Qui pourrait se laisser prendre à ce jeu de dupes ? Soyons vigilants, les anguilles sont sous les roches ! Les actions revendicatives dénonçant les choix politiques des Sarko, Fillion et Cie, sont innombrables. Le pays se sent largement concerné par chacun des mouvements exprimés : lutte pour le pouvoir d'achat ; combat mené par les enseignants, les parents et les étudiants ; combat de cheminots, des professions de santé, des retraités ; bataille des pêcheurs, des routiers pour leur survie… Face à l'Elysée qui fait le pari de la diversion et de l'intimidation, la riposte peut et doit encore prendre de l'ampleur et réunir tous les citoyens. Des nouvelles initiatives prennent forme tous les jours. Soutenons-les ! Deux grandes manifestations sont annoncées les 10 et 17 juin : face à l'aveuglement et au déni de démocratie de nos gouvernants, soyons tous au rendez-vous ! Sarkozy croit gagner en frappant sur tous les fronts : Et si tous les fronts s'unissaient contre lui ?

par Liberté 62 publié dans : Edito
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Jeudi 19 juin 2008



AUTOMOBILISTES À VOTRE TOUR D'AGIR !

 


Par Jean-Claude Danglot


CHER, très cher carburant, les prix à la pompe ne cessent de grimper. Les catégories professionnelles les plus touchées par cette crise pétrolière, réagissent. Marins-pêcheurs, taxis, transporteurs... La semaine prochaine risque de connaître d'énormes perturbations. Le gouvern e m e n t tente de calmer les esprits d'une colère qui s'étend à plusieurs pays d'Europe, mais le consommateur français est doublement pénalisé par la taxation des produits pétroliers particulièrement élevée dans notre pays. Et nos dirigeants ont déjà les moyens d'agir directement sur ce sujet qui contribue à la formation des prix à la pompe.

C'est la faute aux pays producteurs entend-t-on ! Certes ceux-ci qui connaissent les limites des réserves mondiales abusent de la situation mais à qui fera-t-on croire que les dirigeants des plus grands pays riches, qui payent le prix fort de cette crise, n'ont pas les moyens de faire pression et de prendre des mesures européennes, internationales pour revenir à une situation raisonnable. Enfin, dans un pays comme le nôtre, où le permis de conduire et la mobilité sont des critères essentiels à l'embauche au delà des professionnels de la route, nombreux sont les automobilistes dont les déplacements ne se limitent pas aux loisirs.

Dans une période où tout le monde reconnaît, même le président de la République, la perte du pouvoir d'achat, il n'y a aucune raison, au contraire, à banaliser, s'accoutumer de ces hausses excessives qui nous rendent la vie encore plus chère. D'autant que ces hausses de carburant ont de nombreuses répercussions, la grande distribution n'en fera pas les frais, elles les répercutent sur les producteurs et les consommateurs. Notre cher président s'inquiète des prix à la consommation, mais c'est trop difficile d'admettre pour quelqu'un qui mène une politique à faire payer les pauvres, que ce sont les plus vulnérables qui subissent de plein fouet cette crise pétrolière qui s'ajoute à leurs difficultés quotidiennes. Et que dire de la flambée du fioul domestique, et ses conséquences pour l'hiver prochain où de nombreuses familles, de petits retraités n'auront plus les moyens de remplir leur cuve et de se chauffer convenablement et en toute sécurité.

Enfin, au moment où on reparle de Mai 68, certains documentaires et commentaires tentent de faire croire aux générations qui n'ont pas connu cette période, qu'il s'agissait avant tout d'une crise de croissance de la jeunesse, d'une volonté de libérer les moeurs. Excusez l'expression mais quelqu'un a eu ces mots : «Mai 68, c'était une grande partouze». On veut faire oublier, au moment où le pouvoir d'achat est au coeur de nos revendications, que le grand mouvement de mai 68 reposait pour les travailleurs de cette époque sur des grandes questions sociales qui ont débouché sur les conventions collectives et 3 5% d'augmentation du smic sans pour autant qu'un patron ferme sa boutique. Aujourd'hui, Sarkozy ne trouve pas d'autre solution à proposer que celle de l'intéressement déjà en débat sous De Gaulle, lorsque les mineurs criaient dans les rues «Pompidou des sous». Il n'y a pas d'autre solution pour la relance du pouvoir d'achat que l'augmentation des salaires, des retraites, et prestations familiales, même si évidemment il faut lutter contre toute dérive d'augmentation des prix et en particulier celle des carburants devenue insoutenable. Et si l'automobiliste sortait de son individualisme pour entrer dans un grand mouvement d'action collectif ? Nous invitons en tout cas les communistes à s'adresser dans les jours à venir aux automobilistes que nous sommes presque tous. Un tract du PCF sur cette question est très explicite.

par Liberté 62 publié dans : Edito
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Vendredi 30 mai 2008

Le capitaine coule... et le navire ?


Par Jean-Michel Humez


LA chute de popularité du chef de l'État, accompagnée cette fois de celle de son premier ministre, se confirme. Il n'y a pas de doute, le capitaine coule. Mais qu'en est-il du système incarné par Sarkozy intervenant par tous les bouts pour remodeler radicalement la société française pour satisfaire le capitalisme dans sa forme mondialisé.

Une chose est sûre, les réformes régressives s'enchaînent directement inspirées du MEDEF qui impulse «l'hégémonie de ce libéralisme violemment pro-capitaliste qui exalte l'argent, la réussite, les hiérarchies de la fortune» dont parlait le philosophe André Tosel dans un récent article de l'Humanité. Jusqu'à présent, cette marche forcée n'avait pas été sans effet sur les Français fascinés par l'hyper activisme du président. Depuis quelques temps, les choses semblent s'infléchir et les luttes se multiplient. Les mouvements des 15 et 22 mai ont démontré une avancée de la contestation populaire, mais force est de constater que les luttes ont du mal à s'agréger. La cohérence globale de la politique gouvernementale est mal perçue. Sans doute le capitaine coule-t-il, mais le navire va-t-il faire autant ?

Certes, nombreux sont ceux qui ne veulent pas que le quinquennat continue comme il a commencé mais le pays hésite à solder définitivement un avis sur Nicolas Sarkozy du fait d'absence de perspective alternative à gauche. Le risque d'une bipolarisation qui se concentre sur une bataille d'alternance entre deux partis et marginalise les débats sur le contenu du changement demeure entier. Et ce risque vient encore de se renforcer à en juger par les tractations entre le PS et l'UMP pour négocier les termes d'un accord sur la réforme institutionnelle souhaitée par Nicolas Sarkozy. Le philosophe déjà cité, écrivait «Tôt ou tard, l'heure de vérité sonnera, quand le somnanbulisme social sera pour beaucoup un cauchemar dont il faudra s'éveiller». Gageons que ce réveil va dépendre pour beaucoup de la question cruciale d'un nouveau projet politique de changement. Devant une politique qui ne prépare pas l'avenir mais le met en danger, le PCF doit cesser de se fourvoyer avec une gauche discréditée par la lutte des places et ses compromis avec le sociallibéralisme. Le rôle urgent du PCF est d'unir la nation contre ceux qui veulent la diviser pour mieux la déchirer.


par Liberté 62 publié dans : Edito
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Lundi 19 mai 2008




Refuser les mensonges d’État

 

Par Jean-Louis Fossier


EN cette année du 40ème anniversaire de Mai 68, les jeunes nourris de l’expérience des luttes contre le CPE et l’Europe capitaliste commencent à prendre conscience des rouages qui ont commencé à les broyer, alors que le gouvernement mise encore essentiellement sur leur inexpérience. En 1968, dont les médias ne nous parlent que comme un vestige du passé ou une révolution en dessous de la ceinture, le SMIC a été revalorisé de 30 %.

Le grand patronat savait manier aussi bien qu’aujourd’hui le chantage à la mort de notre économie et, pourtant, jamais après nos entreprises et nos fleurons industriels ne se sont mieux portés. C’est que les luttes et la consommation populaires étaient et restent la base indispensable de la croissance. Le monde a changé depuis 68, mais s’il est tellement difficile de résister au dumping salarial des pays émergents, c’est parce l’Europe est incapable de mettre en place la moindre mesure de préférence communautaire, la moindre mesure de protection et de garantie par le haut des droits de ses salariés. Au contraire, en l’état, sa raison d’être est de se livrer au dumping social le plus inacceptable : elle ne contribue qu’à faire de l’argent la première des marchandises et elle nous entraîne dans la spirale planétaire d’une spéculation financière effrénée. La Bourse dicte sa loi et engloutit des masses monétaires faramineuses ; les fonds de pension anglo-saxons pillent et mettent sur la paille des entreprises performantes, en les poussant aux délocalisations. La crise des crédits à risque dite des subprimes a occasionné des drames pour des dizaines de milliers de familles américaines et une perte de l’ordre de 1000 milliards de dollars sur les marchés financiers internationaux.

Pour renflouer de telles pertes, les banques centrales et les Etats sont intervenus : là, on sait trouver de l’argent ! Mais pour se renflouer les institutions financières et les fonds d’investissement ont aussi trouvé matière à spéculer sur le blé, le riz, le colza en affamant des peuples entiers par l’explosion des prix. Sous la Révolution, les affameurs du peuple étaient guillotinés ! Décidément, pas plus hier qu’aujourd’hui le capitalisme ne pourra faire autre chose que la démonstration de son incapacité à établir un quelconque ordre moral, social et économique. Et on comprend pourquoi Sarkozy affirme que les grandes avancées de civilisation de 1936, 1945 et 1968 n’ont été possibles que par laxisme, acceptation du déclin et refus du travail. Evidemment, défenseur des riches et des puissants, il omet de dire qu’aujourd’hui, il y a dans la sphère de la grande finance spéculative huit fois plus d’argent que dans la sphère de la production.

Toutes les politiques fiscales menées depuis, ont favorisé cette confiscation des richesses basées à l’époque sur le travail et le capital investisseur. C’est pourquoi ce qui a été possible avec, par exemple, la mise en place de la sécurité sociale en 1945 dans un pays mis à plat par cinq années de guerre et d’occupation, on nous dit que ça n’est plus possible aujourd’hui. Déficit, dette…les grands mots sont lâchés et les mensonges d’Etat avec eux. 63 % de dette, c’est moins que les USA, moins que le Japon, moins que la moyenne de la dette des pays européens. Depuis 1974, comme tous les autres pays, la France est en dette. Les économistes sérieux sont beaucoup plus inquiets pour la dette des ménages ! Ensuite, le déficit budgétaire…il est de 2,7 %, inférieur à ce qu’impose l’Europe de Maastricht…Va-t- on encore et toujours tenter de nous imposer des sacrifices et des souffrances ? Il ne s’agit pas de se plaindre, mais véritablement de porter plainte !!..une autre manière de dire la grande bataille d’opinion à gagner pour que s’ouvrent des perspectives réelles de changement.

Une bataille que le pouvoir craint et qui peut le faire reculer. Une bataille dont c’est la responsabilité des communistes que de la mener, où qu’ils soient. 

par Liberté 62 publié dans : Edito
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Mardi 13 mai 2008



Déconfiture européenne pour la social-démocratie

 

Par Jean-Michel Humez

 

Un an après l'élection de Nicolas Sarkozy, le mécontentement des salariés et des familles modestes est perceptible entraînant une série de conflits et de manifestations sur le thème des salaires et des retraites mais également sur la défense des services publics ou encore l'avenir de la jeunesse.

Une hostilité à la politique gouvernementale qui fait suite à l'échec de la droite aux élections municipales et cantonales de mars dernier. Une claque pour la politique de Sarkozy, de plus en plus en difficulté, dont la gauche aurait tort de ne pas se réjouir.

La gauche peut sembler un contrepoids utile pour compenser localement certains effets des politiques de droite, mais ses bons sentiments ne suffisent pas pour assumer la conduite du pays, comme l'ont exprimé les électeurs lors des scrutins nationaux de 1995, 2002 et 2007. Le défi à relever est donc de taille et ceux des responsables socialistes qui croient résoudre le problème en imitant la stratégie italienne qui vient de conduire le parti démocrate à la défaite, sur un champs de ruines de la gauche, conduiraient aux mêmes déconvenues en France.

Le bipartisme serait une assurance de durée pour les politiques de droite et pour le sarkozysme. En Allemagne, la volonté de faire avaler des mesures brutales de rigueur aux salariés a poussé le parti social-démocrate dans les bras de la droit et loin du coeur de l'électorat populaire.

En Grande-Bretagne aussi, le Blairisme s'est fissuré et les travaillistes viennent d'enregistrer une sévère défaite aux élections municipales de la semaine dernière. La brutalité des choix du capitalisme, la violence de sa crise qui fait resurgir le spectre de famines planétaires, les sévices qu'il fait subir à la planète, au risque même de la stériliser, impliquent d'autres ambitions que celle de la rustine ou de l'écope.

L'ambition du bien commun et de l'intérêt général doivent s'imposer.

Le débat entre les différents projets doit parcourir la gauche française, sous peine de reproduire immanquablement les mêmes échecs. Les hommes ou les femmes qui se baptisent providentiels n'y changeront rien si l'objectif n'est pas défini.

La nouvelle déclaration de principes qui sera soumise à un vote lors de la convention nationale du PS le 14 juin n'aide pas à éclaircir le chemin. La révolution ? Quelle révolution ? La lutte des classes ? Quelle lutte et quelles classes ?

L'appropriation collective des moyens de production, les nationalisations? Chansons que tout cela. Le combat pour la répartition de la plus-value ? Vous n'y pensez pas ! Le Parti socialiste veut pour le travail une rémunération "juste" : nous voilà plus proches de Léon XIII que de Karl Marx. Il y a un an, la gauche a perdu faute de projet fédérateur, d'un projet qui aurait pu changer réellement la vie quotidienne de nos concitoyens. Le problème est toujours entier, il faut y travailler. C'est à cela que doivent s'employer les communistes.


 

par Liberté 62 publié dans : Edito
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Dimanche 4 mai 2008

 

 


 



Visages du 1er mai

 

 

Par David Noël



Ils s’appellent Youssef, Hakim ou Mamoudou. Ils sont Marocains, Guinéens ou Thaïlandais. Ils ? Ce sont les marcheurs sans-papiers du Nord qui ont quitté Lille il y a quelques jours. Après des étapes à H é n i n – Beaumont, à Lens, Notre-Dame de Lorette et Arras, les sans-papiers étaient à Amiens ce mardi. Leur longue marche les conduira à Paris pour demander l’arrêt des expulsions et la régularisation des sans-papiers.

Cette année, le 1er mai a leur visage. Cette année, la fête du travail a des milliers de visages : elle a les visages des travailleurs sanspapiers de la région parisienne, des salariés de la Redoute qui se sont mis en grève pour exiger des augmentations de salaires, elle a les visages des professeurs qui luttent dans les collèges et les lycées contre les suppressions de postes. Ces milliers de visages sont les visages de l’espérance et du combat pour une société plus juste.

Quarante ans après mai 68, le 1er mai a aussi le visage d’une jeunesse exigeante, avide d’apprendre, attachée à un service public de qualité. Aux lycéens qui descendent dans la rue contre les suppressions de postes, le gouvernement répond par le mépris et Xavier Darcos dévoile son vrai visage, celui d’une droite néolibérale arrogante dont l’unique objectif est de construire un monde livré à la loi du marché.

«La guerre, c’est la paix. La liberté, c’est l’esclavage. L’ignorance, c’est la force.» Adeptes de George Orwell, Nicolas Sarkozy et ses ministres font la guerre en Afghanistan, ils démantèlent nos droits au nom d’un libéralisme qui nous enchaîne, ils suppriment par milliers des postes de professeurs… Alors, l’UMP peut bien se rêver en «parti du mouvement» et ses militants jouer les héritiers de mai 68, personne n’est dupe… Le visage de l’UMP n’a pas changé, c’est celui d’une droite dure, acquise aux intérêts du patronat et qui cherche à diviser les classes populaires. Gianni Alemanno, le nouveau maire néofasciste de Rome ne s’y est pas trompé : la semaine dernière, il venait à Paris rencontrer Brice Hortefeux pour s’inspirer de sa politique en matière d’immigration… Non, derrière les slogans marketing, le visage de l’UMP n’a pas changé.

Loin des plateaux de télévision, les héritiers de mai 68 étaient dans la rue le 1er mai, ils y seront à nouveau le 15 mai pour défendre l’avenir de l’Education Nationale, ils manifesteront le 22 mai, avec les organisations syndicales qui forment un front uni pour refuser le passage aux 41 annuités de cotisations décidé par Xavier Bertrand… Tous ensemble, nous pouvons être les acteurs d’un mai 2008 vivant.

Sans-papiers, salariés de la grande distribution ou des centres d’appels, lycéens, fonctionnaires, chômeurs ou retraités… tous les visages du 1er mai s’assemblent et construisent déjà un mois de mai placé sous le signe des luttes. C’est le plus bel hommage que nous puissions rendre à ces manifestants d’un autre mois de mai qui ont écrit une page d’histoire et changé nos vies.

 

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Dimanche 4 mai 2008



Assez de mépris : réussissons le 1er mai !



Par Dominique Watrin


L'HISTOIRE de la trop célèbre banderole déployée lors de la finale de la coupe de la Ligue de football serait-elle le révélateur d'un mal plus grave e n c o r e , celui du mépris affiché ouvertement par trop d'hommes politiques, trop de décideurs économiques envers les hommes et femmes de ce département ?

L'actualité la plus récente nous en offre malheureusement encore trop d'exemples. S'agit-il de procéder à des coupes sombres dans le budget de l'Éducation nationale (pour satisfaire l'objectif de non remplacement d'un fonctionnaire sur deux décrété par Nicolas Sarkozy), c'est le Nord/Pas-de-Calais qui est la première visée et de loin de toutes les Académies : moins 687 postes d'enseignants ! C'est pourtant ici qu'il y a le plus de besoins pour accompagner des élèves en difficultés ou permettre la scolarisation dès l'âge de deux ans...

S'agit-il de prévoir la pérennité de l'exploitation du gaz de mine, une richesse que la Communauté Européenne du charbon et de l'acier n'avait pas pu nous enlever, le gouvernement de N. Sarkozy brade ce patrimoine public, hérité de la sueur des mineurs, pour le céder à vil prix à un groupe privé australien. Même les garanties annoncées par le maire de Liévin, président de l'Association des communes minières, pour qu'une partie des bénéfices revienne aux anciens mineurs, veuves et descendants à travers le financement de la rénovation des cités minières, sembleraient bien n'avoir duré que ce que dure... une conférence de presse.

Mais le comble de l'ignominie revient au groupe capitaliste STAF qui se permet d'adresser à ses salariés en voie de licenciement un courrier les invitant à accepter un «reclassement» au Brésil ou en Turquie pour respectivement 315 et 230 euros par mois. On attend encore le message d'indignation du Président de la République, du Premier ministre, du ministre du travail et même du Préfet. Mais que vaut le sort de sept salariés du Pas-de- Calais.

Le 1er Mai sera un test national de notre détermination à nous faire respecter et à faire sauter les verrous sur l'emploi, les salaires, les retraites... Ensemble, réussissons le 1er Mai !


par Liberté 62 publié dans : Edito
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Dimanche 4 mai 2008



1er mai en vue…



Par Claude Vanzavelberg


Depuis déjà deux mois que le Premier ministre François Fillon mène une grosse opération «coup de poing» pour voir où en seraient les «abus» en matière de hausse des prix (pâtes + 40 %, beurre + 25 %, jambon + 40 % , lait + 30 % pour n’évoquer ici que les produits de base)…

Déjà onze mois que Nicolas Sarkozy a déclaré vouloir «être le Président du pouvoir d’achat» et

qu’il augmenterait de 25 % le minimum vieillesse et revaloriserait les petites retraites…

En fait les salariés n’ont vu aucune mesure directe de revalorisation des salaires. Pas de coup de pouce au SMIC et dans le même temps les profits des entreprises et les revenus des dirigeants et actionnaires continuent de flamber. Quant aux petites retraites, elles n’ont été relevées que de 1,1 % au 1er janvier dernier. Il suffit de faire ses courses et de comparer d’un mois sur l’autre le prix de son caddy pour constatervamèrement que rien ne s’est arrangé côté prix ! Pire, l’État montre le mauvais exemple en décidant une hausse supplémentaire de 5,5 % des tarifs du gaz domestique (s’ajoutant à celle de 4 % du 1er janvier) ! Rien d’étonnant dans ces conditions que la question du pouvoir d’achat fasse un retour en force dans l’actualité de ces dernières semaines en France comme en Europe.

C’est dire toute l’importance à l’approche des rassemblements du 1ermai (le 40ème après celui de 1968 !) pour les communistes d’inviter la population à s’y faire entendre sur ces questions décisives pour la vie quotidienne des familles, aux côtés de tous ceux qui se bougent en ce moment dans les luttes.


par Liberté 62 publié dans : Edito
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